Vendredi 2 mai 2008

« Aux premières heures d’une paisible nuit d’été, le quartier vivait sans broncher la routine de ses vieilles constructions et de se rues plongées dans la pénombre. Une frange bleue se reflétait sur les courbes lointaines de la cordillère des Andes, refusant de suivre le soleil dans sa mort quotidienne. »

 

Ainsi débute La couleur de la peau, le quatrième volume consacré aux aventures d’Heredia, privé mélancolique de Santiago du Chili né sous la plume de Ramon Diaz-Eterovic. Quatrième volume en France, qui a commencé les traductions avec Les sept fils de Simenon, qui n’est pas le premier de la série au Chili.

 

Heredia promène son blues de cinquantenaire dans les rues de sa ville. Il est de nouveau seul avec Simenon, son chat. Il est contacté par un immigré péruvien qui recherche son frère, disparu depuis plusieurs jours. Pour le retrouver, Heredia va devoir se plonger dans le monde des immigrés, des clodos et des artistes de rue. Un monde âpre, rude, fait de peines et de désillusions.

Avis aux amateurs : Ceux qui cherchent une intrigue serrée, de l'action, des pages qui tournent toutes seules peuvent passer leur chemin. Heredia passe plus de temps à boire dans les bars, à se rappeler le quartier populaire d'antan, à discuter avec son chat, ou à écouter des tangos ou du Malher qu'à se battre avec des méchants. Heredia aime la poésie, les souvenirs, les vieux bars, les tangos, et bien entendu, Simenon. Heredia aime aussi traîner la nuit, boire (parfois trop), en sentir les pulsations de sa ville, et surtout de ses quartiers préférés.

Ce qui ne l'empêche pas d'être opiniâtre. A force de questions, il finit toujours par trouver. La plupart du temps sans trop de violence. Cette nouvelle enquête l'amène à connaître le monde misérable des immigrés clandestins, exploités, méprisés, haïs, accusés de tous les maux … Triste constatation de l'universalité de la nature humaine. Au Chili comme ailleurs, il est toujours rassurant d’avoir un autre à traiter comme un chien, un autre à désigner comme inférieur, un autre sur lequel rejeter la faute de ses propres échecs. Au Chili, cet autre est péruvien.

Voilà donc un beau roman noir mélancolique, désabusé mais jamais résigné. Car Heredia, comme son auteur, tout déprimé qu'il soit, ne renonce jamais à ses idéaux, et garde entière sa capacité d'indignation.

Prochainement, ici même, l’interview que j’avais réalisée en 2004 à l’occasion de la publication d’un dossier polar latino-américain pour le revue 813. Cette interview avait également été mise en ligne sur le site mauvaisgenres, et se trouve encore sur celui de bibliosurf.

Ramon Diaz-Eterovic / La couleur de la peau  (El color de la piel, 2003). Métailié/Noir (2008). Traduit de l’espagnol (Chili) par Bertille Hausberg.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars latino-américains communauté : POLARDISES
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Mardi 29 avril 2008

Alex McKnight, ancien flic de Detroit puis privé est venu se réfugier dans le Michigan, à proximité de la frontière canadienne et vit de la location de cabanes aux amateurs de motoneiges. Un soir d’hiver où il a retrouvé Nathalie Reynaud, son amie canadienne, dans un hôtel de la ville voisine, un vieil homme les dévisage longuement avant de laisser devant leur chambre un chapeau rempli de neige dans lequel il a glissé un mot : « Je sais qui vous êtes … ». Alex est persuadé d’avoir affaire à un vieux qui perd la tête. Le lendemain, il apprend que le vieil homme est mort gelé dans la nuit. Il décide alors d’essayer d’en savoir un peu plus sur lui, et se retrouve pris dans une très vieille histoire, liée à la famille de Nathalie.

Après Ciel de sang, revoilà Alex McKnight. On retrouve ici les mêmes qualités que dans le premier volume de la série. 

