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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 22:23

Certaines notes ici, ont peut-être pu faire découvrir un auteur, un roman, un univers. Celle-ci est absolument inutile. Sans aucun doute la plus inutile de toutes celles que j’ai pu écrire. Car franchement, qui va découvrir, sur actu du noir, que Fred Vargas vient de publier un nouveau roman, et qu’il s’appelle L’armée furieuse ? Personne. Est-ce une raison pour ne rien publier ? Certes non, après tout, qui a dit qu’il ne fallait faire que des choses utiles ?

 

VargasPar cet été caniculaire Valentine Vendermot, petite femme si frêle et discrète qu'elle semble sur le point de s'envoler, vient trouver Adamsberg. Dans sa campagne normande des drames se préparent. Sa fille Lena a vu passer l'Armée Furieuse, toute sa famille est en danger. Adamsberg ne comprend rien, mais l'érudition de Danglard vient un fois de plus à son secours : Une vieille légende du Moyen-âge que cette Armée Furieuse ; armée de damnés parmi lesquels celui, ou celle, qui a été choisi "voit" également des vivants. Des vivants qui mourront dans les jours à venir, en punition de leurs pêchers. Et si Lena a reconnu trois des prochaines victimes, elle n'a pas pu identifier la quatrième ce qui met tout le village en émoi, et risque d'attirer la colère et la vengeance sur la famille Vendermot.

 

Adamsberg n'a aucune envie d'aller fouiller dans ces vieilles croyances, d’autant plus qu’il veut trouver quel est l’enfant de Marie qui a attaché les deux pattes d’un pigeon pour le faire mourir à petit feu, qu’il vient de résoudre un meurtre commis avec des miettes de pain, et qu’un grand patron d’industrie est mort dans l’incendie de la belle et grosse voiture.

 

Mais voilà, ses méthodes peu orthodoxes et sa façon de refuser des évidences un peu trop … évidentes dans l’affaire de l’incendie le mettent en danger à Paris. Et le voilà donc parti pour Ordebec, petit bourg normand, pour affronter la Grande Chasse du Seigneur Hellequin, ainsi que quelques haines, mesquineries et vengeances qui, elles, n'ont rien de surnaturel. Sans oublier de s’occuper du pigeon et de l’incendie parisien …

 

Les romans de Fred Vargas sont comme les grands crus. Il n’y en a jamais de mauvais, ils sont toujours bons, et certaines années excellents. L’armée furieuse est une grande année, une des meilleures. On y retrouve tout ce qu'on aime chez elle.

 

Des personnages inimitables, comme la famille Vendermot ou la vieille Leo ; une écriture poétique, légère et imagée ; une intrigue pleine d’étrangetés et en même temps totalement cohérente ; des dialogues savoureux ; une érudition jamais pesante qui est là, posée comme une évidence ; le plaisir de revoir Adamsberg et ses errances, l’encyclopédique Danglard, Veyrenc et ses alexandrins, l’impressionnante Retancourt et les autres … Bref du pur plaisir.

 

Mais pas seulement. Car, comme toujours, sous le vernis faussement rassurant et le style léger, c’est une nature humaine pas franchement engageante qu’elle nous dépeint, avec ses rancœurs, ses petites mesquineries qui peuvent se muer en grosses saloperies, sa tyrannie des forts sur les faibles, sa justice (ou devrait-on dire son injustice ?) de classe (et oui, ça aussi) …

 

Alors certes, comme toujours, ça finit bien, ou à peu près bien, mais pas avant d'avoir soulevé quelques bien vilains voiles et non sans laisser une certaine amertume. Comme toujours, on referme le livre désolés de l’avoir lu aussi rapidement et déjà impatient d’ouvrir le prochain.

 

Fred Vargas / L’armée furieuse, Viviane Hamy (2011).

 

Pour en savoir plus sur cette fameuse Armée Furieuse, j’ai fait ce que l’auteur conseille à la fin de son roman, j’ai cherché sur gougueule. J’ai trouvé ça, vous en trouverez certainement d’autres.

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commentaires

yueyin 08/09/2011 21:05



"Comme toujours, on referme le livre désolés de l’avoir lu aussi rapidement et déjà impatient d’ouvrir le prochain" Voilà c'est exactement ça, j'ai retrouvé la poésie des intrigues de
Vargas avec le même plaisir et la même boulimie mais c'est allé trop vite... un très bon cru à mon sens aussi :-)



Jean-Marc Laherrère 08/09/2011 21:20



En espérant qu'on n'attendra pas trop longtemps le prochain ...



