Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 21:09

Rivages poursuit, peu à peu, la réédition des romans de la série Martin Beck, de M. Sjöwall et P. Wahlöö, les deux précurseurs du polar scandinave. Ce qui permet à ceux, nombreux, qui ne les avaient jamais lus faute de les trouver, de combler cette lacune. Ce que je fais chaque fois que je trouve le temps (c'est-à-dire trop rarement). Mais j’ai une excuse, si j’en crois ce papier confondant.


L’homme qui partit en fumée présente la particularité d’extraire leur personnage principal de son environnement, autant géographique qu’humain.


Martin Beck profite de ses vacances en famille depuis moins de 24h00 quand il est rappelé d’urgence par son supérieur à Stockholm. Le ministère des affaires étrangères veut absolument Beck pour mener une enquête délicate. Le journaliste Alf Matsson a disparu à Budapest deux jours après son arrivée dans la ville où il devait faire un reportage. Depuis deux semaines, plus de nouvelles. Son journal, un torchon à scandales, menace de lancer une campagne comme il sait les faire si personne de s’occupe de l’affaire. Pour l’harmonie des relations entre les deux pays, le ministère préfère que cela fasse le moins de vagues possible. Il ne reste plus à Martin Beck qu’à partir enquêter officieusement, dans un pays dont il ne parle pas la langue, et sans l’appui de la police locale qui n’a pas été contactée … Une sinécure.


Cet épisode permet aux auteurs d’élargir la perspective et de décrire Budapest du point de vue du « touriste » qui s’émerveille, mais ne comprend pas forcément le fonctionnement de la société. En creux, comme dans les autres romans de la série, on assiste, dès ce milieu des années 60, à la mise à mal de ce qui était présenté comme le paradis social scandinave. Le tout avec une rigueur d’intrigue et une absence d’esbroufe dignes du maître du genre, j’ai nommé l’incontournable Ed McBain. Plus que recommandable donc, indispensable pour qui s’intéresse au polar en général, et au polar scandinave en particulier.


Un petit mot pour expliquer le mystère de la traduction. Au moment de la sortie des romans de M. Sjöwall et P. Wahlöö il n’y avait pas d’engouement particulier pour le roman policier scandinave, c’est le moins que l’on puisse dire. Les romans de la série Martin Beck ont donc été traduits … A partir de la traduction anglaise. Qui est donc revue, pour les rééditions de rivages, à partir des textes d’origine.

M. Sjöwall et P. Wahlöö / L’homme qui partit en fumée (Mannen some gick upp i rök, 1966), Rivages Noir (2008), traduit à partir de l’anglais par Michel Deutsch, revu à partir du suédois par Philippe Bouquet Julien Guérif.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands classiques
commenter cet article

commentaires

Faivre Anne-Marie 23/11/2009 18:09


à la lecture de la préface du Policier qui rit, il m'a semblé que les auteurs étaient un couple (mari et femme) dans la vie. Est-ce exact?


Jean-Marc Laherrère 23/11/2009 21:24


C'est exact. Ils étaient bien mari et femme dans la vie.


Fred 05/03/2009 10:37

La traduction depuis l'anglais se pratique toujours.
Sans doute moins souvent qu'à une certaine époque, mais par exemple "Monstrueux" de Natsuo Kirino (Seuil Thriller - 2008) a été traduit depuis la traduction anglaise de l'édition originale japonaise.
Le précédent roman de Kirino, "Out", avait pourtant été traduit du japonais...
Bizarre, bizarre...

Bon sinon, j'en profite pour écrire que je suis ce blog presque quotidiennement avec beaucoup de plaisir et qu'il me donne pas mal d'idées d'achat.
Monsieur Laherrère, sachez que mon portefeuille ne vous remercie pas !

Jean-Marc Laherrère 05/03/2009 14:28


Merci du commentaire, j'ignorai que cela se pratiquaait encore.

Et désolé pour votre portefeuille ...


Cathe 05/03/2009 08:48

J'ai lu plusieurs livres de Sjöwall et Wahlöö il y a longtemps, j'avais trouvé leurs livres très critiques sur la société suédoise. Et ce devait en effet être l'ancienne traduction.

Jean-Marc Laherrère 05/03/2009 09:40


Très critique effectivement, à une époque où existait encore, du moins ici, le mythe du paradis social scandinave. Mythe bien mis à mal depuis par la vague noire, de Nesbo à Mankell, en passant par
Joensuu et Indridason.


keisha 05/03/2009 08:40

Ta référence à Mc Bain me suffit : c'est à lire !!! Et dans une bonne traduction bien sûr.

Jean-Marc Laherrère 05/03/2009 09:39


Il ne faut pas trop jeter la pierre aux premières traductiosn, 10x18 avait au moins eu le flair et le mérite de faire connaître ces auteurs. Ceci dit, une fois de plus, rivages noir fait un superbe
boulot de mise à disposition des grands classiques un peu oubliés.


Dominique 05/03/2009 07:48

Est ce une pratique courante de traduire de l'anglais ? ,
je sais que par exemple la poésie chinoise a longtemps été traduite de l'anglais avant que la France dispose de sinologue à la hauteur mais c'est très très ancien.

Jean-Marc Laherrère 05/03/2009 09:37


Bonjour,

Non, et je doute que cela se pratique encore (je ne connais aucun exemple). Mais il faut voir que les premières traductions de ces romans datent d'une époque où, j'imagine, les traducteurs du
suédois n'étaient pas légion, et encore moins s'il s'agissait de traduire du polar ! Une époque bien révolue.


Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
  • Contact