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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 21:09

Cela faisait trois ans que l’on n’avait plus de nouvelles de Félix Dutrey. Depuis qu’on l’avait laissé à la fin de Loin des humains. Le revoici, seul sur la péniche d’Elisa, en train de broyer du noir :

« Je pourrais rentrer un soir chez moi et, sans presque réfléchir, me tirer une balle dans la tête.» Ainsi commence Tu ne verras plus, le nouveau roman de Pascal Dessaint.

dessaint.jpgFélix a donc des envies de suicide. Le boulot lui permet, provisoirement d’y échapper : Un taxidermiste a été retrouvé mort dans son atelier, les yeux enlevés, remplacés par deux billes. Pendant ce temps, sa collègue Magali enquête sur ce qui ressemble fort à un canular qui a mal tourné : Une troupe d’indiens a attaqué le petit train touristique du centre ville toulousain. Bilan, un mort de crise cardiaque. Pour compléter le tableau, leur collègue Marc file du mauvais coton et ne semble pas pouvoir se démêler de ses problèmes personnels. Décidément, Toulouse n’est pas toujours la ville rose.

Après une incursion dans le centre et le nord de la France, Pascal Dessaint retrouve Toulouse et Félix. Tu ne verras plus est le troisième volet de ses enquêtes, après Mourir n’est peut-être pas la pire des choses, et Loin des humains. Un troisième volet assez différent des premiers. En effet, si l’on retrouve l’équipe de flics des précédents, le ton est différent. Après plusieurs ouvrages polyphoniques, retour à un récit à une seule voix, qui chez Pascal est la marque du cycle des Emile.

On retrouve d’autres similitudes avec cette série : Une intrigue plus relâchée, une balade à travers la ville, une mélancolie et une déprime plus présentes. L’histoire noyée sous des pluies diluviennes voit Félix de plus en plus désabusé, de plus en plus écoeuré par ses semblables prêts à tout pour gagner quelques sous de plus. Il doute, surtout de lui et de son utilité, mais jamais, jamais, ne laisse tomber un ami. C’est la caractéristique forte des personnages de Pascal Dessaint, ils placent l’amitié au dessus de tout. Félix ne fait pas exception.

Il finit quand même par aller au bout de son enquête, sans passion, en se demandant s’il ne ferait pas mieux, comme certains des personnages qu’il croise, de se battre, par tous les moyens, pour préserver ce qu’il reste de nature. Une façon pour Pascal Dessaint de parler de ses préoccupations, et de citer les auteurs qu’il aime, ces américains fous des grands espaces.

 « - Tu vois, moi, ce que j’aimerais, c’est que tu me laisses me noyer. » Ainsi se termine le roman. La boucle est bouclée. Embarquez vous dans cette balade (ballade ?) bluesy dans une Toulouse plus grise que rose.

Petit rappel pour les toulousains et leurs voisins. Pascal sera à Ombres Blanches le mercredi 2 avril à partir de 18h00 pour rencontrer ses lecteurs et dédicacer ses romans. J’aurai le plaisir d’animer la rencontre.

Pascal Dessaint / Tu ne verras plus (Rivages thriller, 2008)

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

Thom 21/03/2008 15:40

Je n'ai pas encore lu "Loin des humains", donc je vais attendre un peu pour celui-ci.

J'ai eu le plaisir de côtoyer Dessaint lors d'un festival du livre ("côtoyer" étant une expression polie pour dire que j'avais mal au crâne le lendemain). Un type presque aussi remarquable que ses bouquins, ce qui n'est pas peu dire.

A bientôt.

Jean-Marc Laherrère 21/03/2008 15:53


C'est vrai que le monde du polar est impitoyable, et particulièrement rude pour les cranes et les foies. Parfois les lendemains déchantent, mais les souvenirs restent ! Et Pascal est un digne
représentant de ce très beau monde.


olivier VERSTRAETE Radio Cité Vauban (RCV) 18/03/2008 22:02

tu ne verras plus
pascal dessaint
Rivages

La taxidermie n'est pas une allergie de la peau dû à un comportement haineux d'un chauffeur

de taxi excédé par sa journée et la lecture du rapport Attali. L'art de rendre vie à ce qui

est mort a ses émules et ses détracteurs. Pascal Dessaint, l'auteur de "Tu ne verras plus",

aux éditions Rivages dans la collections thriller nous invitent à ce monde du remplumage.

quatrième de couverture

Pascal Dessaint, ornithologue de fromation, poursuit son cycle Nature avec ce deuxième volet

en replongeant Felix Dutrey, un de ses personnages fétiches, flic décalé de la ville rose.

Ce nouvel opus attendu par les fondus de l'auteur ne décôit pas tant le style et l'univers

de Dessaint revient avec plaisir dès les premières pages. Il mène son histoire rocambolesque

non pas dans le déroulé de l'intrigue mais sur son point de départ : une attaque de train

touristique par de faux indiens et un taxidermiste trucidé. On se doute bien que l'auteur ne

va pas s'arrêter à cette résolution d'affaires policières. Il plonge le lecteur dans

l'univers des fétichistes animaliers et des dévinces qu'il engendre : naturalisme et trafic

d'animaux rares. En fin, en filigrane il y a ce rapport de l'homme à l'animal, de cet homme

qui est un loup pour les autres êtres vivants. Ne vous arrêtez surtout pas sur le titre à la

marc Lévi, bien moins réussi et inspiré que "Cruelles natures", "tu ne verras plus" va vous

en mettre plein les yeux.

Jean-Marc Laherrère 19/03/2008 09:12

Merci pour ce commentaire, qui appelle quelques corrections minimes :Pascal Dessaint est historien de formation, ornithologue par passion.Et pour ce qui est des cycles, si tenté qu'ils soient faciles à définir, c'est le 3° volet de la série Félix (après Mourir ... et Loin des humains). Pour ce qui est du cycle nature, plus difficile à définir tant la nature est toujours plus ou moins présente dans ses romans, ce serait le 4°, avec les trois de la série Félix et Cruelles natures.Cordialement.

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