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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 21:24

« Journaliste et critique musicale, Cathi Unsworth est arrivée en héritière de Robin Cook sur la scène du roman noir anglais. Au risque de se perdre a reçu les éloges de Ken Bruen, James Sallis et David Peace » Peut-on lire sur la quatrième de couverture. Hil de pute ! Comme on dit par chez moi, quel parrainage. Après ça, la dame a intérêt à assurer. Voyons ce qu’il en est …

A Londres, Diane, Barry, et leur patron Neil, éditent un magazine culturel d’avant-garde. Leur prochain numéro devrait faire date avec l’interview exclusif de Jon Jackson, toute nouvelle coqueluche du cinéma anglais que Diane et Barry connaissent de l’époque où il tournait les clips des groupes rock. A moins d’une semaine de la sortie de la revue, le corps du cinéaste est découvert atrocement torturé, d’une façon qui rappelle une des scènes de son film. La presse conservatrice se rue sur l’occasion pour stigmatiser la mauvaise influence d’un certain cinéma, les groupies se désolent, Neil flaire le scoop, et Diane et Barry tentent de noyer leur chagrin dans le travail. Ils ne savent pas qu’ils vont être happés par cette affaire et y laisser des plumes.

Et alors ? Cathi Unsworth est-elle digne de tant d’éloges ? Ne faisons pas trop languir le lecteur. Oui.

Cela pourrait être écrasant, il n’en est rien. Certes, je ne suis pas vraiment en ligne avec la référence à Robin Cook. Mais pour le reste, ses pairs ont bien raison de saluer son roman.

D’après la préface (de David Peace), elle connaissait bien Robin Cook et a longtemps été critique musicale et littéraire. Mais l’univers de son roman, bien que sombre, est quand même moins noir que celui du maître. Ce qui n’enlève rien à son talent.

Elle connaît parfaitement le milieu qu’elle décrit, sait l’évoquer avec une grande justesse, ce qu’il faut de lucidité et de méchanceté pour en pointer les défauts, mais également avec un amour et une humanité qui lui permettent d’éviter l’écueil, assez courant, de la charge aigrie. Cathi Unsworth n’est pas dupe, mais de toute évidence, elle aime ce qu’elle fait en tant que journaliste, les gens sur qui elle écrit, et cela se sent et nourrit son roman.

Son histoire est superbement construite, et ménage dans l’emballement final un suspense impeccable. Ses personnages, au bord de la folie (et c’est en cela qu’elle est la plus proche de Robin Cook) sonnent vrais, émeuvent, sans qu’elle tombe jamais dans la facilité, la caricature ou le cliché.

Elle réussit très bien le mélange harmonieux de la noirceur et l’humanité des grands du roman noir, et de l’efficacité du thriller. Ken Bruen, James Sallis et David Peace, entre autres, ne s’y sont pas trompés.

Cathi Unsworth / Au risque de se perdre  (The not knowing, 2005), Rivages noir (2008). Traduction de l’anglais par Karine Lalechère.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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