Dans un premier lieu, les points forts classiques que Steve Hamilton partage avec de nombreux collègues américains. Points que l’on peut, suivant le caractère ou l’humeur, trouver répétitifs, ou rassurants, juger la marque d’une uniformisation du genre, ou le soucis, très yanqui, que le cochon de client (à savoir le lecteur), ait un minimum vital, c'est-à-dire le pur plaisir de lecture au premier degré.

A savoir : Des personnages comme les aiment les amateurs de polar, déglingués, blessés, mais entêtés et fidèles, durs au mal et prêt à tout pour venir en aide à un ami. De vrais hard-boiled en un mot. Et une intrigue solide, bien mené, qui donne envie de tourner les pages.

Ensuite, il y a la marque de fabrique Steve Hamilton, ce qui fait son originalité : La présence de la nature dans toute sa grandeur : froid, vent et neige sont, dans ces parages, encore plus meurtriers que les hommes. Il écrit des polars qui ne sont ni urbains (comme la grande majorité), ni même ruraux, mais sauvages. Dans les grands espaces gelés du Michigan, l’homme n’est qu’un invité, pas toujours très bien accueilli. Dès que l’on ouvre les pages, le blizzard souffle et il faut se réfugier près du radiateur ou de la cheminée pour ne pas risquer des engelures. Alors, prenez le frais et l’air des grands espaces avec Steve Hamilton.

Steve Hamilton / Un chapeau dans le neige (Ice Run, 2004). Seuil/Thriller (2007). Traduit de l’américain par Laurent Bury.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars américains communauté : POLARDISES
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Mardi 29 avril 2008

Deux liens vers des écrits de Jérôme Leroy, inquiétant prophète dans ses nouvelles et romans de ce qui est en train de nous tomber sur le coin du museau.

Le premier, sur le blog les moissonneuses, fait un état, peu réjouissant des attaques actuelles d’un président que je préfère finalement quand il va nous faire honte à l’étranger, ou qu’il étale sa vulgarité et son mauvais goût sur les yachts de ses amis parvenus que quand il se met au boulot.

Le second, sur le blog des éditions moisson rouge, est le premier chapitre d’un feuilleton à suivre tous les mardis.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars divers
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Lundi 28 avril 2008

Thierry Bourcy a de multiples talents, dont celui d’écrivain. Il publie aux éditions Nouveau Monde une série de romans policiers se déroulant durant la guerre de 14-18. Folio policier a entamé la réédition en poche de ces polars avec le premier titre, La cote 512.

 

Célestin Louise est flic à Paris. Jusqu’au jour où la guerre est déclarée entre la France et l’Allemagne. Il part alors, avec des centaines de milliers d’appelés pour le front. Il est juste moins optimiste que certains, et ne pense pas arriver à Berlin en quelques jours. Les premiers jours dans les tranchées lui donnent raison. Ils viennent tous de mettre les pieds en enfer. Un enfer où il ne perd pas son instinct de policier. Quand son lieutenant est tué d’une balle dans le dos lors de leur première offensive, Célestin qui l’a vu tomber sous ses yeux est persuadé qu’il a été tué par un français. Au nom d’une amitié naissante, et d’un sens de la justice pourtant bien mis à mal par la boucherie environnante, il décide d’enquêter.

 

La trame policière est ici un prétexte qui fournit son squelette au récit. Elle donne également au personnage l’occasion de quitter les tranchées pour enquêter, ce qui permet à l’auteur de mettre en évidence à quel point l’expérience de cette guerre (comme de toutes les autres), est incommunicable. C’est pourtant bien à cette tâche qu’il s’attelle, comme quelques autres avant lui. Il le fait très bien, rend palpable l’horreur, la peur, le découragement, le froid, la pluie, mais également la camaraderie, la distance entre les classes sociales, le poids de la propagande, la bêtise lointaine du commandement.

Un beau roman sur le début de la guerre de 14, accessoirement un polar plutôt réussi, et un personnage que l’on va avoir du plaisir à retrouver.

Pour en savoir davantage sur Thierry Bourcy et Célestin Louise, vous pouvez aller lire une interview de l’auteur publié sur le site Moisson noire.

