Sur le web on ne lit que du bien sur Guillermo Arriaga, à juste titre. J’avais déjà beaucoup aimé la finesse de Un doux parfum de mort, et je ne lisais que des critiques enthousiastes de L’escadron guillotine. Grâce aux vacances, et au calme éditorial qui les accompagne, j’ai enfin pu le lire.
Au lendemain de la sanglante bataille de Torreon, Velasco, avocat, membre de la haute société mexicaine et inventeur doué, a une excellente idée. Vendre à Pancho Villa une guillotine améliorée par ses soins, qui devrait lui permettre de terroriser (encore plus) ses ennemis. La démonstration est un immense succès. Pancho Villa est enthousiaste. Tellement enthousiaste, qu'au lieu d'acheter l'engin, il offre à Velasco et ses deux aides un honneur … qui ne se refuse pas : Il les enrôle dans son armée. Ils seront l'escadron guillotine. Voilà donc ce pauvre Velasco mêlé à l'armée révolutionnaire, des gens qui ne sont même pas de son milieu ! Mais peu à peu, l'appel de l'Histoire …
Avec ces 150 pages d'un humour aussi noir que ravageur absolument délicieux Guillermo Arriaga montre qu’il est aussi à l’aise dans le roman historique (noir) que dans le polar tout court. Enfin délicieux, est-ce vraiment l'adjectif qui convient ?
Noir, très certainement, les têtes tombent, roulent, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Historique sans conteste possible, et fort instructif au demeurant. On y apprend beaucoup de chose, et on a la chance, grâce à Arriaga, d’assister à la rencontre entre les deux légendes de la révolution mexicaine, Pancho Villa et Emiliano Zapata. Très très mexicain également dans sa façon de rire de la mort.
Superbement écrit, ce qui, bien entendu, ne gâte rien, et surtout très drôle. Car oui, on ne peut que rire des déconvenues de ce pauvre Velasco, obligé de faire tomber les têtes de ses anciens condisciples, pour la plus grande joie de « rustres » qui sont devenus ses nouveaux compadres.
Un petit bijou de finesse, d’humour et de noirceur. A lire, vraiment.
Guillermo Arriaga / L’escadron guillotine, (Escuadrón guillotina, 1994) Points (2009), traduit de l’espagnol (Mexique) par François Gaudry.