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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 22:16

Sur la jetée de San Diego tout le monde aime bien Frankie Machianno, l’homme qui vend des appâts, organise des concours de pêche, a toujours un mot gentil et un conseil pour les clients. Quand il n’est pas dans sa boutique, Frankie vend du poisson, s’occupe du linge de table des restaurants ou loue des appartements. Il faut dire que Frankie a une ex femme, une fille qui va démarrer des études chères, et une maîtresse superbe mais habituée à un certain luxe.


Alors Frankie bosse. Jusqu’au jour où deux petites frappes viennent le voir, et lui proposent un petit boulot, pour 50 000 dollars. Frankie veut dire non, mais l’un des truands est le fils du boss de LA. Alors Frankie redevient Frankie Machine, une légende parmi les mafieux de la côte ouest. Un des tueurs les plus craints. Et bien entendu, ça dérape. Frankie est obligé de renoncer à sa vie tranquille, de se planquer, et d’enquêter pour comprendre qui, après tant d’années, peut bien vouloir sa peau.


« Il faut prendre son  temps, n’utiliser que la bonne dose d’épices requises, savourer chacune d’elles puis monter doucement le feu jusqu’à ébullition », déclare Frankie, homme méticuleux, soucieux du détail, aimant le travail bien fait. Cela pourrait s’appliquer à Don Winslow et à cet Hiver de Frankie Machine.


Autant le dire tout de suite, ce roman  n’a pas l’ampleur, l’ambition et la puissance de La griffe du chien. C’est « juste » un thriller parfaitement huilé, au style incisif, à l’action réglée au millimètre. Plutôt dans l’esprit de Mort et vie de Bobby Z.


« Juste », mais c’est déjà beaucoup. Parce que les pages tournent toutes seules, parce qu’on prend un immense plaisir à le lire, parce qu’on ne peut plus le lâcher une fois qu’on l’a ouvert. Ce qu’on ne peut certainement pas dire de tous les livres publiés à longueur d’année ! Les personnages sont justes, les va-et-vient entre présent et passé parfaitement dosés et agencés, les dialogues claquent, les scènes d’action sont impeccables, et la description du milieu mafieux, bien loin de tout folklore, est sans pitié.

De la belle ouvrage, parfaitement efficace. Pour un pur plaisir de lecture.

Don Winslow / L’hiver de Frankie Machine (The winter of Frankie Machine, 2006), Le Masque (2009), traduit de l’américain par Frank Reichert.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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commentaires

Sughrue 31/01/2009 18:48

C'est vrai que la traduction laisse à désirer. A de nombreuses reprises, le traducteur reprend la syntaxe anglaise pour formuler ces phrases en français (qui du coup ne respecte pas la syntaxe française). On peut parfois quasiment retrouver mot pour mot la phrase en anglais, ce qui est rarement bon signe. Plusieurs expressions sont aussi mal traduites. Je partage l'avis de François sur la partie centrale du livre qui à mon sens manque de rythme.

Jean-Marc Laherrère 01/02/2009 21:21


Pour les problèmes de traduction, il faudrait avoir l'avis d'Emmanuel Pailler, s'il passe par là, et s'il accepte de commenter le travail d'un collègue.


François 31/01/2009 14:28

Pas trop d’accord avec cet encensement…
Le début du livre est terriblement lent, mou et ennuyeux. Du simple remplissage qui n’apporte pas grand-chose pour la suite (pas même de l’épaisseur aux personnages) et il me semble que Winslow est capable de faire mieux que de faire « pisser la plume » comme d’autres font pisser la vigne !

La traduction est passablement nulle. Un seul exemple (mais on pourrait en citer tout au long du bouquin), début du chapitre 5 : « Appartements à louer, songe Frank, n’est qu’une périphrase polie pour hémorroïdes. Parce que c’est exactement ce que c’est : une cuisante douleur anale… » Je crois que je n’ai jamais vu pire comme façon de traduire la « notion » de « pain in the ass »… !!! Et je ne suis pas traducteur.

Cela dit... bravo pour ce blog qui est passionnant!!