Thierry Bourcy / La cote 512 (folio policier, 2008)

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars français communauté : POLARDISES
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Lundi 28 avril 2008

Dans son blog hébergé par Rue89, Hubert Arthus interviewe deux des Wu Ming, vous vous souvenez, les auteurs de New Thing et de Guerre aux humains.

C’est là, et c’est très instructif.

Bibliosurf de son côté ressort un petit questionnaire sur Manchette, publié précédemment en juin 2005 sur feu le site Mauvaisgenres.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars divers communauté : POLARDISES
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Dimanche 27 avril 2008

On a découvert Louis-Ferdinand Despreez et son enquêteur noir et enragé, le superintendant de la criminelle de Pretoria Francis Zondi dans La mémoire courte. Les voici de retour avec Le noir qui marche à pied.

 

Il se trouve confronté à une nouvelle forme de criminalité : c’est le cinquième gamin qui se fait enlever à la sortie de l’école dans la ville en trois semaines. Et pour l’instant, aucun signe des ravisseurs, pas de demande de rançon, rien. Et la quantité d’affaires qui atterrissent sur son bureau ne lui laisse guère de temps de se préoccuper de gamins qui sont sans doute déjà morts. Quand les parents commencent à recevoir des demandes d’argent, l’affaire est relancée, et Zondi constate, avec surprise, qu’il a affaire à un criminel un peu moins idiot que la moyenne, capable d’écrire quelques lignes sans faire de fautes !

 

On retrouve les qualités exceptionnelles de ce premier roman : Un style flamboyant, qui rend bien la rage de l’auteur devant l’état de son pays, et en même temps l’amour qu’il lui voue. Une fois de plus, tout le monde en prend pour son grade : noirs ignorants, blancs racistes, touristes suffisants venant donner des leçons alors qu’ils ne comprennent rien à la situation … Voyez vous-même :

« A quarante ans, les trois institutrices qui finissaient de dresser le portrait-robot du kidnappeur – qu’elles étaient toutes convaincues d’avoir vu et qu’elles auraient identifié sans peine – étaient déjà bien trop vieilles pour changer. Elles étaient sans doute même trop connes pour un semblant de rédemption humaine ou politique, même si elles étaient maîtresses d’école, mères de famille et bonnes chrétiennes jusqu’au fond de la culotte

Et : « dans leur raccourcis idéologique imbécile, les touristes cultureux seraient probablement tentés de penser que tout cela n’est qu’un juste retour des choses et que l’assiette au beurre n’avait fait que changer de mains. Ce ne serait qu’une simplification de plus : une misère doit chasser l’autre pour faire régner la justice, se diraient se braves gens venus d’ailleurs … »

La nouveauté est ici la description d’une population de blancs pauvres, qui n’ont même plus la satisfaction s’être « constitutionnellement supérieurs » aux noirs pauvres, et se retrouve d’autant plus paumés et aigris.

Despreez ignore le politiquement correct, appelle un con un con, vitupère, râle, mais sait aussi écrire de superbes lignes sur le désespoir d’un père. S’il est aussi être aussi critique c’est qu’il est désespéré de voir un pays qui pourrait être un Paradis se transformer en un monde laid et sans pitié pour les faibles. Il en veut à tous les responsables, qu’ils soient intellos à côté de la plaque, ou crapules sans scrupules :

 « Mais c’était ça aussi l’Afrique du Sud, un monde à deux vitesses où des écolos intellos se battaient d’un côté pour sauver les phoques de False Bay ou interdire le gavage des oies dans le Limpopo et où, de l’autre, la vie de dix écoliers était, pour un analphabète devenu mystique par opportunisme, le ticket d’entrée au Royaume des Cieux … Le monde aurait été tellement plus beau si les crétins mystiques s’intéressaient aux phoques et les grands intellos aux enfants. »

L’intrigue est maîtrisée, même si ce n’est pas elle qui présente l’intérêt majeur du roman. Despreez confirme ici son talent, et laisse supposer, pour notre plus grande joie, que l’on retrouvera Francis Zondi.

Louis-Ferdinand Despreez / Le noir qui marche à pied (Phébus, 2008).

