Lundi 31 décembre 2007

Et voilà. 2007 se termine. Je ne vais pas faire mon original et faire semblant de ne rien voir passer, voici un bilan rapide de mes coups de cœurs pour cette année qui a été particulièrement faste.

 

Commençons par le polar, bien entendu.

 

L’année 2007 fut riche en découvertes, premiers romans d’auteurs jusque là inconnus les plus marquants furent :

 
  • Manhattan Grand angle de Shannon Burke (série noire), itinéraire absolument bouleversant d’un infirmier de nuit photographe à Manhattan.
 
 
 
  • L’envol du faucon vert d’Amid Lartane (métailié), réquisitoire rageur et désespéré contre la corruption et la violence à Alger.
 
  • Les allongés de Charlie Williams (série noire), chronique hilarante et très noire d’une petite ville anglaise.
 
  • New Thing de Wu Ming 1 (Métailié) dont j’ai parlé dans ce blog.
 
 

L’année fut également riche en confirmations, les grands auteurs de polar ont été à la hauteur de leur réputation avec :

 
 
  • Les morts perdent toujours leur chaussure, second roman traduit de l’argentin Raul Argemi (rivages noir), excellent polar patagon mettant en scène d’anciens guérilleros qui reprennent du service.
 
 
 

Ground XO d’Hannelore Cayre (métailié) dont j’ai parlé dans ce blog.

 
  • Cruelles natures de Pascal Dessaint (rivages thriller), qui quitte momentanément Toulouse pour les étangs de la Brenne, et retrouve un ton très noir proche de ses premiers romans.
 
 
  • Personne ne regarde de Davis Grubb (rivages noire), nouvelles de l’auteur de La nuit du chasseur, qui montre dans ce recueil qu’il était aussi à l’aise dans le texte court que dans son immense roman.
 
 
 
 
 
 
 
  • Le sauveur de Jo Nesbo (série noire) le dernier paru de la série Harry Hole, aussi indispensable que les précédents.
 
 
  • Réveillez le Président ! de Jean-Hugue Oppel (rivages thriller), thriller à la fois effrayant et souriant, le grand JH ne pouvant jamais s’empêcher de placer un bon mot, et de se moquer de nos soit-disant grands hommes (à ce propos, il va avoir du boulot pendant 5 ans !)
 
  • Soleil noir de Patrick Pécherot (série noire) dont j’ai parlé dans ce blog.
 
  • Drama City de George Pelecanos (seuil) où il continue, avec le même talent, sa chronique des quartiers noirs de Washington DC.
 
  • De soie et de sang de Xiaolong Qiu (Liana Levy), suite des enquêtes de l’inspecteur Chan de la police de Shanghai, toujours passionnant.
 
  • Delicious de Mark Haskell Smith (rivages thriller) dont j’ai parlé dans ce blog.
 
  • Moi, Fatty de Jerry Stahl (rivages thriller) dont j’ai parlé dans ce blog.
 
  • Les travers du docteur Porc de Tran Nuth (Picquier), suite de l’excellentissime série commencée à quatre mains par les sœurs Tran Nuth, poursuivie avec autant de bonheur par l’une d’elle, sans la Mandarin Tân, mais avec l’immonde Docteur Porc. Suspense, érudition et humour assurés.
 
  • Un hiver de glace de Daniel Woodrell (rivages thriller) dont j’ai parlé dans ce blog.
 

Pour compléter le panorama polar, il faudrait ajouter les excellentes rééditions de folio (Jim Thompson et James Hadley Chase entre autres) de rivages (avec d’indispensables Donald Westlake), et le superbe recueil consacré à Ed Cercueil et Fossoyeur de Chester Himes chez Quarto Gallimard que le père Noël a mis dans mes petits souliers ! Ajouter également d’autres excellents polars dont j’ai causé dans ce blog, mais que je trouve un peu en retrait par rapport à la liste ci-dessus qui concerne mais coups de cœur.

 

Il y eu également quelques bouquins publiés en blanche. Accaparé par le polar, j’en ai laissé passer l’essentiel, mais Pandore au Congo d’Albert Sanchez Piñol, Callisto de Torsten Krol et Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen d’Arto Paasilinna m’ont également emballé. J’en ai causé ici, et je m’aperçois, sans grande surprise, qu’ils pourraient très bien être classé parmi les roman noirs de la première liste.

 

Un petit tour du côté de la SF pour terminer.