La Feuille 24/06/2011 11:42



J'ai bien vu que ce billet était paru depuis plusieurs jours, mais il se trouve que j'avais entre les mains un livre intitulé l'armée furieuse et que je voulais le terminer avant d'avoir l'avis
du maître de ces lieux bien famés. Le livre terminé, rangé sur l'étagère avec les autres, je me décide enfin à lire la chronique qui lui est consacré.... et je ressens une profonde satisfaction
car je suis entièrement d'accord avec ce qui est dit ! Moi non plus je ne me lasse pas de Vargas et de son Adamsberg de malheur... Grand cru effectivement... un plaisir presque aussi grand que
celui éprouvé avec "Pars vite et reviens tard"... C'est vrai que je reverrai bien, au détour des pages, et même comme personnages secondaires, son irrésistible trio des premières histoires...
Jouer avec deux enquêteurs différents et complémentaires un peu comme l'a fait Hillerman sur l'ensemble de ses romans...


Je vais par contre pouvoir lire les billets plus récents car je n'ai pas les livres dans ma pile d'attente !


 


Bonne continuation



Jean-Marc Laherrère 24/06/2011 15:23



Ouf ! Je commençais à croire que j'étais le seul à avoir été enthousiaste ... Même si autour de moi les copains étaient eux aussi très contents.


En ce moment j'ai un peu de mal à suivre le rythme habituel, mais ça va revenir.


A bientôt.



maclure 19/06/2011 20:46



D'accord avec le commentaire précédent , je serai même plus virulent. Je viens de lire "dans les bois éternels" je trouve que c'est un peu n'importe quoi , ce n'est plus du polar , cela devient
du fantastique.Et je trouve que Vargas fait un peu dans la caricature. Adamsberg avec les vieux normands , ça prête un peu à rire..c'est vraiment la campagne 'folklorique", manque plus que les
sabots.Par contre j'ai découvert avec ce site Marcus Malte , très bien et quelle écriture!Dernière chose, je ne me lasse pas de Dortmunter, au moins avec lui on rit mais c'est voulu!



Jean-Marc Laherrère 21/06/2011 09:24



Bon visiblement le dernier Vargas divise. Il y a ceux qui adorent (comme moi) et ceux qui sont très déçus (comme les auteurs des deux derniers commentaires) ...



Tarpon 14/06/2011 16:04



Eh bien moi je ne suis pas d'accord... Tant pis si je déboulonne la statue. J'aime énormément Vargas, la lecture de ses romans a été un des plus grands plaisirs éprouvés ces dix dernières années
: ah! la hâte de s'y replonger, la détresse à la fin... Mais je ne marche plus. Je trouve que son univers se fige, malgré l'introduction de nouveaux personnages. Il y a un air de déjà vu, ça
devient du procédé : depuis trois romans, je repère le meurtrier très vite, et pour L'Armée furieuse je l'ai identifié dès qu'il apparaît, ben oui, c'est toujours le même procédé (je n'en dis pas
plus pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui ne trouveront pas, quand même!) ; et puis toujours ces personnages "pittoresques", là encore, toujours avec la même façon de faire, et des dialogues
qui m'ont moins emballée que d'habitude... Enfin, je l'avoue, je me lasse un peu du côté "travaillons sur les grandes peurs de l'humanité, les vampires, la peste, la chasse fantôme", mais là
j'admets que c'est juste moi qui me lasse, car c'est tout à fait cohérent par rapport à ce que veut faire Vargas. Bref, je le dis tout de go, et en en pleurant presque de rage : je commence à
m'ennuyer sec avec Vargas. Mais bon, être déçue et s'ennuyer avec Vargas, ça reste mille fois mieux que de supporter un truc super médiocre (non, je ne nommerai personne). Parce que reste
l'écriture de Vargas, quand même. Dernière chose : même si je comprends son attachement à Adamsberg (que j'adore aussi), qui correspond à ce qu'aiment les lecteurs, j'avoue que j'aurais bien fait
un autre tour avec les trois évangélistes et les autres énergumènes de Vargas, parce que c'était chouette aussi (et plus noir).



Jean-Marc Laherrère 14/06/2011 16:35



Effectivement, c'est du Vargas 100 %, alors je comprends qu'on puisse se lasser. Il se trouve que, comme Dortmunder ou Parker, Adamsberg ne me lasse jamais ...


Mais j'aimerais moi auussi retrouver les évangélistes.



Pierre FAVEROLLE 14/06/2011 14:47



Salut Jean Marc, Evidemment, je vais le lire cet été ... tranquillement sur la plage ! Une lecture pour un repos bien mérité ! A +



Jean-Marc Laherrère 14/06/2011 16:33



Bonne lecture à la plage.



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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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