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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 17:04

Le résurrectionniste de James Bradley. Chouette, un auteur australien ! Et un sujet prometteur, je me précipite … Et je suis déçu. Explication :

 

Londres 1826. Gabriel Swift est depuis peu apprenti chez le chirurgien Poll, un des plus réputés de la ville. Il soigne le gratin londonien, et une foule vient assister à ses cours, durant lesquels il dissèque des cadavres pour essayer de comprendre le mystère de la vie et du fonctionnement du corps humain. Mais la célébrité a son revers … Pour trouver des corps à autopsier, il doit traiter avec les Résurrectionnistes, pilleurs de cimetières, trafiquants de corps, truands sinistres. Gabriel est souvent en contact avec eux, et avec leur chef, l'inquiétant Lucan. Perdu dans la capitale, exposé à ses tentations, Gabriel se laisse corrompre et finit par tomber sous la coupe de Lucan. Il entame alors un chemin qui le mènera à l’horreur et à la folie.

 

Voici donc un australien qui fait revivre le Londres gothique de Jack L'éventreur et du Docteur Jekyll. L'évocation est belle et puissante. Le sujet prometteur. Les brumes, les bouges, la misère, les cimetières, la lente descente aux enfers … Tout est là comme promis. Et pourtant …

 

Et pourtant, je n'ai pas réussi à m'intéresser à cette histoire. J’ai tardé à finir le roman, je ne sentais aucune impatience à le poursuivre (ce qui est un signe qui ne trompe pas).

 

L'auteur adopte le point de vue de Gabriel, souvent perdu dans les brumes de l'alcool et de l'opium. Un point de vue très distant. Trop pour moi. Je suis resté incapable de m'inquiéter pour le personnage, incapable de frémir quand j'aurais dû être horrifié, incapable de ressentir sa déchéance, incapable même de m’émouvoir aux descriptions d’une misère inhumaine.

 

L'auteur est un maître de l'ellipse, du sous-entendu, du non-dit. Il va rarement au bout des tensions qu'il crée, les désamorçant au moment où on s'y attend le moins. C’est très certainement voulu, et l’effet est sans aucun doute recherché. Mais le résultat est qu’il a également désamorcé mon intérêt.

 

Alors, un roman ambitieux raté de peu, ou un grand roman que je n'ai pas su lire ? Je suis curieux de lire d’autres avis.

 

James Bradley / Le résurrectionniste, (The ressurrectionist, 2007) Rivages Thriller (2009), traduit de l’anglais (Australie) par Benjamin et Julien Guérif.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars des antipodes
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commentaires

Guillome 28/02/2013 16:23


un roman réussi pour son ambiance. Côté histoire et personnages, ça grince un peu pour moi aussi.

Jean-Marc Laherrère 05/03/2013 22:50



je me souviens effectivement d'une ambiance réussie, mais d'une impression générale de raté.



Dominique 27/04/2009 07:12

j'ai peu de goût pour les romans gothics donc je passe

jeanjean 26/04/2009 22:21

tu me devances de quelques heures, je mettrai un papier en ligne demain, qui... ressemblera au tien. Charmé par la langue, mais une certaine distance comme tu dis, qui fait qu'on ne parvient à vraiment s'intéresser au sort du personnage.

Jean-Marc Laherrère 27/04/2009 14:52


J'attends ta chronique ...


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