 
  • Séparation de Jean-Claude Dunyach (l’Atalante), est indispensable, comme tous les recueils de nouvelles de cet auteur qui est, à mon humble avis, l’un des meilleurs écrivains de textes courts français, tous styles confondus. Ce sixième recueil ne fait pas exception.
 
  • Le régiment monstrueux de Terry Pratchett (l’Atalante). Dans la série du Disque Monde, tout, ou presque est génial. Celui-là comme les autres.
 
 
  • Un sale boulot de Christopher Moore (Calman Lévy) dont j’ai parlé dans ce blog.
 

Voilà, il ne reste plus qu’à espérer que 2008 sera aussi riche. Bonne année à tous. Elle commencera ici avec Les lames du cardinal de Pierre Pevel (réjouissant), et Toute humanité mise à part d’Emmanuelle Urien.

par Jean-Marc Laherrère
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Vendredi 28 décembre 2007

Voilà un curieux roman que j’ai été plusieurs fois à deux doigts d’abandonner pour cause de lenteurs, et que j’ai lu jusqu’au bout parce qu’il a trop piqué ma curiosité pour que je l’abandonne. Qui donnait parfois envie de sauter des passages, sans que je le fasse, car l’intrigue très subtile se cache là où on ne l’attend pas...

 

Mysteres.gifSunshine, petite ville canadienne qui tente d'attirer le tourisme. Cam Husher, propriétaire d’un parc animalier crée la polémique en édifiant un cercle de pierres sur les lieux d'un cimetière indien revendiqué par les Nations Premières (c’est comme ça, visiblement, qu’on appelle les indiens au Canada). Le soir de l'inauguration, Alice Pederson, dentiste de la ville disparaît. Alice, originaire de Sunshine mais mariée avec un noir, père au foyer. Alice dont les infidélités étaient commentées par toute la ville. Alice qui a pris une part importante à l’édification du cercle de pierres. Avec l'enquête, ce sont tous les petits secrets que les uns et les autres voudraient bien garder pour eux qui remontent à la surface. Son corps ne sera découvert que deux ans plus tard, relançant les soupçons des uns et des autres.

 

Chaque chapitre donne la parole à un nouveau protagoniste du drame, et retrace, par petites touches, la vie de cette petite ville provinciale étouffante durant les deux ans qui s'écoulent entre l'édification du cercle de pierres et la réouverture de l'enquête. Cette variété fait la richesse du roman, et maintient un mystère (ou plutôt, comme le suggère le titre, des mystères), révélant peu à peu des turpitudes connues de tous, mais que tout le monde fait semblant d'ignorer. Pédophilie que tout le monde soupçonne mais que personne ne veut vraiment voir, racisme et homophobie latents bien que jamais ouvertement déclarés, méfiance envers les indiens dans leur réserve … C’est tout cela qui forme, peu à peu, le tableau de l’enfer ordinaire de cette petite ville.

 

La construction, parfois artificiellement complexe, est également à l'origine des faiblesses du roman qui parfois trop mou et lent, arrive à ennuyer le lecteur, le perd inutilement, avant de capter de nouveau son attention. On ferme le roman avec l'impression d'être passé assez prêt d'un très bon livre, malgré des détours et lenteurs qui donnent, à certains moment, envie de l'abandonner.

 

Robert McGill / Mystères (The mysteries), Série Noire (2007)

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars américains
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Mercredi 26 décembre 2007

Neil Gaiman est un géant. La série Sandman dont il est le scénariste est un de ses multiples chef-d’œuvres. Il y donne libre cours à son talent de créateur et recycleur de légendes. Le héros de Sandman est Dream, un des éternels, avec Delirium, Despair, Destruction, Death, Desire et Destiny.

 

sandman-7.jpgVies brèves, le tome 7, est centré sur Delirium qui cherche de la compagnie pour partir à la recherche de Destruction disparu depuis 300 ans. Dream (que l’on appelle parfois Morphée), accepte de l’accompagner pour échapper à son palais et à son récent dépit amoureux. Leur quête ne sera pas sans risque (surtout pour les pauvres humains qui croisent leur route), et obligera Dream à revoir son fils Orphée.

