Je n’ai pas encore lu, A l’automne, je serai peut-être mort, première apparition de Michael Forsythe. Il est dans la pile. Après la lecture du dernier roman d’Adrian McKinty, Le fils de la mort, il est passé sur le dessus.
Quel bouquin ! Le fils de la mort démarre sur les chapeaux de roues par une scène apocalyptique, mais finalement assez drôle quand on arrive à prendre un peu de distance (ce que l’auteur fait très bien). Il se conclue sur un final apocalyptique, mais pas drôle du tout. Entre les deux, McKinty installe un faux rythme, tranquille en apparence. Le récit prend le temps de s’installer, tout en distillant, de temps autre, quelques indices des horreurs à venir, histoire de maintenir le lecteur dans d’inquiétude latente. Puis tout s’emballe, se durcit, en un crescendo implacable.
Mais ce n’est pas tout. McKinty n’a pas écrit un simple thriller à l’efficacité redoutable, formaté best-seller. C’est un vrai roman, dense, avec des personnages extraordinaires, complexes, au premier rang desquels, bien sûr, Michael Forsythe, archétype du hard-boiled, suicidaire, tête brûlé, masochiste, increvable, ambigu. Beaucoup trop ambigu pour être un personnage de best-seller. L’immense Clint dans ses plus grands jours. Les seconds rôles aussi sont impeccables, avec des rôles de femme à la fois lumineux et sans pitié, un tueur effrayant à souhait …
L’écriture est à la hauteur, capable de passer du lyrisme poétique à des dialogues incisifs et drôles, toujours en adéquation parfaite avec l’histoire. Pour finir, même s’il est « catalogué » par l’éditeur « auteur américain », McKinty reste très irlandais, dans le choix de ses personnages, dans les thématiques de ses romans, dans son humour noir, surnageant dans les pires situations. Ecriture, personnages et humour irlandais, dans les grands espaces américains. Une synthèse originale, et parfaitement réussie. Un grand roman à ne pas laisser passer.
Adrian McKinty / Le fils de la mort (Série Noire, 2008)
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2018, à quelques kilomètres de Nice.
Une bande d’amis, anciens de 68, ont recréé une communauté pour éviter de vieillir seuls ou dans un mouroir. La possibilité de continuer à s’engueuler, chanter, et boire ensemble. Mais
aujourd’hui le cœur n’y est pas, Dolla, le ciment du groupe est morte sur le billard. Le début d’une véritable hécatombe, décimant papis et mamies les uns après les autres. Jusqu’à ce que Rémi,
veuf inconsolable de Dolla, commence à entrevoir une abominable réalité, et sonne la révolte dans un monde déboussolé, livré au capitalisme le plus sauvage, où la religion et les milices privées
tiennent le haut du pavé. Cinquante ans après ils reviennent, d’autant plus enragés qu’ils n’ont plus rien à perdre.
Monrovia, capitale d’un pays en
guerre, le Liberia. Kaïd, d’origine libanaise, y tient l’hôtel Providence, à la fois hôtel, bar et bordel. Dick, ancien enfant soldat, s’y est réfugié. Il y survit, exploité et maltraité par Kaïd
qui l’oblige à arnaquer les rares blancs qui viennent encore dans ce pays dévasté. La belle Lila, elle aussi ancienne enfant soldat, menace tous les jours de se donner la mort si Kaïd persiste à
vouloir l’épouser. Quand débarque Jonathan, journaliste français, pigeon parfait, Lila et Dick voit en lui leur seule possibilité d’échapper à leur patron. Ils commencent alors une fuite
hallucinée dans un pays complètement déboussolé.
par Hondo, gamin de douez ans qui vit un enfer, c’est un
véritable un choc. Ce que nous décrit Jean-Claude Derey par la voix d'Hondo est intolérable, et devrait être insupportable. On ne devrait pas pouvoir le lire jusqu'au bout. Et
pourtant, non seulement on le lit, mais on y prend du plaisir. Ce qui ne veut pas dire que l'horreur est niée ou minimisée, au contraire. Mais Hondo reste un enfant, malgré tout, et son envie de
survivre, et même de continuer à rire permet d'aller au bout. Le ton est vif et on arrive à sourire avec Hondo, parce qu'il faut bien, il n'y a pas d'autre choix, ni pour lui, ni pour le lecteur.
Une fois le livre fermé vient le contrecoup ... Un grand bouquin.
situation n’y est tendre ni pour les noirs, ni pour les
femmes. A vrai dire, elle est dure pour tout le monde. Pete Jones, constable brutal de la petite ville de Tyler, se croit tout permis, tout particulièrement avec sa femme. Il la bat une fois de
trop et Sunset, qui ne supporte plus sa violence et ses viols, l’abat. Etrangement, sa belle mère, principale actionnaire de la scierie qui fait vivre la ville, prend sa défense, et lui confie le
poste de Constable. Quelques jours plus tard, elle découvre dans le champ du seul propriétaire noir de la région le cadavre d’une femme. Il va alors lui falloir s’imposer, envers et contre tous
ceux qui trouvent anormal qu’une femme porte une arme et leur fasse respecter la loi. Une affaire d’autant plus difficile qu’elle va bientôt s’apercevoir que de gros intérêts sont en jeu.
François Guérif est un des meilleurs spécialistes du cinéma américain, et en particulier du cinéma noir. Son
Félix a donc des envies de
suicide. Le boulot lui permet, provisoirement d’y échapper : Un taxidermiste a été retrouvé mort dans son atelier, les yeux enlevés, remplacés par deux billes. Pendant ce temps, sa collègue
Magali enquête sur ce qui ressemble fort à un canular qui a mal tourné : Une troupe d’indiens a attaqué le petit train touristique du centre ville toulousain. Bilan, un mort de crise
cardiaque. Pour compléter le tableau, leur collègue Marc file du mauvais coton et ne semble pas pouvoir se démêler de ses problèmes personnels. Décidément, Toulouse n’est pas toujours la ville
rose.
Ils sont encore en France,
pour quelque temps. Ils sont extraordinaires. Ils fascinent les enfants et les parents. Ils sont québécois. C’est le
applaudis et sifflés plus fort que les deux nains, c’est juste qu’ils ne savent pas siffler, et que j’arrive encore à faire plus de bruit
qu’eux.
Vous le savez peut-être
déjà, Royston Blake est anglais. Plus précisément il est de Mangel. Pour autant, Blake n’est pas un gentleman. Loin s’en faut. Blakey comme l’appelle familièrement les habitants de Mangel est Le
Videur de la ville. Celui du Hoppers, pub où se réunit le gratin. Il se plait à se considérer comme un notable, quelqu’un à qui l’on doit le respect. Pour un œil extérieur, Blake apparaît comme
une masse de 110 kg de barbaque, de bière et de bêtise. Mais comme c’est lui qui raconte … Or, malgré sa notoriété et sa respectabilité, une fois de plus, le pauvre Blake va foncer tête baissée
dans les pires emmerdes quand la ville se trouve envahie de minots complètement défoncés et irrespectueux.