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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 19:20

Fakirs d’Antonin Varenne. Voilà un bouquin qui fait son chemin sur les blogs littéraires. Alors forcément, j’étais intrigué.

 

Quelque part dans une forêt du Lot John Nichols, franco-américain, a quitté la compagnie des hommes pour vivre dans un tipi. Il va pourtant devoir aller à Paris reconnaître le corps de son ami Alan, junkie tatoué qui s’est suicidé dans une boite où il faisait un numéro de fakir. A Paris justement le Lieutenant Guérin, suivi comme son ombre par son stagiaire Lambert est haï de tout le 36 quai des orfèvres et a été mis au placard à s’occuper des suicides de la capitale. Les deux hommes vont se rencontrer, par hasard, et faire remonter à la surface de bien sales histoires.

 

Tout pour plaire ce Fakirs. A commencer par une galerie de personnages époustouflante, à la Fred Vargas, avec cette espèce de trappeur du Lot, un flic à la limite de la folie, un ex taulard pittoresque que John surnomme … Bunker.

 

Une comparaison qui agace sûrement Antonin Varenne, parce que, même s’il est publié par la même éditrice, son roman n’a par ailleurs rien à voir avec ceux de sa collègue. Parce qu’il amène ses personnages jusqu’au bout de leur logique macabre, jusqu’à la limite de leur folie, sans la moindre pitié pour ses lecteurs (contrairement à Fred Vargas, trop tendre, qui les épargne toujours).

 

Ce qui n’exclut pas l’humour, au travers de clins d’œil comme ce flic qui s’appelle Padovani, et ses suicidés étranges qui s’appellent JB Pouy, L. Biberfeld, S. Granotier ou M. Attia. Sa belle écriture cadre avec la folie du propos. Et l’intrigue étonnante, nous balade magistralement, pour nous mener par le bout du nez bien loin de là où on s’attendait à aller.

 

Alors, avec toutes ces qualités, je serais bien en peine de dire ce qui me manque, et d’où me vient ce sentiment de manque, cette impression d’être passé tout près d’un roman beaucoup plus fort … Sans savoir expliquer pourquoi, je ne suis pas aussi enthousiaste que je devrais l’être, objectivement, à la lecture de ce que je viens d’écrire. J’ai aimé, j’ai même beaucoup aimé par moments, mais j’aurais dû être bouleversé, et, mis à part à la toute fin où l’émotion arrive enfin, je suis resté un peu extérieur.

 

Etrange.

 

Antonin Varenne / Fakirs, Viviane Hamy (2009).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

alain terrier 02/08/2011 11:49



Chui un peu en retard mais vu que je lis les livres en poche ça prend un peu plus de temps!! je suis assez d'accord avec vous (comme souvent ?!!) car j'ai beaucoup apprécié la galerie de
personnages mais j'ai trouvé que l'ensemble manque un peu de liant et de fluidité...ça reste tout de même un style très intèressant et je vais lire le mur, le marin et le kabyle qui vient de
sortir car le potentiel est la!!!


A+



Jean-Marc Laherrère 02/08/2011 15:52



C'est vrai que c'est un style intéressant ... Mais pour l'instant je n'ai pas eu envie d'en lire d'autres.



rennette 30/01/2011 11:51



Je viens de le lire et suis bien contente de te lire à ce sujet... j'ai été ravie de trouver là une belle langue mais gênée par le manque de fluidité et parfois du "trop"  trop de mots pour
dire peu, trop de folies qui n'en sont pas en fait pour des gens de "tous les jours" entrainés dans une chienne de vie, ai pas du tout aimé les précisions raciales que j'ai trouvé au ras des
paquerettes et j'ai lu ca comme j'avais lu grangé comme un scénario... ambigu...  



Jean-Marc Laherrère 30/01/2011 20:03



Content aussi de me sentir moins seul. J'étais un des rares à avoir quelques réserves dans un consert de louanges unanimes. Merci.



Maïté 08/12/2009 08:53


Bonjour Jean-Marc,
j'ai lu ce week-end avec un ethousiasme grandissant "Fakir", puis je suis allée voir si tu en avais parlé. Je n'arrive pas à comprendre d'où vient ton sentiment de manque, parce que moi j'ai passé
le bouquin à me dire qu'est-ce que c'est bien, mais qu'est-ce que c'est bien! L'humour, la musicalité de certaines phrases, les dialogues avec le perroquet, les scènes de bravoure comme celle du
mec qui veut se suicider pont Alexandre III, ou toutes celles vers la fin concernant la descente dans le sud de Bunker et son chien Mesrine, puis leur installation dans le coin. Je ne sais pas si
l'auteur va garder son flic Guérin pour d'autres enquêtes mais je suis impatiente de connaître la suite de son travail.
Maïté.


Jean-Marc Laherrère 08/12/2009 09:33


Ben oui, je sais, il y a beaucoup de gens enthousiastes, et je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui m'a manqué.
Tant pis pour moi.


Armande 17/11/2009 23:02


J'ai lu comme Flora ce livre dans le cadre du prix Elle. Je l'ai trouvé intéressant mais pour mmoi, le style n'est pas toujours maîtrisé. Certes, les personnages (en particulier Bunker) sont
formidables mais certaines pages s'avèrent bien prétentieuses au niveau de l'expression, un peu trop accrocheuses pour moi. Parfois, trop de virtuosité affichée agace... un auteur à suivre pourtant
!


Jean-Marc Laherrère 17/11/2009 23:32


C'est peut-être ce trop de virtuosité qui a nuit à m'émotion.
C'est peut-être pour ça que je n'ai pas complètement accroché.


Flora 16/11/2009 22:38


Peu familière et sympathisante des polars, j'ai trouvé ici un fort bon livre, que j'ai trouvé bien écrit et fourmillant d'inventivité... Par contre je n'avais pas vu les clins d'oeil aux noms des
suicidés, bravo pour votre perspicacité !


Jean-Marc Laherrère 16/11/2009 23:54


Merci, mais pour un habitué du monde du polar c'était quand même plus facile.


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