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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 23:09

On vient à peine de découvrir Edyr Augusto avec Belém, et hop, tout de suite, un autre. Il s’appelle Moscow. Il est court mais très serré. Noir et sans sucre (comme écrivait Emmanuelle Urien).

 

Augusto

Moscow est une île au large de Belém. Autrefois lieu de villégiature de la classe aisée, voire très aisée de la grande ville, depuis qu’un pont relie l’île au continent tout le monde vient y passer les week-ends et les vacances. Tinho et ses potes, Dinho, Quico et Brown vivent là pendant toutes les vacances. Ils vivent la nuit, violent et volent les couples de jeunes trouvés seuls, braquent les maisons sans surveillance (quitte à tuer les habitants qui ont le malheur de s’y trouver) … Bref rien ne les arrête dans leur exigence de plaisir immédiat.


Attention texte dérangeant. On n’est pas ici dans le Brésil du Futbol et du Corazão. Ni de la bossa ou de la samba. On est dans un univers proche du terrifiant O matador de Patricia Melo, ou du non moins terrifiant Pixote.


Texte dérangeant parce qu’il nous place dans la tête de Tinho, jeune homme qui ne vit que pour et au travers de ses pulsions. Il veut une chose, il la prend. Aucune limite, aucun sens moral. Lui et ses copains ne sont que pulsions et désirs, à assouvir sans délai, et sans qu’aucune considération puisse faire obstacle à leurs envies. Aucune construction morale ne les freine, aucun référentiel de valeurs pour s’opposer au désir brut.


Texte dérangeant parce que tout cela est raconté à plat, complètement à plat, sans effet, au travers des pensées du protagoniste. Aucun remord, aucun sentiment d’horreur, juste la rage si un de ses potes est victime de ce que lui fait subir aux autres.


Sur cette île baignée de soleil c’est glaçant. Et très bien fait : En quelques dizaines de pages tout est dit, très bien dit, on a pris le seau d’eau froide en pleine figure. Mais ce n’est peut-être pas à mettre entre toutes les mains …


Edyr Augusto / Moscow (Moscow, 2001), Asphalte (2014), traduit du portugais (Brésil) par Diniz Galhos.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars latino-américains
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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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