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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 23:12

Après le magnifique et éprouvant Les derniers jours d’un homme, Pascal Dessaint avait sans doute besoin d’espace, d’air pur et d’un peu de détente. Il a trouvé tout cela avec Le bal des frelons. Mais attention, l’air pur peut se révéler vicié, et la détente être un poil grinçante …

 

Dessaint

Un village paisible au pied de la montagne ariégeoise. Il y a là Michel, le maire, pas toujours très net ; Maxime l’apiculteur ; Antonin le retraité (ancien maton) ; Rémi, un peu « bizarre » qui parle à ses deux poules et à son amie, morte depuis quelques temps ; Coralie, la secrétaire du maire, vieille fille qui voudrait mais n’ose pas ; Martine l’épouse d’Antonin. Il y a aussi des frelons asiatiques, un ours, un hérisson, les abeilles, les poules de Rémi … Un village paisible donc. En apparence. Car comme ailleurs pouvoir, argent et sexe mènent la danse. Un danse mortelle.

 

Retour dans le sud-ouest donc pour Pascal Dessaint. Mais pas encore à Toulouse. Comme pour son Poulpe, il plante sa plume dans les montagnes ariégeoises. Avec délectation, humour et une bonne dose de méchanceté (pas toujours) tendre. Une vraie hécatombe que ce bal des frelons, et les frelons en question ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Un roman choral comme il les aime, parfaitement maîtrisé, grinçant et réjouissant.

 

L’occasion aussi de râler, une fois encore, contre les quatrièmes de couverture. Il y est dit que cette « farce drôle et cruelle » (ça c’est vrai), « rappelle Siniac » (pas mal trouvé) « ou le Charles Williams de Fantasia chez les ploucs ». Là, deux hypothèses. Soit je n’ai rien compris au roman, soit celui (ou celle) qui a pondu cette comparaison n’est pas allé plus loin que le titre du roman de Charles Williams. Ce n’est pas parce que Le bal des frelons se déroule effectivement « chez les ploucs » et qu’il s’y passe de drôles de choses que les deux romans ont un rapport ! Car ils n’en ont aucun.

 

Fantasia est très drôle, on y éclate de rire sans restriction, il tire son humour du regard décalé du narrateur (un enfant qui ne comprend pas forcément tout) et utilise toutes les ressources du quiproquo et du burlesque. Toujours drôle, jamais grinçant ou pessimiste, on est dans le registre de la grosse farce (grosse mais subtilement amenée) et ça marche. Si on voulait absolument trouver une analogie américaine à ce bal ariégeois, c’est plutôt du côté de l’humour très noir et de la vision pessimiste de la nature humaine de 1275 âmes qu’il faudrait aller chercher (même si la structure narrative n’a rien à voir).

 

Ceci dit, je râle, mais cela n’enlève rien au roman. Après tout, être comparé à Pierre Siniac et Jim Thompson, il y a pire, surtout quand on tient le choc de la comparaison.

 

Pascal Dessaint sera à Ombres Blanches samedi 12 à partir de 18h00 pour rencontrer ses lecteurs.

 

Pascal Dessaint / Le bal des frelons, Rivages/Thriller (2011).

 

PS. Si vous n’avez pas de nouvelles pendant quelques jours, ne vous inquiétez pas, je ne vous abandonne pas, je suis juste plongé dans le pavé de février, les presque 800 pages du dernier Jo Nesbo.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

Yan 01/08/2011 20:22



Salut Jean-Marc. Je viens enfin de le lire et, ma chronique rédigée, je viens voir ce qu'en ont pensé les autres. Je suis d'accord avec toi : cela rappelle pas mal Thompson. Mais aussi, à mon
avis, Williams. Et là où je suis encore d'accord avec toi, c'est que ce roman n'a rien à voir avec Fantasia chez les ploucs. Plutôt, pour le côté manipulation avec La mare
aux diams, ou, pour les tensions sexuelles et l'arrière fond rural avec La fille des collines.



Jean-Marc Laherrère 02/08/2011 00:07



On est donc, encore d'accord. Avec l'autre Yann, de Moisson Noire aussi. Les gens vont finir par croire qu'il n'y a qu'un bloggeur qui s'amuse à écrire à trois endroits différents ...



holden 09/02/2011 12:12



ah stephen Hunter, je croyais etre le seul à connaitre :)



Jean-Marc Laherrère 09/02/2011 12:30



Et non !



holden 09/02/2011 12:11



bah oui


 


c'est surtout un p......n de bon livre


moi je le verrai en hardboiles cmme adrain mckintty, mais bon,



Jean-Marc Laherrère 09/02/2011 12:30



McKintty, ou certains Harry Bosch (le prénom n'est sans doute pas un hasard).



holden 09/02/2011 11:55



oh les gas calmos, vousl isez un trhiller, ca va nuire à votre intelect



Jean-Marc Laherrère 09/02/2011 12:09



Non, non, je ne lis pas un thriller, je lis un roman de Jo Nesbo, comme parfois je lis ceux de Connolly ... Et même de Hunter, ou de Ayerdhal ...


Et rien que faire râler les amateurs, je crois bien que je commencerai pas chronique par "Ceci est bien plus qu'un thriller !".



holden 09/02/2011 11:53



non ! ! ! !mi je fé des chroniques (ta reum) enfaim des petits truc, j'ai pas assais de vocabulairessssssssssssss


mais par contre j'ai mis le nom du coupable


muahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh



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