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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:59

Finalement, on n’est plus déconnecté nulle part … Voici donc, le second roman de Benoît Séverac qui, après s’être intéressé aux gallo-romains de la région de Saint-Gaudens dans Les chevelues fait un grand bond dans le temps, avec ce Rendez-vous au 10 avril.

 

Cela fait trois ans que la grande guerre est terminée, trois ans qu’il a des cauchemars toutes les nuits, des cauchemars qu’il tient plus ou moins à distance en s’abrutissant d’alcool et de morphine. Il est Inspecteur à Toulouse, et il est mal vu. Parce qu’il boit, parce qu’il ne respecte pas grand-chose, parce qu’il n’est pas de là, parce qu’il se fout des codes de la ville, parce qu’il ne craint plus rien. Sa peur, comme son âme, sont mortes quelque part dans les tranchées. Alors quand un suicide suspect est signalé dans le bastion très fermé qu’est l’école vétérinaire, contrairement à ses collègues qui ne veulent pas faire de vagues, il décide d’enquêter, quelque en soit le coût.

 

Préparez vous à une bonne plongée dans le noir bien profond. Noir comme le narrateur, complètement détruit par la guerre, qui tente de noyer des souvenirs insupportables de toutes les façons possibles, qui a perdu une bonne part de son humanité, et toutes ses illusions sur la nature humaine, et se demande jour après jour pourquoi il ne cherche pas le réconfort dans la mort.

 

Noir par l’évocation des séquelles de la guerre dans toute la société française. Chez les survivants fracassés, chez les autres, qui font preuve d’autant plus de patriotisme agressif et imbécile qu’ils n’ont aucune idée de ce qu’on vécu les poilus.

 

Noir comme la description sans complaisance de l’hypocrisie et de l’injustice de la bonne société toulousaine, qui écrase les pauvres et protège, à tout prix ses secrets et ses notables, même les plus dégueulasses.

 

Noir enfin par son intrigue qui ne fait aucune concession et va au bout de sa logique, sans pitié pour les personnages, ni pour le lecteur. Si on ajoute une belle écriture qui colle parfaitement à son sujet, on a, décidément, un très bon roman … noir.

 

J’aurai en mai le plaisir d’animer, dans le cadre des actions polars de Toulouse Polars du Sud, une rencontre avec Benoît Séverac et deux autres auteurs toulousains. J’en reparlerai ici même.

 

Benoît Séverac / Rendez-vous au 10 avril, TME/Noire d’histoire (2009).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

holden 17/04/2009 07:33

hello, c'est pas bête du tout....:)

holden 16/04/2009 07:28

bon bah, avec une critique pareil, y a ka, faut kon
mon banquier va venir sur votre blogg.....
a peluche

Jean-Marc Laherrère 16/04/2009 22:17


Une solution serait peut-être de le faire acheter à votre banquier, pour qu'il vous le prête ...


Pierre 15/04/2009 16:11

Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin...
Il faut que je me trouve ce bouquin, ,j'y retrouverai "ma pincée de tuiles" (même noires).
@+

Jean-Marc Laherrère 15/04/2009 22:25


C'est sûr que ces yuiles là ne sont pas très roses, et que l'église Saint Sernin n'apparaît guère ici ...


Dominique 15/04/2009 09:49

Ne connaissant pas cet auteur me voilà avec deux titres d'un coup, en tout cas ton billet est très attirant

Jean-Marc Laherrère 15/04/2009 22:24


Comme je l'écris ci-dessus à Magali, je n'ai pas été totalement convaincu par Les Chevelues, mais je suis un des rares grincheux, presque tous les lecteurs ont aimé. Ce dernier par contre, je le
conseille sans réserve.


M agali 15/04/2009 09:10

Certainement aussi bien écrit que "Les Chevelues", il ne peut en être autrement, et garanti par Jean-Marc encore plus noir?.... je prends!

Jean-Marc Laherrère 15/04/2009 22:23


Tu peux y aller. Sur les Chebelues, j'ai des réserves, on en a déjà discuté avec Benoît. Là, je suis 100% convaincu.


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