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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 22:32

Fin XIX°, Paris. Un jeune viennois nommé Freud suit passionnément les cours ébouriffants du professeur Charcot. Il se rapproche du maître quand plusieurs personnes de son entourage sont assassinées de façon spectaculaire. La même mise en scène se répète d'un meurtre à l'autre. Avec ses amis Jacob et Rachel ils vont affronter ce qu'on n'appelle pas encore un tueur en série.

2008, Toulouse. Lors d'un congrès de psychanalyse fort médiatique, un participant très en vue est retrouvé assassiné. Anne, l'ex épouse d'Antoine Le Tellier est la première sur les lieux. Choquée par la scène, elle est encore plus secouée quand elle reçoit anonymement des carnets, écrits par un proche de Freud, qui décrivent les meurtres auxquels fut confronté le maître. Plus de 100 ans plus tard, l'histoire paraît se répéter ; Anne, Antoine et leur ami Sami Dayan vont affronter un nouveau tueur qui semble s'inspirer du passé.

Après Petits arrangements avec l'infâme, revoici Antoine Le Tellier, le psy beau gosse à la Porsche. Une suite dans le droit fil du premier épisode. Les amateurs de noir pur et dur vont reprocher une fois de plus à Patricia Parry d'être trop gentille avec ses personnages : Tous s'en sortent (sauf les méchants), sans de vrais dommages. Un peu de peur, pas de mal, et un happy end. Quand on est habitué aux Jack Taylor, Shugrue ou Harry Hole, il est vrai que le séduisant Antoine est un peu lisse : pas de bosses, jamais HS, souvent secoué ou inquiet, mais tout s’arrange toujours. Mais c’est comme ça, Patricia Parry n’est pas méchante et ne veut pas cabosser son Antoine !

Ceci dit, son talent est ailleurs. Dans sa façon de mêler passé et présent (comme dans l'épisode précédent), dans son sens de la construction et du rythme. Une fois de plus, difficile de refermer le bouquin une fois que l'on a attaqué le sprint final. Les allers-retours entre les deux époques fort bien maîtrisés donnent un excellent rythme au récit. De toute évidence, Patricia Parry a lu les grands maîtres de la littérature populaire (et en particulier les feuilletonistes), et a parfaitement compris et intégré leur technique imparable de récit : le héros est suspendu au bord de la falaise, ou horrifié devant le spectacle découvert en ouvrant la porte interdite et … on passe à autre chose laissant le lecteur dans un état de fébrilité avancé …

En prime on a aussi droit à une visite de la naissance de la psychanalyse qui est loin d'être inintéressante pour l'ignare moyen, moi par exemple. Et à la description sans complaisance, mais non sans humour, du petit (mais influent) monde de la psychanalyse et de la psychiatrie. Un milieu qui, sous la plume fort bien renseignée de l’auteur, ressemble à un beau nœud de serpents !

Patricia Parry / Cinq leçons sur le crime et l’hystérie, Seuil (2008).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

Patricia P 14/11/2008 19:07

Si l'on doit poser un diagnostic sur Antoine, je dirai que c'est un hystérique de compétition

Jean-Marc Laherrère 14/11/2008 19:59


Un avis des plus autorisés ! Merci maître.


keisha 11/11/2008 18:13

C'est bien ce qu'il me semblait, il est inclassable (fantasy ? science fiction ? littérature ? policier ?) tant pis je continue à le lire c'est déjanté au possible. en tout cas.
J'aime bien l'expression borderline. Harry Hole l'était-il ? Pour moi c'est un type bien.

Jean-Marc Laherrère 11/11/2008 21:51


Sans hésitation, Harry Hole, en permanence au bord du gouffre (alcool, violence, déprime, problèmes avec la hiérarchie ...) est l'archétype du personnage de polar borderline. Comme le Matt Scudder
du début, comme Jack Taylor, comme Harry Bosch, etc ... Et, bien entendu, c'est un type bien, très bien même.


keisha 11/11/2008 09:02

Je vais finir par ne plus oser venir sur ton blog ! ;-p
A chaque fois des auteurs qui semblent à lire absolument ... Tant pis, je dois faire baisser un peu ma PAL non polar. Euh, Jasper Fforde tu le ranges dans quoi ?

Jean-Marc Laherrère 11/11/2008 17:54


Si j'en crois les commentaires sur son blog, Patricia Parry et son Antoine ont pas mal de fans, surtout parmi les lectrices. C'est vrai que je préfère les héros un peu plus ... borderline, mais
Patricia a un vrai talent.

Quand à Jasper Fforde, je ne l'ai pas lu, du coup je ne sais pas où le le classer ...


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