 

Tout l’univers de Gaiman dans ce septième volume : On y retrouve des Dieux tombés dans l’oubli, des personnages de la mythologie, des légendes, tous mêlés aux vies très actuelles de notre monde moderne et matérialiste. L’originalité de ce nouveau volume tient à la personnalité de Delirium, gamine paumée et capricieuse, sans mémoire et sans inhibitions. Elle donne ses couleurs, son humour et son absurdité à l’album, et arrive même parfois à humaniser Dream qui, comme ses frères et sœurs, n’est pas un modèle de compassion !

 

Comme toujours dans Sandman, il faut accepter de rentrer dans ce monde à la fois onirique et très prosaïque, accepter pour les purs amateurs de BD de lire un texte dense et littéraire, accepter pour les amateurs de romans d’avoir une partie de l’histoire racontée par des dessins. La récompense est une magnifique histoire, subtile, poétique, prenante, qui donne envie, immédiatement, de relire les autres volumes.

 

On me reprochera peut-être de ne pas parler des illustrateurs. C’est que je suis surtout sensible aux histoires de Gaiman, et que je ne sais trop quoi dire de ses illustrateurs, sinon qu’ils les mettent superbement en valeur. Pour ce volume ils s’appellent Jill Thompson et Vince Locke.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : BD
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Lundi 24 décembre 2007

« Il faut savoir s’exprimer pour arriver à quelque chose. Moi, je dois réfléchir un moment avant de parler, mais dans l’intervalle la conversation a suivi son cours, comme on dit, et plus moyen de rattraper le coup. Cette difficulté m’a accompagné toute ma vie, avec de fâcheuses conséquences. »

 

callisto.gifOdell Deefus n’est pas une lumière. Pas complètement idiot non plus, juste un peu lent. Son mètre quatre vingt-dix attire toujours les regards, puis sa lenteur pousse souvent les gens à se moquer de lui. Ce qui peut se révéler une erreur car si Odell est plutôt gentil, il peut aussi être dangereux quand il a acquis la certitude qu’on se moque de lui, ou qu’il est en danger. Il est en route vers le centre de recrutement de Callisto. Maintenant que l’armée américaine manque de volontaires pour aller en Irak, plus besoin d’avoir un diplôme, et il faut bien que quelqu’un aille mettre fin aux agissements de « ces enragés d’islamistes ». Alors pourquoi pas Odell. Malheureusement, sa voiture le lâche à quelques kilomètres du but, et il va demander de l’aide chez Dean Lowry, jeune homme paumé et agressif. Il ne sait pas qu’il n’arrivera jamais au centre de recrutement et qu’une succession invraisemblable d’évènements fera de lui un dangereux terroriste aux yeux de l’opinion et de l’armée américaine.

 

Odell est le narrateur de Callisto. Comme le gamin de Fantasia chez les Ploucs, ou le shérif de 1275 âmes, il pose un regard décalé et naïf (plus ou moins naïf) sur ce qui lui arrive, et sur le pays où il vit. Si l’on sourit souvent au début, la fin poignante vient changer le regard que l’on a sur lui, victime d’une Amérique devenue totalement folle, déboussolée par les conséquences du 11 septembre, par la folie sécuritaire qui a suivi, et par l’emprise croissante des groupes religieux les plus fondamentalistes. Dans sa naïveté, Odell met à nu toutes les absurdités du système.

 

Quand on veut lui faire dire qu’il veut renverser l’Amérique et son système de valeurs, ses réponses d’une simplicité enfantine ne peuvent que désarçonner ses tortionnaires :

 

-          « A supposer que vous soyez Président, quels changements institueriez-vous ?

 

-          Et bien, tout d’abord, j’organiserais ma libération. […]

 

-          Et en d’autres domaines ? La foi, la justice sociale, ce genre de questions.

 

-          Et bien je ferais en sorte que le passage de pubs à la télé aille contre la loi. Il y aurait une chaîne pour ça, la chaîne commerciale, que pourraient regarder ceux qui ont envie de voir les pubs. Je crois que ça ferait un bon audimat. »

 

On ne sait visiblement pas qui est Torsten Krol, l’auteur. Ce qui est certain c’est que Callisto est bien parti pour être de ces livres qui deviennent des références pour un public de plus en plus nombreux, comme La conjuration des imbéciles, Dalva ou Le seigneur des porcheries. Bienvenu au club des fans d’Odell Deefus.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Blanche
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Dimanche 23 décembre 2007

loisel-oiseau-6.jpgAvec La saison des cendres de Ségur et Chevalier, la quête de l’oiseau du temps de Letendre et Loisel est, à ma connaissance, la seule BD de fantasy qui propose un vrai projet complet, sans point faible, sans temps mort, sans album superflus venant diluer et pondre des cases au seul prétexte qu’elles se vendent.

