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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 21:08

Comme indiqué dans la chronique précédente, Bibliosurf publie un dossier sur le polar nordique. Après l’interview de Gunnar Staalesen, c’est celui d’Arni Thorarinsson qui est en ligne. Je suis en train de réaliser celui de Jo Nesbo. A suivre donc.

Mais qui est Arni Thorarinsson ? C’est le nouvel auteur de polar islandais découvert par Métailié. Son héros récurrent est Einar, journaliste à Reykjavik. Dans Le temps de la sorcière, il est envoyé dans une petite annexe que son journal ouvre dans le nord de l’Islande, pour faire du journalisme de « proximité ». Travail passionnant qui consiste, entre autres, à poser la question du jour à cinq passants et à publier leurs réponses … Mais contre toute attente, cela va bouger. Tout d’abord avec la mort d’une femme d’une cinquantaine d’années, tombée d’un rafting lors d’une sortie cohésion de son entreprise. Sa mère qui s’ennuie dans une maison de retraite est persuadée qu’elle a été assassinée par son mari. Puis avec la disparition d’un lycéen, unanimement admiré et aimé, qui devait jouer le rôle principal dans une pièce amateur. Finalement le nord est plus vivant que prévu …

Beaucoup de bon, un peu de moins bon chez ce nouvel auteur islandais. Commençons par nous débarrasser du moins bon. On compare forcément avec Indridason. Et c’est là que le bât blesse. Thorarinsson n’évite pas certaines longueurs, maîtrise moins bien que son compatriote le rythme du récit, et n’arrive pas à rendre ses personnages aussi émouvants que ceux d’Indridason. Du coup, par moment, l’attention se relâche, et on n’est pas aussi touché.

Reste quand même beaucoup de bon, et de très bon même. Tout d’abord une autre vision de l’Islande, et ici de sa province. Une Islande qui souffre des problèmes actuels de toutes les sociétés occidentales (pertes des valeurs autres que le profit, individualisme de plus en plus forcené, racisme …), une Islande où la religion semble très présente (du moins c’est l’impression que je retire du roman), une Islande également où les discours politiques ressemblent comme deux gouttes d’eau … à ce que l’on peut entendre ici.

Malgré cette noirceur, et c’est là un autre très bon côté du roman : ni l’auteur ni Einar ne perdent le sens de l’humour. Il y a vraiment quelques dialogues et quelques scènes très drôles. Les relations d’Einar avec son rédacteur en chef qui veut du sensationnel sont très bien croquées, la question du jour offre quelques perles, et comme l’explique l’auteur dans l’interview cité plus haut, Einar peut se montrer sans pitié quand il s’agit de se moquer de lui-même. Donc, l’un dans l’autre, une belle découverte, malgré quelques réserves.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars scandinaves
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commentaires

keisha 04/12/2009 14:09


En même temps, l'Islande est peu peuplée... j'ai remarqué dans L'homme du lac le faible nombre d'hommes disparus dans la période marquée par les enquêteurs (5 à 8 en plus de dix ans)


Jean-Marc Laherrère 04/12/2009 16:39


Peu de monde, et, avant Indridason, l'impression que le polar ne pouvait pas concerner une île si petite, si peu peuplée, de gens aussi raisonnables ... Il semble que cela soit en train de changer.


olivier 04/12/2009 12:27


Parmi les auteurs Islandais déjà traduits en français, il y a aussi Jon Hallur Stefanson et un dénommé Olafur Haukur Simonarson dont le titre "le cadavre dans la voiture rouge", paru il y a une
dizaine d'années, vient d'être réédité.
Soit 4 auteurs traduits en plusieurs langues. ça commence à faire. "ça fait", si on considère que cette île n'est guère plus peuplée que la Corse.
Est-on en train d'assister à la naissance d'un phénomène littéraire d'ampleur mondiale (le polar Islandais) ???


Jean-Marc Laherrère 04/12/2009 13:55


le polar islandais est sans doute nouveau (J'ai vu une interview d'Indridason où il dit qu'il était presque seul quand il a commencé), mais je crois savoir qu'il y avait déjà une certaine tradition
littéraire, et en particulier, comme dans tous les pays scandinaves, une tradition de récits. Ce qui explique peut-être le succès rencontré quand on applique cet art du récit à une intrigue
policière.


keisha 04/12/2009 11:42


Oui, chef ! (*tremblements terrorisés dans la voix*)
Et en plus j'en ai envie, de lire ce livre! Vrai de vrai!


Jean-Marc Laherrère 04/12/2009 13:52


Ca ira, interro écrite dans deux semaines.


keisha 04/12/2009 10:19


Rouge gorge est sur mes étagères... depuis un an!


Jean-Marc Laherrère 04/12/2009 11:09


IL FAUT LIRE ROUGE-GORGE !!!!!!


olivier 04/12/2009 09:50


Je viens de passer une nuit blanche sur "le dresseur d'insectes" d'Arni Thorarinsson et il m'a bluffé. La dernière fois que j'ai été autant pris par un polar (au sens noble du terme) ça doit
remonter à Daniel Pennac. C'est dire...
Les gens ne peuvent s'empêcher de faire la comparaison avec Arnaldur et pourtant je pense qu'ils ne boxent pas dans la même catégorie. Arni me semble plus ancré dans l'actualité, la couleur de ses
récits est plus noire et moins couleur sépia que chez Arnaldur. On y voyage beaucoup moins entre passé et présent. Mais c'est vraiment de haute volée. Enfin je pense.
J'espère que dans le sillage de la locomotive Indridason, il (Eric Boury) traduira d'autres auteurs Islandais afin d'ouvrir un spectre plus large au polar Islandais qui devrait exploser. Pourvu que
les critiques s'abstiennent de comparaisons pas forcément pertinentes (au détriment des auteurs les moins médiatisés).
Ce qui fait la force des auteurs Islandais, c'est non pas le vedettariat, mais tout simplement l'attachement qu'ils portent à leur île. N'allez pas croire que je ne sois pas fan d'Arnaldur. C'est
lui le chef de file incopntesté. Mais vu son originalité, en faire une référence serait réducteur. Grâce à lui, c'est tout un genre littéraire qui peut être révélé. Enfin j'espère. Trop forts, ces
Islandais !


Jean-Marc Laherrère 04/12/2009 11:09


C'est vrai que c'est difficile d'échapper à la tentation de comparer, surtout quand il y a 2 auteurs seulement !
J'éviterai à l'avenir, d'autant plus que, c'est vrai, indridason et Thorarinson sont très différents.

Et de mon côté, j'ai de très loin préféré le dresseur d'insectes à ce premier roman traduit.


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