PS. S’il n’est pas fait mention d’un titre original ou d’un traducteur c’est que l’auteur, bien qu’anglophone, écrit dans las langue de ses ancêtres huguenots, à savoir le français.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars africains communauté : POLARDISES
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Samedi 26 avril 2008

Tiens ça faisait longtemps ! De retour de vacances, voilà ce que je trouve. Mais j’avoue que cette nouvelle mouture me déçoit un peu. On n’y fait pas appel à mon honnêteté proverbiale, ni à mon sens de la justice ou ma piété. Rien, juste une vulgaire proposition commerciale. Vexé qu’on ne fasse appel qu’à ma cupidité je ne donnerai pas suite.

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Bonjour,

Mon message vous parviendra sûrement avec surprise. Ne vous inquiétez pas j'ai été totalement convaincue de vous écrire. Soyez rassuré que ce sont de bonnes intensions. Je suis Mme Salina  Komoe, je suis comptable d'une BANQUE à Abidjan.

Pendant nos recherche à la banque vers la fin de l'année 2006, j'ai trouvé le montant énorme d'argent cinq millions de dollars (USS5M) qui a été déposé dans le compte bloqué depuis 1999. A partir d’une recherche approfondie, les résultats ont montré que les fonds ont été déposés par un Étranger qui est actuellement décédé, au cour d’un accident d'avion en 1999.

Et depuis lors le compte est resté sans réclamation de qui que se soit. À cet effet, je sollicite humblement votre aide et coopération pour entrer en tant que bénéficiaire à Ces fonds et pour solliciter la réclamation pour notre avantage mutuel. Soyez sur que tout le processus serait surveillé ici par moi jusqu'à ce que vous réceptionnez ces fonds à votre compte. Après quoi il devrait être partagé comme suit : 45% pour vous 5% pour toutes les dépenses effectuées au cours de ce transfert et 50% pour moi.

Rassurez vous que ce transfert est sans risque à 100% car tous les arrangements pour le transfert de ces fonds serait fait dans 10 jours ouvrable. En outre cette transaction devrait être traitée avec la plus grande confidentialité pendant que je suis toujours en service. Si vous êtes prêt et intéressé par cette affaire, vous pourrez me contacter par e-mail qui nous permettra de discuter plus sérieusement.

Merci pour votre coopération. J’attends de vos nouvelles.

Mme Salina  Komoe

par Jean-Marc Laherrère
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Samedi 26 avril 2008

Fin 1899, Paris se prépare à changer de siècle et à accueillir une nouvelle exposition universelle. La droite et les antisémites se remettent très mal de la réhabilitation de Dreyfus. Oscar Wilde survit, isolé de tous, dans la misère. Les groupes anarchistes, affaiblis, tentent de reprendre du poil de la bête. Un fait divers insolite secoue alors la capitale : dans les tramways, de jeunes femmes accortes se font piquer en un lieu intime. Immédiatement, parce que c’est bien pratique, la police soupçonne un nouveau coup des anarchistes pour saper les fondements (c’est le cas de le dire) de la société. Nino, vieux militant miné par ses échecs, aidé par un Oscar Wilde désabusé, acceptent d’enquêter pour trouver les vrais coupables.

Sébastien Rutés connaît Taibo II par cœur. Je n’invente rien, je le sais, pour l’avoir rencontré, et aussi parce que c’est écrit au dos du bouquin ! Bouquin, soit dit en passant préfacé par … Paco Ignacio Taibo II. Mais même si je frime à bas prix avec cette fine analyse, je persiste à faire le malin.

 

Sébastien Rutés, donc, connaît Taibo II par cœur. La construction du roman, polyphonique, avec chapitres numérotés (Percival Morlock et les haschischins (1)) et articles de journaux intercalés fait penser à celle d’A quatre mains, chef d’œuvre du maître. L’utilisation de personnages historiques connus, les références culturelles (Dumas, Salgari, Hugo …) aussi sont taiboesques. C’est gonflé, ambitieux et casse-gueule de se lancer, comme ça, dès son premier roman, dans un tel exercice de haute voltige ! Le pari est en partie tenu.

