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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 14:20

On ne peut pas dire que je m’y prenne dans l’ordre, mais je vais quand même y arriver. Après le choc de la Religion, j’étais curieux de lire les polars de Tim Willocks. Mais je m’y suis mal pris et je finis donc par Bad city, qui vient pourtant avant Les rois écarlates.

 

Une ville de Louisiane écrasée par la chaleur humide du mois d’août. Callilou, ex prostituée, camée, femme d’un pasteur télévangéliste s’est associée avec Luther, un ancien du Vietnam et quelques truands pour dévaliser la banque où son mari a des responsabilités. Elle s’apprête maintenant à doubler tous ses associés avec l’aide de Cicero Grimes, un psy complètement déjanté. Cicero est le frère de Luther, et il a juré de le tuer. Comme si les choses n’étaient pas assez compliquées, Clarence Seymour Jefferson, flic colossal, brillant, sadique et complètement allumé, est mis au courant par hasard et décide d’entrer dans la danse. Une danse mortelle qui ne peut s’achever que par un bain de sang.

 

La vache. Quand on est lecteur de polar, on a forcément vu son comptant de fous furieux, de sadiques, de flics immondes, de tueurs déjantés … Mais même comme ça, les personnages de Tim Willocks sortent vraiment du lot. A commencer par le personnage extraordinaire de Clarence Jefferson qui constitue un des méchants les plus réussis mais également des plus ambigus de la planète polar qui en compte pourtant quelques-uns.

 

Bad city blues est d’une noirceur, d’une folie, d’une violence rarement égalées. Et pourtant l’auteur réussit le miracle de ne jamais donner l’impression de faire du sensationnel, de racoler, d’en rajouter pour accrocher le voyeur. Il est impressionnant de voir comme il maîtrise ses personnages, sa narration et mène le lecteur par le bout du nez, l’amenant où il veut sans lui laisser jamais la possibilité de le lâcher ; comme il impose violence, folie et noirceur sans jamais rebuter. Du grand art.

 

Tim Willocks / Bad city blues, (Bad city blues, 1991) Points (2007), traduit de l’anglais par Elisabeth Peellaert.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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commentaires

Sergio 07/04/2010 12:53


Quel coup de poing dans la gueule! Je suis sorti complètement groggy. De la violence qui coule de source en fin de compte, des personnages d'une noirceur inégalée, une atmosphère étouffante,
irrespirable. Un très grand polar noir comme il y en a peu sur le marché. J'ai attendu 4 mois avant d'attaquer les rois écarlates qui a l'air de partir sur le même chemin.


Jean-Marc Laherrère 07/04/2010 17:40



Je confirme, le même chemin, attention les yeux !



Nicolas 28/02/2010 18:16


je me suis lancé !
(après avoir lu La Religion cet été)
ça commence fort ! tout en finesse...ça sent la sueur, le sang et le sperme, les personnages sont parfaitement improbables mais très attachants dans leurs excès respectifs !


Jean-Marc Laherrère 02/03/2010 16:42


Et ça continue comme ça.


K. 13/10/2009 11:35


Je viens de finir - ou plutôt dévorer - "La religion", génial, et je n'ai qu'une hâte, filer à la librairie pour acheter "Bad city blues" !!!


Jean-Marc Laherrère 13/10/2009 14:03


C'est l'ami holden qui va être content. Bonne suite dans la découverte de Tim Willocks.


Aurore 26/09/2009 19:30


Ah ça me tente!! En plus, j'aime bien cette petite collection! Je note, je note, Willocks me parle..!


Jean-Marc Laherrère 26/09/2009 23:20


Attention, quand Willocks parle, ce n'est pas un chuchotement !


Coriolano 22/09/2009 15:25


Pas lu mais je suis sur La Religion actuellement et un petit mot sur la violence. Perso je trouve qu'il en fait un peu trop. Ça ne me choque pas et je comprend l'intention (demontrer l'horreur, le
potentiel destructeur de l'être humain....) mais je trouve qu'il en fait trop et qu'au final ca gâche un peu l'effet. Sur 850 pages, les descriptions de carnage deviennent un peu repetitive et la
pour moi on est dans le mieux qui est l'ennemi du bien. En dehors de ce bémol, le roman est fantastique a tout point de vue (style, histoire, personnage....)


Jean-Marc Laherrère 22/09/2009 15:49


Je comprends cette réaction. Et pour être tout à fait franc, j'ai même été étonné de ne pas l'avoir eu. Du moins a posteriori, car tant que j'étais dedans je ne me suis posé aucune question.


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