Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 20:32

Deon Meyer n’est plus un nouveau venu. Le pic du Diable est le quatrième roman de cet auteur Sud Africain publié au Seuil. Son premier, Jusqu’au dernier, qui mettait en scène Matt Joubert, un flic que l’on croisera ensuite, portait déjà la marque de fabrique Deon Meyer : un grand sens de l’intrigue ; des personnages marqués, au bord de la rupture ; et un talent particulier pour mêler la petite histoire de ses personnages et la grande, celle de son pays, en pleine mutation post apartheid. Les soldats de l’aube confirmait son talent. L’âme du chasseur, qui mettait au premier plan l’extraordinaire personnage de Thobela Mpayipheli croisé dans le précédent roman arrivait à être encore meilleur que les deux premiers !

 

Revoici Thobela dans Le Pic du Diable. Ancien combattant de l’ANC, formé en URSS et en Allemagne de l’Est pendant la guerre froide, il s’est retrouvé d’un coup sans travail, sans utilité, et après l’épisode mouvementé de l’âme du chasseur, s’est installé comme fermier avec son fils adoptif. Quand celui-ci est tué par deux braqueurs, sa vie se vide de sens, et il décide de traquer ceux qui maltraitent les enfants. Il se remet à faire ce pour quoi il a été formé, et bien formé : tuer. Christine est call girl au Cap, elle se sent peu à peu piégée par un de ses clients, trafiquant de drogue, qui voudrait qu’elle abandonne tout pour lui. L’inspecteur Griessel de la police du Cap est en pleine chute libre. Alcoolique, il est jeté dehors par sa femme. Une dernière chance lui est offerte par son supérieur : trouver l’homme qui a déjà tué deux personnes impliquées dans des affaires de maltraitance d’enfants. Entre ces trois êtres blessés, commence une ronde de souffrance, de morts et de mensonges …

 

Tout d’abord, une question qui revient souvent quand on parle d’un roman reprenant un personnage récurrent : Oui, même si ce dernier ouvrage peut se lire indépendamment, il vaut vraiment mieux avoir lu le précédent pour bien comprendre Thobela.

 

Il en reste une autre (question) que l’on peut se poser depuis que l’on lit les romans de Deon Meyer : Pourquoi ses personnages nous marquent-ils tant ? Pourquoi s’attache t’on autant à eux ? Comment fait-il pour nous accrocher, dès les premières lignes, nous passionner pour une histoire, pour un destin ?

 

Certes on peut analyser l’intrigue, qui mêle les points de vue, contés de trois façons différentes, avec une précision d’horloger. On peut répéter que Deon Meyer est un maître es suspense, et qu’il est impossible de lâcher ses romans dans leurs dernières pages, menées tambour battant. On apprécie énormément la description d’une société en pleine mutation qui réussit, avec toutes les peines du monde, mais réussit quand même à sortir d’un système politique intenable. On aime sa façon de rendre les traumatismes de la période précédente, et ceux de gens qui découvrent, d’un coup, qu’ils vivaient dans un système inadmissible, et ce avec une immense humanité, et sans aucun manichéisme. On ressent l’amour de l’auteur pour sa ville, son pays, malgré ses peines, ses plaies et ses souffrances.

 

Mais au-delà de ces qualités qui feraient déjà de ses romans de très bons polars, pourquoi ceux de Deon Meyer sont-ils exceptionnels ? Qu’est-ce qui fait la différence ? Le talent ?

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars africains
commenter cet article

commentaires

rennette 01/12/2007 22:56

EXCEPTIONNEL ! c'est le mot...
je conseille dès que je le peux...

Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
  • Contact