 

Les quatre premiers tomes, de la Quête proprement dite, étaient extraordinaires, et s’achevaient sur un final définitif, sans concession, qui laissait le lecteur admiratif mais l’âme en berne (je n’en dirais pas plus, au cas où il y ait ici d’heureux lecteurs qui n’ont pas encore découvert ce chef d’œuvre).

 

Autant dire que j’attendais, comme tous les fans, la nouvelle série, se déroulant avant la première, avec autant d’impatience que d’inquiétude. L’impatience est toujours là, l’inquiétude a disparu. La saga du Chevalier Bragon qui décrit la jeunesse voit des héros de la première série est aussi réussie et ambitieuse que la première.

 

Après l’ami Javin, qui voit Bragon sortir de sa ferme, voici Le grimoire des Dieux, où un Bragon qui commence déjà à vieillir et à sentir le poids de la perte des êtres chers commence à se forger une légende. Dans le même temps Mara, sa muse, son amour, prend elle aussi sa place dans l’histoire. Et l’on commence à entendre parler d’un personnage qui sera un des rôles secondaires très forts de la suite, à savoir le Rige.

 

La légende se met en place, le scénario est impeccable, l’imagination et le bestiaire toujours aussi extraordinaires, le dessin et le découpage à la hauteur du reste. Seul reproche, il va maintenant falloir attendre, attendre, attendre … pour avoir droit à la suite.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : BD
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Samedi 22 décembre 2007

Je connaissais les romans de Jan Thirion, certains m’avaient enthousiasmé, d’autres laissé un peu plus froid, mais on y sent toujours un style, une patte, que l’on aime ou non.

elagage.jpgAvec Elagage de printemps le lecteur découvre une nouvelle facette de son talent : la nouvelle. Un premier indice ne trompe pas : le recueil est préfacé par un des maîtres du genre, Marc Villard. Un auteur qui n’est pas connu pour sa complaisance, et qui, sur son site, peut se montrer plutôt rude (même avec des auteurs que j’aime). Donc si Marc Villard préface, c’est que non seulement c’est bon, mais également que c’est singulier. Et singulier cela l’est.

Je n’aime pas toutes les nouvelles, certaines me laissent sur le bord de la route, une me gêne même par sa recherche un peu trop systématique du style scandé (Robert de Niro dans Taxi Driver). Mais Elagage de printemps m’a scotché, dans sa noirceur totale, Eclaboussures d’or, gerbes noires est absolument étonnante, inattendue, d’un humour noir que j’aime beaucoup et qui est la marque de fabrique des romans de Jan, et l’humour de Tropique du désir m’a emballé. Comme le désespoir très humain de Haïku inachevé, de Glasgow-Toulouse et des mots compliqués m’ont touché au cœur, je peux dire que je suis enchanté par ce recueil.

A signaler le beau travail des éditions de la Quadrature qui s’est donné pour but fort ambitieux en France de publier des nouvelles de qualité. C’est d’ailleurs dans cette édition qu’est éditée Emmanuelle Urien dont j’ai entendu le plus grand bien. A suivre bientôt ici donc.

Pour en revenir à Jan Thirion, il signe ici un fort beau recueil de nouvelles variées dans leurs thématiques et leurs tons, mais qui partagent une même exigence dans la qualité du travail littéraire.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars français
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Mercredi 19 décembre 2007

Quelques mots avant de faire une courte pause pour cause de fin de trimestre un peu chargée.

Grand succès pour la rencontre du polar de samedi dernier à la Librairie de la Renaissance en l’honneur de la sortie du Dictionnaire des Littératures Policières de Claude Mesplède.

Un succès pour tous les organisateurs, un immense plaisir pour les participants.

Certes, le choc thermique était à craindre, entre un extérieur glacial, et un intérieur surchauffé, essentiellement par la chaleur se dégageant de la foule. Certes, le couloir où étaient installés les auteurs ne se prêtait pas trop à la discussion. Mais comme tout le monde était content et de bonne humeur, tout c’est parfaitement passé.

