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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 21:03

Un photographe détenteur d’un secret gênant tente d’échapper aux sbires de celui qu’il dérange en se réfugiant chez les SDF des Halles. Une gamine coincée entre une mère dépressive et un père abruti craque. Un flic fait l’erreur de revenir sur les lieux de sa jeunesse. Une traque se termine mal à Tanger, alors qu’une superbe arnaque se profile à Tijuana. Un privé recherche un chat, pour le compte d’un acteur de Robert Altman. Un flic dealer sombre … Entrée du Diable à Barbèsville rassemble onze nouvelles de Marc Villard, précédemment publiées dans différents recueils et revues.

 

Qu’ils soient flics ou voyous, bourreaux ou victimes, écrivains ou lecteurs, tous les personnages de Marcvillard-diable.jpg Villard sont l’essence même du roman noir, le roman de la rupture, le roman où les personnages basculent vers autre chose. Rupture avec la société, rupture avec les normes, rupture avec la raison, et bascule vers le meurtre, la folie, ou parfois, mais très rarement, le bonheur. Tous sont hantés, par leur passé, par un secret, par une dépendance … Il est rare que l’auteur leur offre une autre porte de sortie que la plongée vers un univers encore plus noir.

 

Mais ce n’est pas tout. Si chez certains écrivains l’intrigue, l’histoire, passe avant le style, il est d’une honteuse banalité (et d’ailleurs j’ai honte) de dire que Marc Villard est un des maîtres incontestable et incontesté de la nouvelle (tous styles confondus). Il aime la musique et elle le lui rend bien. Ses phrases chantent, swinguent, claquent, giflent, mordent, caressent, elles sont riff de cuivres de big band ou accord définitif de guitare saturée.

 

Il est presque impossible d’aimer les musiques du XX° siècle, sans aimer l’écriture de Villard. Comme le jazz, le blues, le rock, la salsa le rap … il fait court. Pas de symphonie, des chansons. En deux phrases on est dans l’action, dans l’ambiance, quelques pages plus tard tout est dit. Comme ces musiques, il fait une part importante au rythme. Comme elles, il parle directement au cœur, et aux tripes. Comme elles, il va à l’essentiel, et ne dilue pas.

 

Marc Villard / Entrée du Diable à Barbèsville (Rivages/Noir, 2008)

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

rotko 07/01/2009 08:34

oui, des personnages de romans noirs, et les photographies de derouineau confirment cette appartenance : êtres à la dérive, ombres esseulées parfois bourrelées de remords...
http://grain-de-sel.cultureforum.net/polars-f27/marc-villard-t4876.htm#100434

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