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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 21:00

De temps en temps, je quitte le noir, en général pour lire des bouquins recommandés ou prêtés par des copains. Le livre de Joe, de Jonathan Tropper a été une de mes rares incursions en blanche cette année. Je ne la regrette pas.

 

Le Joe en question a quitté Bush Falls juste après le lycée. Il étouffait dans l’atmosphère confinée de cette petite ville du Connecticut, et n’avait rien en commun avec son père et son frère aîné, deux fans de basket, membres et vedettes du club local. Il n’y a pas remis les pieds depuis 17 ans, mais il y est connu. Il a en effet écrit un best-seller, adapté au cinéma, où il décrit avec talent et une bonne dose de méchanceté ses misérables années de lycée. Le livre a fait de lui un homme riche, qui habite un bel appartement à Manhattan. Il en a également fait la personne la plus unanimement détestée de Bush Falls. Quand son père se retrouve à l’hôpital, victime d’une attaque cérébrale, il n’a pas le choix et doit y retourner, non sans une certaine inquiétude …

 

Le problème quand on lit beaucoup, c’est qu’il est souvent difficile, quand on découvre un nouveau bouquin, d’éviter de comparer à un autre qui nous a marqué. Et dès que je suis arrivé aux descriptions de Bush Falls, j’ai immédiatement pensé à un autre roman américain, qui m’avait enthousiasmé, Le seigneur des porcheries de Tristan Egolf.

 

Or, là où Le livre de Joe est une douce brise automnale qui apporte un parfum de plaisir et de nostalgie, Le seigneur des porcheries est un cyclone qui ne laisse rien d’intact derrière lui. Son attaque en règle d’une petite ville de province, ses habitants bien pensants, ses bigotes, ses petits secrets mesquins … est d’une puissance de style, d’évocation, d’une férocité époustouflantes. La comparaison fait donc paraître le roman de Tropper un peu … léger.

 

Ceci étant dit, c’est un très joli roman, qui se lit avec un grand plaisir, le sourire aux lèvres, ou la larme à l’œil. Les relations entre les personnages sont décrites d’une façon juste et sensible, qu’il s’agisse des très belles relations d’amitié, ou des relations familiales beaucoup plus difficiles. On trouve quelques scènes sont très bien troussées, en particulier celles où Joe se trouve en butte à l’hostilité de ses concitoyens, ou le désastreux dîner chez son frère. L’auteur réussit à faire sourire et à émouvoir … Tout cela est parfaitement fait. La description de la petite ville est assez juste, avec ce qu’il faut de méchanceté mais aussi de tendresse pour ses habitants.

 

Il faut donc lire Le livre de Joe pour se faire plaisir, Le seigneur des porcheries parce que c’est un chef d’œuvre.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Blanche
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commentaires

jeanjean 10/10/2007 11:38

... une suggestion : pourrais-tu créer des liens URS sur ton site, ce serait vraiment pratique...?

jeanjean 10/10/2007 11:34

je biens de découvrir ton site et je trouve vraiment réussi, bravo ! cette citation de crumley en accroche m'a tout de suite plu, il fait partie de mes auteurs favoris.
j'ai lu Le seigneur des porcheries il y a quelques années et j'ai vraiment été impressionné par la maitrise de l'auteur, sa langue et l'ampleur du récit. Un chef d'oeuvre méconnu,en effet. J'ai appris il y a quelque temps que Egolf avait terminé son roman chez Modiano. c'est sa fille qui l'avait rencontré à Paris, sans le sou semble t-il, et ramené chez elle. Par contre, je n'ai pas encore lu Jupons et violons, qu'il a écrit avant de se suicider. triste histoire.

Jean-Marc Laherrère 11/10/2007 09:45

Jupons et violons est moins impresionnant que le premier. Mais on y retrouve le talent d'Egolf pour décrire des situations qui tournent à la catastrophe totale, et ses personnages hors du commun.

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