Une occasion unique de discuter le bout de gras avec les copains de 813, la bande des polardeux toulousains que l’on ne croise, malgré la proximité, que lors de ce genre d’occasion, d’échanger impressions de lecture et potins. L’occasion surtout de retrouver les auteurs que déjà connus (comme Pascal Dessaint, Jan Thirion, Laurence Biberfeld, Jean-Hugue Oppel, Mouloud Akkouche ou Hervé Le Corre), et de discuter avec d’autres que j’aurai du plaisir à retrouver la prochaine fois. J’en ai profité pour dire tout le bien que je pensais de ses bouquins à Michel-Julien Naudy, auteur trop discret et trop méconnu, et de parler du Che et du Mexique avec Patrick Bard, dont j’ai acheté La Frontière (à venir donc sur le blog).

L’occasion encore de rencontrer les collègues fans de polar espagnols, de Barcelone avec toute la bande de Negra y Criminal, et de Gijon avec l’ami Zeki.

L’occasion enfin d’assister aux échanges truculents entre Claude Mesplède et certains de ses invités, Tito Topin (qui fait un bien meilleur résumé que moi, bien sûr, sur son blog), Tonino Benacquista, et d’assister à l’extraordinaire One Man Show de Daniel Pennac, véritable homme de scène, qui tient tout le public dans sa main quand il raconte ses anecdotes.

La soirée, comme prévu, a été beaucoup trop courte, passée à une vitesse ahurissante à discuter festival du polar de Frontignan (amateurs, réservez le week-end du 27 au 29 juin), de littérature, de politique, de cinéma … A chanter Brassens, et Ay Carmela, à rencontrer, enfin en chair et en os, d’autres collaborateurs du DILIPO qui nous avait réunis.

Une journée tellement réussie que j’ai bien cru entendre certains se demander si ce ne serait pas une bonne idée de remettre ça l’année prochaine …

Un dernier mot, qui n’a rien à voir avec ce qui précède. Le site Noir Comme Polar était déjà de fort bonne tenue. Depuis quelques temps, il publie des chroniques de Jean-Bernard Pouy, et des nouvelles de Marc Villard. Autant dire qu’il est passé au cran supérieur et qu’il devient absolument obligatoire de l’avoir parmi ses favoris.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars divers
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Mardi 18 décembre 2007

Une petite déception pour ce polar édité chez Folio. C’est tellement rare, que je vais leur pardonner !

si-dieu-dort.gifMark Henshaw et John Clanchysont deux australiens, du moins si on en croit ce qu’il y a écrit au dos du bouquin. Je m’attendais donc à un polar venu d’ailleurs, un ailleurs rarement représenté ici, depuis que Rivages a cessé de traduire les Cliff Hardy de Peter Corris (ou qu’il a cessé d’en écrire ?). Première déception, impossible de savoir où se déroule Si Dieu dort, le premier roman de la série consacrée au Lieutenant Glass. J’aurais tendance à penser que c’est aux US, mais il n’y a rien de plus de précisé.

Le Lieutenant Glass donc est un flic à qui on fout la paix. Excellent résultats, et caractère de cochon. Un classique du polar, rétif à toute idée de hiérarchie, of course. Il est le seul à faire le lien entre deux meurtres a priori sans rien de commun : un petit truand minable mais dangereux, et un homme de main de la mafia abattus quelques jours après leur libération en conditionnelle. Glass se demande s’il n’y a pas, en ville, un justicier décidé à punir ceux que la justice relâche. Même s’il comprend, Glass ne peut pas laisser faire ça.

Glass est un personnage intéressant, l’enquête est bien menée, et le final particulièrement haletant. Ceci mis à part, deuxième déception, on a là un polar bien fichu parmi tant d’autres, qui, utilise pas mal de clichés, mais sans les transcender ni jouer avec, comme d’autres auteurs. Un polar qui se laisse lire, parce qu’il est efficacement mené, avec un final efficace, mais qui se laisse également très vite oublier.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars des antipodes
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Vendredi 14 décembre 2007

Ce billet est exceptionnel (dans le sens qu’il représente une exception), il va causer d’un essai.

 

le-plein.jpgJe ne lis en général jamais les essais car, souvent écrit avec les pieds, ils m’ennuient généralement avant la fin de l’introduction. Quand j’arrive à vaincre ma somnolence, je tombe soit sur du jargon incompréhensible sans un énorme effort, soit sur un auteur qui répète tout trois ou quatre fois pour être sur que je vais comprendre. Résultat, je m’emmerde, et je me précipite sur un polar.

