Et voilà. 2007 se termine. Je ne vais pas faire mon original et faire semblant de ne rien voir passer, voici un bilan rapide de mes coups de cœurs pour cette année qui a été particulièrement faste.
Commençons par le polar, bien entendu.
L’année 2007 fut riche en découvertes, premiers romans d’auteurs jusque là inconnus les plus marquants furent :
- Manhattan Grand angle de Shannon Burke (série noire), itinéraire absolument bouleversant d’un infirmier de nuit photographe à Manhattan.
- Témoin involontaire de Gianrico Carofiglio (Rivages noir) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Citoyens clandestins de DOA (série noire) dont j’ai parlé dans ce blog.
- L’envol du faucon vert d’Amid Lartane (métailié), réquisitoire rageur et désespéré contre la corruption et la violence à Alger.
- Les allongés de Charlie Williams (série noire), chronique hilarante et très noire d’une petite ville anglaise.
- New Thing de Wu Ming 1 (Métailié) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Guerre aux humains de Wu Ming 2 (Métailié) dont j’ai parlé dans ce blog.
L’année fut également riche en confirmations, les grands auteurs de polar ont été à la hauteur de leur réputation avec :
- Le retour du gang de la clé à molette d’Edward Abbey (Gallmeister), enfin traduit en France, suite du … gang de la clé à molette bien entendu. J’en cause dans le blog.
- Les morts perdent toujours leur chaussure, second roman traduit de l’argentin Raul Argemi (rivages noir), excellent polar patagon mettant en scène d’anciens guérilleros qui reprennent du service.
- Turbulences catholiques de Colin Bateman (série noire) dont j’ai parlé dans ce blog.
- R&B Blitz et Le dramaturge de Ken Bruen (série noire), incontournable, dont j’ai parlé dans ce blog.
Ground XO d’Hannelore Cayre (métailié) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Cruelles natures de Pascal Dessaint (rivages thriller), qui quitte momentanément Toulouse pour les étangs de la Brenne, et retrouve un ton très noir proche de ses premiers romans.
- L’ange de Montague street de Norman Green (série noire) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Personne ne regarde de Davis Grubb (rivages noire), nouvelles de l’auteur de La nuit du chasseur, qui montre dans ce recueil qu’il était aussi à l’aise dans le texte court que dans son immense roman.
- Les bâtisseurs de l’Empire de Thomas Kelly (rivages thriller) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Tsunami mexicain de Joe Lansdale (série noire) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Le chant de la mission de John Le Carré (Seuil) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Garden of Love de Marcus Malte (Zulma) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Le pic du Diable de Deon Meyer (Seuil) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Les faiseurs d’anges de Kriss Nelscot (L’aube noire) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Le sauveur de Jo Nesbo (série noire) le dernier paru de la série Harry Hole, aussi indispensable que les précédents.
- Balistique du désir de Max Obione (Krakoen) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Réveillez le Président ! de Jean-Hugue Oppel (rivages thriller), thriller à la fois effrayant et souriant, le grand JH ne pouvant jamais s’empêcher de placer un bon mot, et de se moquer de nos soit-disant grands hommes (à ce propos, il va avoir du boulot pendant 5 ans !)
- Soleil noir de Patrick Pécherot (série noire) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Drama City de George Pelecanos (seuil) où il continue, avec le même talent, sa chronique des quartiers noirs de Washington DC.
- De soie et de sang de Xiaolong Qiu (Liana Levy), suite des enquêtes de l’inspecteur Chan de la police de Shanghai, toujours passionnant.
- Delicious de Mark Haskell Smith (rivages thriller) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Moi, Fatty de Jerry Stahl (rivages thriller) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Les travers du docteur Porc de Tran Nuth (Picquier), suite de l’excellentissime série commencée à quatre mains par les sœurs Tran Nuth, poursuivie avec autant de bonheur par l’une d’elle, sans la Mandarin Tân, mais avec l’immonde Docteur Porc. Suspense, érudition et humour assurés.
- Un hiver de glace de Daniel Woodrell (rivages thriller) dont j’ai parlé dans ce blog.
Pour compléter le panorama polar, il faudrait ajouter les excellentes rééditions de folio (Jim Thompson et James Hadley Chase entre autres) de rivages (avec d’indispensables Donald Westlake), et le superbe recueil consacré à Ed Cercueil et Fossoyeur de Chester Himes chez Quarto Gallimard que le père Noël a mis dans mes petits souliers ! Ajouter également d’autres excellents polars dont j’ai causé dans ce blog, mais que je trouve un peu en retrait par rapport à la liste ci-dessus qui concerne mais coups de cœur.
Il y eu également quelques bouquins publiés en blanche. Accaparé par le polar, j’en ai laissé passer l’essentiel, mais Pandore au Congo d’Albert Sanchez Piñol, Callisto de Torsten Krol et Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen d’Arto Paasilinna m’ont également emballé. J’en ai causé ici, et je m’aperçois, sans grande surprise, qu’ils pourraient très bien être classé parmi les roman noirs de la première liste.