Deux choses m’ont gêné. La première est très subjective, et peut très bien, au contraire, enchanter certains lecteurs :  Sébastien Rutés utilise beaucoup l’argot, ou plutôt les argots dans ses dialogues, cela donne une couleur au roman, mais ralentit beaucoup la lecture, et je n’aime pas être ralenti quand je lis.

Exemple : « Marie Coignant. La lartonnière qui s’tait fait la belle. Les pandores l’ont collé recto dans la boîte à dominos. N’ont pas voulu l’exposer au musée des claqués. On dit que c’était point bath à mouchailler »

Ou : « Louivé ! J’la cache des loliciepem, en d’ssous. L’arnaque à mêm’ pas songé à y nifer un lourtem. Faut dir’ qu’la lamefé a calanché y a deux longues. »

Le deuxième est, certes tout aussi personnelle, mais risque d’être davantage partagée : Le roman est très dense, avec beaucoup de protagonistes. Il aurait gagné à être développé, pour creuser un peu les personnages, connaître leur(s) histoire(s) prendre son temps, flâner dans ce Paris en construction par ailleurs passionnant.

Ceci dit, il y a aussi beaucoup de choses très réussies :  Le récit est enlevé, le portrait de Paris au tournant du siècle particulièrement intéressant. Surtout, il est bon, en cette période individualiste, de revenir sur le passé des anarchistes de Paris, et plus généralement d’Europe, de rendre hommage à ces combattants qui, malgré les échecs, les revers, les épreuves et les coups de fatigue et de découragement, continuaient, encore et toujours fidèles à leurs idéaux. Ca aussi c’est très Taibo II, cet éloge des perdants magnifiques.

En résumé, malgré ses défauts (relatifs) l’ensemble est fort recommandable, et comme c’est un premier roman, très prometteur. Il faudra suivre attentivement la suite.

Sébastien Rutés / Le linceul du vieux monde (L’Ecailler/L’atinoir, 2008).

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars français communauté : POLARDISES
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Lundi 21 avril 2008

C’est les vacances. Je pars quelques jours par là :

 

 

Retour en fin de semaine avec, entre autres, de l’iode plein le pif, et des billets sur un polar historique français : Le linceul du vieux monde de Sébastien Rutés, encore un polar sud-africain (hasard de l’édition), Le noir qui marche à pied, le second de Louis-Ferdinand Despreez, auteur de l’excellentissime La mémoire courte, et plus si j’ai eu le temps …

A bientôt.

par Jean-Marc Laherrère
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Samedi 19 avril 2008

« Je vais de ce pas (disons, d’un pas prochain) aller m’acheter l’album It’s allright with me enregistré par ces musiciens. »

Ainsi se concluait mon billet enthousiaste sur le concert donné par Sara Lazarus et le Gipsy project de Biréli Lagrène. C’est fait. Je l’ai écouté.

Le résultat est à la fois décevant et rassurant.

Décevant car, si Sara Lazarus reste dans cet enregistrement une superbe chanteuse, fine, toute en nuance et précision, au swing entraînant, si Biréli Lagrène y est aussi virtuose et musical, si bien entendu (et c’est la moindre des choses à ce niveau) tous les morceaux sont parfaitement en place, il manque au disque la complicité, la folie, l’inventivité de certains échanges auxquels nous avons eu droit en concert. Parfaitement huilé le disque ronronne un tout petit peu.

Rassurant parce que cela montre, un fois de plus, que le jazz est une musique vivante faite pour être vue et écoutée en concert ! Vive la scène, qui permet ce que les prises studios interdisent souvent : la réactivité, l’échange entre musiciens, l’improvisation, la magie d’un soir où les musiciens se trouvent parfaitement, s’interrogent, se répondent, se provoquent, se soutiennent. Vive la scène où, quand par une sorte d’alchimie, un groupe devient une entité mystérieuse et miraculeuse bien plus « grande » que la somme de ses membres.

Sara Lazarus : Chant
Biréli Lagrène : Guitare
Hono Winterstein : Guitare rythmique
Diego Imbert : Contrebasse
André Ceccarelli : Batterie

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Spectacles
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