Or non seulement j’ai lu Le plein, s’il vous plait de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean jusqu’au bout, mais en plus j’y ai pris plaisir.

 

Autant le dire tout de suite, ce n’est pas un bouquin fait pour vous remonter le moral. Si vous croyez, et voulez continuer à croire, que nos ingénieurs, politiques, associations … vont trouver une solution miracle pour nous permettre de vivre indéfiniment comme aujourd’hui sans rien lâcher et sans prendre un terrible retour de bâton dans les gencives, laissez tomber. Si vous n’avez pas peur de vous mettre à flipper à l’évocation de ce qui nous attend si nous ne faisons rien, si vous préférez être inquiet mais conscient, qu’aveugle et heureux, précipitez-vous.

 

En quelques chapitres, les auteurs s’attachent à montrer :

  • Qu’il ne reste pas de pétrole/gaz/charbon pour continuer plus de 20 ans à croître comme le veulent nos chers économistes zé politiques (et nous-même d’ailleurs).
  • Que les indicateurs économiques actuels (PIB en tête), sont devenus totalement inadaptés, car ils ne prennent pas en compte l’épuisement des ressources naturelles, tout simplement parce que la Nature ne présente pas (pour l’instant) de facture.
  • Que quoiqu’on dise, malgré des progrès en termes de rendement de nos machines, toute croissance s’accompagne d’une augmentation de notre consommation d’énergie, et des rejets de CO2.
  • Que la catastrophe naturelle arrivera justement au moment où, l’énergie commençant à manquer sérieusement, nous n’aurons plus les moyens d’y faire face sans casser beaucoup d’œufs.
  • Que par le passé, toutes les crises économiques graves se sont terminées par dictatures, guerres et autres joyeusetés.
  • Que la seule solution, plutôt que de prendre une grande claque imposée dans 20 ans, est d’augmenter progressivement le prix de l’énergie dès aujourd’hui, et ce au moyen d’un impôt qui revienne à l’état.
  • Que pour ce faire il ne faut pas moins d’état et plus de marché comme prétendent tous les média, mais au contraire plus d’état.

Le tout avec des explications scientifiques à la portée de tous, et des exemples très concrets pour illustrer le propos. Extraits :

 

« Cette fin de la croissance matérielle, nous ne la voyons pas dans nos indicateurs économiques, pour l’excellente raison que ces derniers ignorent superbement une inversion qui a commencé il y a quelques décennies. Ce qui a toujours été, dans l’histoire de l’humanité, le premier facteur limitant (le travail) est devenu excessif, et ce qui était excessif (les ressources naturelles et la capacité d’épuration de la planète) est en passe de devenir insuffisant »

 

« Tout le système comptable des entreprises a hérité de ce vice de construction : si un morceau de la planète (organismes vivants inclus) n’est la propriété de personne, alors il est gratuit. Et s’il est gratuit, sa dégradation ne se fera pas sentir directement dans l’économie. »

 

« Le PIB : l’art de compter ce que l’on gagne en oubliant ce que l’on doit »

 

 « même les crottes de chien sur les trottoirs font grimper le PIB, quand on commence à acheter des décrotteuses et à payer des gens à décrotter »

 

« notre rapport à la puissance publique est pour le moins contradictoire. Lundi l’Etat nous asphyxie d’impôts, et puis mardi arrive une épidémie, et les médecins –fonctionnaires – sont formidables, mercredi une inondation, et les pompiers sont formidables … »

 

«  Examinons maintenant une autre objection faite à la taxe : elle va nuire à la compétitivité des entreprises. Or la « Compétitivité » est la déesse des temps modernes. Rien n’est faisable qui Lui soit désagréable. On peut à peine se demander s’il faut lui sacrifier une partie de l’espèce humaine ! Il est amusant de voir que l’histoire se répète : lorsque la suppression de l’esclavage fut envisagée, ses partisans disaient aussi que cela allait nuire à la compétitivité ».

Voilà, je ne sais pas si tout cela vous donnera envie. Vous pouvez aussi aller sur le site de Jean-Marc Jancovici qui est extrêmement instructif, et souvent assez drôle.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Essais
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Jeudi 13 décembre 2007

Un petit mot pour rappeler la grande fête du polar à l’occasion de la sortie du DILIPO de Claude Mesplède.

 

Ce sera samedi, à la librairie de la Renaissance. J’en ai déjà causé .

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars divers
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