Un petit tour du côté de la SF pour terminer.
- Séparation de Jean-Claude Dunyach (l’Atalante), est indispensable, comme tous les recueils de nouvelles de cet auteur qui est, à mon humble avis, l’un des meilleurs écrivains de textes courts français, tous styles confondus. Ce sixième recueil ne fait pas exception.
- Le régiment monstrueux de Terry Pratchett (l’Atalante). Dans la série du Disque Monde, tout, ou presque est génial. Celui-là comme les autres.
- La théorie des cordes de José Carlos Somoza (actes sud) dont j’ai parlé dans ce blog.
- Un sale boulot de Christopher Moore (Calman Lévy) dont j’ai parlé dans ce blog.
Voilà, il ne reste plus qu’à espérer que 2008 sera aussi riche. Bonne année à tous. Elle commencera ici avec Les lames du cardinal de Pierre Pevel (réjouissant), et Toute humanité mise à part d’Emmanuelle Urien.
Sunshine, petite ville canadienne qui tente d'attirer le
tourisme. Cam Husher, propriétaire d’un parc animalier crée la polémique en édifiant un cercle de pierres sur les lieux d'un cimetière indien revendiqué par les Nations Premières (c’est comme ça,
visiblement, qu’on appelle les indiens au Canada). Le soir de l'inauguration, Alice Pederson, dentiste de la ville disparaît. Alice, originaire de Sunshine mais mariée avec un noir, père au
foyer. Alice dont les infidélités étaient commentées par toute la ville. Alice qui a pris une part importante à l’édification du cercle de pierres. Avec l'enquête, ce sont tous les petits secrets
que les uns et les autres voudraient bien garder pour eux qui remontent à la surface. Son corps ne sera découvert que deux ans plus tard, relançant les soupçons des uns et des autres.
Vies brèves, le tome 7, est
centré sur Delirium qui cherche de la compagnie pour partir à la recherche de Destruction disparu depuis 300 ans. Dream (que l’on appelle parfois Morphée), accepte de l’accompagner pour échapper
à son palais et à son récent dépit amoureux. Leur quête ne sera pas sans risque (surtout pour les pauvres humains qui croisent leur route), et obligera Dream à revoir son fils Orphée.
Odell Deefus n’est pas une lumière. Pas complètement
idiot non plus, juste un peu lent. Son mètre quatre vingt-dix attire toujours les regards, puis sa lenteur pousse souvent les gens à se moquer de lui. Ce qui peut se révéler une erreur car si
Odell est plutôt gentil, il peut aussi être dangereux quand il a acquis la certitude qu’on se moque de lui, ou qu’il est en danger. Il est en route vers le centre de recrutement de Callisto.
Maintenant que l’armée américaine manque de volontaires pour aller en Irak, plus besoin d’avoir un diplôme, et il faut bien que quelqu’un aille mettre fin aux agissements de « ces
enragés d’islamistes ». Alors pourquoi pas Odell. Malheureusement, sa voiture le lâche à quelques kilomètres du but, et il va demander de l’aide chez Dean Lowry, jeune homme paumé et
agressif. Il ne sait pas qu’il n’arrivera jamais au centre de recrutement et qu’une succession invraisemblable d’évènements fera de lui un dangereux terroriste aux yeux de l’opinion et de l’armée
américaine.
Avec
La saison des cendres de Ségur et Chevalier, la quête de l’oiseau du temps de Letendre et
Loisel est, à ma connaissance, la seule BD de fantasy qui propose un vrai projet complet, sans point faible, sans temps mort, sans album superflus venant diluer et pondre des
cases au seul prétexte qu’elles se vendent.
Avec Elagage de printemps le
lecteur découvre une nouvelle facette de son talent : la nouvelle. Un premier indice ne trompe pas : le recueil est préfacé par un des maîtres du genre, Marc Villard.
Un auteur qui n’est pas connu pour sa complaisance, et qui, sur son site, peut se montrer plutôt rude (même avec des auteurs que j’aime). Donc si Marc Villard préface, c’est que non seulement
c’est bon, mais également que c’est singulier. Et singulier cela l’est.
Mark Henshaw et
John Clanchysont deux australiens, du moins si on en croit ce qu’il y a écrit au dos du bouquin. Je m’attendais donc à un polar venu d’ailleurs, un ailleurs rarement représenté ici,
depuis que Rivages a cessé de traduire les Cliff Hardy de Peter Corris (ou qu’il a cessé d’en écrire ?). Première déception, impossible de savoir où se déroule
Si Dieu dort, le premier roman de la série consacrée au Lieutenant Glass. J’aurais tendance à penser que c’est aux US, mais il n’y a rien de plus de précisé.
Je ne lis en général jamais les essais car, souvent écrit avec les
pieds, ils m’ennuient généralement avant la fin de l’introduction. Quand j’arrive à vaincre ma somnolence, je tombe soit sur du jargon incompréhensible sans un énorme effort, soit sur un auteur
qui répète tout trois ou quatre fois pour être sur que je vais comprendre. Résultat, je m’emmerde, et je me précipite sur un polar.