Jean-Marc Laherrère 01/02/2009 21:19


Bon, on ne peut pas tous être d'accord.

Si je donne l'impression de l'encenser, c'est que j'ai mal écrit mon billet. J'ai trouvé que c'était un excellent divertissement, et j'aime bien, justement, ce début lent qui met en place le
personnage dans une fausse "normalité".

Quant aux problèmes de traduction, là c'est mon anglais qui est trop limité pour me permettre de les voir.


Sughrue 29/01/2009 15:31

Assez d'accord avec tout ça. J'aime beaucoup le début et la fin du roman. Deux réserves cependant à propos de l'histoire proprement dite :

(CEUX QUI N'ONT PAS LU LE LIVRE, PEUT-ÊTRE DEVRIEZ-VOUS VOUS ABSTENIR DE LIRE LA SUITE).

1/La scène ridicule et mal venue du pédophile. Au-delà du fait qu'elle n'est pas crédible une seconde, on dirait que l'auteur cherche à relativiser les meurtres de F. Machine par une violence plus abjecte. Et surtout, on a l'impression qu'il veut par cette scène nous forcer à nous rendre son personnage sympathique. Le (très bon) début du roman avait déjà rempli cette tâche, nul besoin de rajouter cette scène ad hoc et malsaine.

2/Le personnage de Donna, son rôle à la fin du livre. Pas besoin d'un tel retournement de situation. Le roman est sobre, l'intrigue simple, le tout soutenu pas le rythme de l'action - Frankie Machine est un homme d'action. On se croirait chez un de ces mauvais auteurs de polar (j'allais dire on se croirait chez H. Coben ou dans une moindre mesure chez M. Connelly) qui ont besoin de tels artifices (chez H. Coben, c'est une maladie, il y a un retournement de situation par page) pour masquer l'absence de matière, de sens ou la pauvreté du style.

Je me suis quand même fait plaisir à lire ce Frankie Machine. Je n'avais lu de cet auteur, et grâce à ce blog, que La Griffe du chien de cet auteur. Et quand on voit le travail, la rigueur et la puissance de feu dont est capable D. Winslow, on se dit juste que Frankie Machine aurait pu être encore meilleur.

Jean-Marc Laherrère 29/01/2009 15:38


Disons la scène du pédophile est là pour expliquer la dette du flic envers Frankie ...

Pour ce qui est de La griffe du chien, c'est quand même un roman à part dans la bibliographie de Winslow qui, jusque là, avait écrit des romans plutôt dans le style Frankie Machine, avec plus
d'humour et peut-être plus enlevés dans l'excellente série consacrée à neal Carey (reprise chez Folio).

En termes de puissance de feu et d'impact, la griffe du chien est vraiment à part dans son oeuvre !


Vincent 29/01/2009 11:09

D'accord avec toi, Jean-Marc, il resemble à "Mort et vie de Bobby Z", cet "Hiver de Frankie Machine", mais j'ai préféré le second, car plus violent et mieux maîtrisé que le premier, qui était très drôle, mais moins noir.

Jean-Marc Laherrère 29/01/2009 14:24


Effectivement, j'ai le souvenir (lointain), d'avoir beaucoup rigolé avec Bobby Z.


holden 27/01/2009 09:22

ah
hello à tous
les aventures de neal carey une tuerie
mon préféré, celuique tu lis, carey chez les rednecks
et les aventures de bobby z, un pur regal
à relire et à decouvrir

Jean-Marc Laherrère 27/01/2009 09:37


A tous les deux.

Oui, tout Neal Carey (repris si je ne m'abuses chez Folio Policier) est excellent. Je garde deux souvenirs qui sortent du lot de cette série : "Haut plus nas des hautes solitudes (ou quelque chose
comme ça), incursion chez les agités ruraux d'extrême droite, et "le grand toboggan" où il y a un personnage de pétasse (désolé, le mot manque d'élégance, mais c'est celui qui convient) à mourir de
rire.

Si j'ai fait plutôt référence à Bobby Z c'est pour la trame, d'un homme seul qui doit se sortir d'une situation a priori inextricable.


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