Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 00:06

Chouette, un nouveau Gianrico Carofiglio, on va retrouver son avocat, Guido Guerrieri, déjà rencontré et . Raté. Le passé est une terre étrangère, comme les deux romans précédents, se déroule à Bari, mais l’auteur y change de personnage et de cap.

 

Giorgio prend son café dans un bar, intrigué par une femme qui le fixe. Elle finit par le rejoindre et lui dire son nom. Un nom qui projette Giorgio dans le passé, cette terre étrangère. En 1989, quand il était encore étudiant et qu’il fit la connaissance de Francesco. Un garçon fascinant, mystérieux, qui allait l’initier au monde du jeu, de l’escroquerie, de l’argent facile et de la manipulation. Un monde où les frontières entre ce qui est défendable et ce qui ne l’est pas deviennent de plus en plus floues. Un monde dans lequel Giorgio s’enfonce, perdant peu à peu ses repères …

 

Gianrico Carofiglio change donc de personnage et de style de récit mais fait preuve de la même empathie étonnante que dans les romans précédents. On est au plus près du ressenti du personnage qui coule, petit à petit, sans s’en rendre compte. On perçoit, en cours de lecture, qu’un malaise s’est installé, sans pouvoir dire avec certitude depuis quand il est là. On sent bien que le personnage court à la catastrophe, sans arriver à deviner de quelle catastrophe il s’agit.

Dans ce bijou de finesse, Carofiglio réussit à renouveler de façon très émouvante un des archétypes du roman noir : le récit d’une déchéance annoncée. Il confirme ainsi qu’il est un grand du roman noir, et pas seulement un grand du thriller judiciaire.

 

Gianrico Carofiglio / Le passé est une terre étrangère, (Il passato è una tierra straniera, 2004) Rivages Thriller (2009), traduit de l’italien par Odile Rousseau.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
commenter cet article

commentaires

Norbert 30/08/2013 01:50


Ah mon JM,


Je l'ai dans mes mains (ne t'inquiète pas, c'est bien noté pour la série Guido), et je salive d'avance de pouvoir le commencer !


Au fait, tu as lu "En attendant la vague" (si je me souviens bien du titre), le roman non-polar de Carofiglio que le Seuil a publié au mois de mai ?

Jean-Marc Laherrère 30/08/2013 07:52



Non, j'ai vu qu'il était sorti mais je ne l'ai pas lu. pas le temps de tout lire.



Olivier 06/11/2009 11:38


Je m’y prends un peu tard mais j’ajoute quand même mon commentaire pour les internautes qui, comme moi, passent en revue les anciens posts de ce blog en quête de nouveaux auteurs à découvrir.
Carofiglio est ma plus grande révélation littéraire de cette année. Que ce soit lorsqu’il met en scène Guido Guerrieri où quand il s’essaye au roman initiatique où plane l’ombre du « Demian » de
Thomas Mann, Carofiglio est formidable. Vraiment. A partir d’intrigues somme toute assez simples (un homme accusé à tort, une femme battue ou un adolescent qui se laisse déborder par sa jeunesse),
il parvient à tisser des récits subtils et à donner vie à des personnages profonds et attachants. L’écriture est limpide, le récit tenu tout en se permettant régulièrement quelques évasions par
rapport à l’intrigue principale pour apporter de l’épaisseur aux personnages. Ces livres m’ont apporté un vrai, grand plaisir de lecture. A lire ! A lire !


Jean-Marc Laherrère 06/11/2009 13:40


Nous sommes bien d'accord.


Hannibal le lecteur 11/04/2009 16:52

Ce roman noir est vraiment excellent.
Je viens de le terminer également. Ravi qu'il t'ai plu (le contraire m'aurait étonné).
Personnages magnifiques, style, intrigue, ... tout est là.
De quoi me donner envie de lire Les yeux fermés, que j'avais "raté", en attendant la suite, qui s'annonce énorme puisqu'à chaque fois c'est meilleur.
J'y suis également allé de mon petit billet sur mon blog.

Jean-Marc Laherrère 11/04/2009 19:44


Entièrement d'accord avec ton billet.


Dominique 11/04/2009 09:52

on a l'impression que le polar depuis quelque temps se transporte ein Italie, j'ai deux trois titres qui m'attendent
De très bonnes fêtes

Jean-Marc Laherrère 11/04/2009 15:23


Effectivement, le polar est très riche en Italie depuis quelques années, et nous avons la chance d'avoir des éditeurs qui savent le voir, et traduire.


Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
  • Contact