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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 22:46

La Terre dans quelques années (pas beaucoup). Une bombe sale vient d’exploser à San Francisco. Les trois premiers gamins étant parvenus au dernier niveau du jeu en réseau Dark Hostel se sont transformés en tueurs psychopathes. Devant le refus de leur venir en aide malgré leur terribles difficultés économiques, les kazakhs ont décidés de se suicider, entraînant une bonne partie de la population mondiale avec eux : Ils ont fait sauter leur centrale nucléaire la plus moderne. De leur côté, l’Inde et le Pakistan ont décidé de régler leur différents une bonne fois pour toute, à coup de missiles, nucléaires également. Dernière bonne nouvelle, la dernière mutation de la dernière fièvre hémorragique est particulièrement virulente, efficace, et mortelle.

Au même moment, à Lille, Kléber, prof de français communiste, grande gueule et esthète fait la rencontre de Sarah, lieutenant de gendarmerie. Ils décident de passer ensemble la fin du monde en musique, en compagnie de quelques amis et de nombreuses bouteilles.

La minute prescrite pour l’assaut est un roman que je recommande chaudement à ceux qui ne connaissent pas encore l’univers de Jérôme Leroy, et c’est pourtant un roman qui m’a un peu déçu. Cela peut sembler paradoxal, mais je vais m’expliquer.

On y retrouve tous ses goûts, dégoûts, ses coups de cœur et ses coups de gueule, sa vision très pessimiste d’un avenir qu’il annonce très noir et très court (malheureusement, le présent lui donne beaucoup trop souvent raison). On y trouve son style, ses envolées lyriques quand il parle de ce qu’il aime, ses coups de griffes impitoyables contre tous les cons … Il y écrit avec un enthousiasme communicatif que n'égale que sa méchanceté jubilatoire. Et l’enchaînement de catastrophes qui amènent la fin du monde est décrit de façon dramatiquement crédible.

Mais il se révèle décevant pour ceux qui le connaissent (trop ?) bien. Parce que c’est une chronique sans réelle progression dramatique (on n’a pas un instant le moindre doute, à la fin, il ne restera plus rien ni personne), qui tient donc par ses personnages, sa thématique, ses partis pris, et la façon de les mettre en avant.

Or la thématique est celle de ses romans et nouvelles précédents (que j’ai lu en grande partie), son personnage principal lui ressemble tellement qu’on est presque dans l’autofiction, et ses goûts et dégoûts sont exposés, jour après jour, avec la même recherche stylistique sur les différents blogs et sites auxquels il participe. Aucune surprise donc, pour quelqu’un qui le connaît un peu, Kléber aime les mêmes vins, les mêmes livres, la même musique, et a les mêmes convictions politiques que son créateur.

Kléber est Leroy, il dit et pense les mêmes choses (aux détails près), et comme je lis souvent du Leroy ici ou là, j’ai eu l’impression de relire quelque chose de connu. Dommage, et tant pis pour moi.

Jérôme Leroy / La minute prescrite pour l’assaut, Mille et une nuits (2008).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans SF - Fantastique et Fantasy
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commentaires

christophe fétat 19/10/2008 22:08

POur avoir lu bon nombre des textes de leroy je tombe d'accord sur le fait que pour ses lecteurs assidus la trame est cousue de fil blanc ou presque mais il n'en reste pas moins que l'on y trouve quelques clés sur ses références littéraires et musicales qui n'apparaissaient pas forcément de façon aussi limpides dans les précédents livres.

Jean-Marc Laherrère 19/10/2008 22:57


Il est d'ailleurs lui-même d'accord avec cette remarque. Et m'a dit qu'avec son nouveau roman à paraître à la série noire il passe à autre chose. Attendons donc.


Pierre 05/10/2008 08:12

Tu t'es trahi dans un précédent post, JML ! On sait maintenant que c'est pour gonfler la fréquentation du blog ;-)

Jean-Marc Laherrère 05/10/2008 22:35


Ention et damnafer ! Je suis démasqué.


M 03/10/2008 08:03

Mais pourquoi Sein?
C'est une bonne raison de lire le livre, de dévoiler ce mystère?

Jean-Marc Laherrère 03/10/2008 09:10


Merci Magali, je savais bien que quelqu'un poserai la questino ... c'est que Kléber, en plus de la littérature et du bon vin, aime aussi les belles femmes, et consomme le tout sans la moindre
modération.


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