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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 14:34

Une curiosité chez Rivages : Un polar romain écrit par un anglais. Avec un titre étrange Kompromat (mais ça c’est dû à la traduction). L’anglais s’appelle Conor Fitzgerald.

 

FitzgeraldAlec Blume, commissaire à Rome, est un flic atypique. Pour commencer, il est américain mais à 17 ans, est resté en Italie où il se trouvait depuis trois ans quand ses parents ont été assassinés. Ensuite, même s'il parle parfaitement la langue, il ne s'est jamais acclimaté au petit jeu des échanges de faveurs, ni aux contacts plus ou moins légaux avec la pègre locale.

 

Malgré cela il se trouve responsable de l'enquête sur le meurtre du mari d'une sénatrice. L'homme a été sauvagement lardé de coups de couteaux chez lui. Très rapidement la veuve fait jouer ses contacts et Alec se trouve balloté d'un côté à l'autre, envoyé de façon plus ou moins autoritaire vers telle piste, bloqué d'un autre côté. Fidèle à son manque de tact et à son incorruptibilité, il entend bien, envers et contre tous, mener l'enquête à sa façon.

 

Nous sommes en Italie, aucun doute là-dessus. Rome, ses beautés. La classe politique italienne, les liens inextricable avec le crime organisé, la compromission inévitable d'une partie de la police, l'obligation de composer avec les parrains les plus puissants. La cuisine italienne, la circulation romaine …

 

Et c'est un auteur anglais, pas de doute non plus dans cette façon d'écrire un procédural, à la Harvey ou Hurley.

 

L'ensemble est cohérent, convainquant, intéressant. Les personnages sont crédibles et la compromission, qui donne son titre au roman est particulièrement bien rendue. Sorte de jeu de dupe, ni réelle corruption ni honnêteté totale, système complexe de services rendus, parfois presque à l’insu de celui qui les reçoit, mais qui fait que tous côté crime, politique ou justice savent un peu trop de choses sur tous les autres pour qu’aucun ne puisse se risquer à tout rendre public.

 

C'est donc un très bon bouquin et je suivrai la suite avec intérêt. Qu’est ce qui fait que ce n’est pas un roman génial, de ceux qui font applaudir des deux mains et qu’on a envie de conseiller à tous ceux que l’on croise ? Impossible de le dire. Mais peut-être cela viendra-t-il, peu à peu, en connaissant mieux les personnages, en les voyant vivre et évoluer. Attendons.

 

Conor Fitzgerald / Kompromat (The dogs of Rome, 2009), Rivages/Thriller (2011), traduit de l’anglais par Isabelle Maillet.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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commentaires

M 30/10/2011 16:29



Je m'en doute. Mais enfin, un mot russe comme titre de polar écrit par un Anglais qui a pour cadre Rome, ça déboussole.



Jean-Marc Laherrère 31/10/2011 16:26



Certes.



M 30/10/2011 15:02



Par quelle aberration "The dogs of Rome", que 80 pour cent des Français peut comprendre en V.O et associer à l'Italie, devient-il un titre qui évoquerait plutôt les pays de l'Est? Les voies
éditoriales comme celles de Dieu ont beau être insondables, celles-là me semblent guider par un GPS qui a perdu totalement le Nord.... :-))



Jean-Marc Laherrère 30/10/2011 16:06



Kompromat est aussi un mot, et une notion, centrales dans le roman. Donc le choix n'est pas non plus absurde.



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