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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 23:17

Comme prévu, on n’est pas encore morts, tout va mal mais la cave est pleine (prête pour les fêtes) et voilà l’heure des traditionnels bilans. En me retournant, je m’aperçois que si l’année 2012 a été riches en excellents romans, j’en retiens quand même un peu moins que d’habitude, surtout chez les français. Alors quoi, fléchissement après une année 2011 exceptionnelle ? Résultat de la gueule de bois post éviction du nain hystérique de l’Elysée ? Ou lassitude du chroniqueur ? Je vous laisse juges, c’est parti.


Chez les français donc, quelques confirmations sans surprise :


Christian Roux et son Homme à la bombe, Caryl Férey et son Argentine de Mapuche, Serge Quadruppani qui amène Simona à Paris dans Madame Courage, Marin Ledun revient vers le techno-thriller légèrement futuriste avec Dans le ventre des mères, et Marcus Malte toujours aussi bon, toujours aussi émouvant quelle que soit la longueur du récit, cette année ce fut court, dans Canisses.


La révélation de l’année pour moi ce fut ce polar polaire (hihi) d’Olivier Turc avec son Dernier lapon qui prouve que Caryl Férey n’est pas le seul à bien voyager. Je prends les paris, on va retrouver ce lapon dans quelques prix … A cette liste il convient d’ajouter un délicieux roman d’aventures mâtiné de noir, Sur un lit de fleurs blanches de Patricia Parry, et la touche d’humour absurde et réjouissant nous vient, une fois de plus de Belgique avec La petite fêlée aux allumettes de la grande Nadine Monfils.


Finissons avec un jeune auteur prometteur qui, s’il n’est pas encore à la hauteur d’un Caryl Férey, fait déjà preuve d’ambition et d’une bonne maîtrise : Aurélien Molas et ses Fantômes du Delta promettent de futures très belles réussites.


Chez les zétrangers par contre, une fois de plus je vais être bien embarrassé … Parce qu’il y a eu beaucoup de bons, de très bons romans.


En Europe, quelques confirmations italiennes avec le traditionnel Montalbano d’Andrea Camilleri, cette année il s’appelle Le champ du potier, et la confirmation du talent de Grazia Verazani et son A tous et à personne, auxquels il faut ajouter le récent recueil Les juges, signé Camilleri, Lucarelli et De Cataldo et surtout, en roman historiques, Les traitres, grand roman historique de Giancarlo De Cataldo.


En Espagne 2012 fut l’année de la découverte de Victor del Arbol et de sa Tristesse du samouraï et la confirmation du talent d’Ignacio del Valle avec Les démons de Berlin.


L’Irlande en pleine crise reste une valeur sure et son maître de file Ken Bruen a été très présent, en qualité et en quantité : pas moins de trois romans traduits en 2012, un polar bien nerveux et impeccable Tower, et les suites de ses deux sagas, celle de Jack Taylor avec Le démon, et les géniaux R&B avec Munitions. Quand au petit nouveau, Stuart Neville qui a gagné dès son premier roman le prix 813, il revient avec la suite Collusion, qui confirme qu’il faudra compter avec lui désormais.


Les britanniques … j’avais l’impression trompeuse qu’il n’y avait rien eu de marquant cette année, et puis j’ai regardé mes notes, et si, ils sont toujours là et bien là. Avec le méchamment jubilatoire Lettres de Carthage de Bill James, avec une fausse parodie et vrai roman d’espionnage, La maison des tocards de Mick Herron, avec La cabane des pendus, solide polar de Gordon Ferris, sans oublier le nouveau personnage de l’inoxydable Ian Rankin dans Plaintes ni le bac d’eau glacé de La belle vie de Matthew Stokoe.


A l’est, rien de nouveau, Marek Krajewski poursuit ses chroniques de Breslau avec La mort à Breslau et le vétéran Petros Markaris donne la voix aux grecs pris dans la tourmente (ça nous change des infos à la con sur le double ou triple A) avec un polar que toutes les têtes de nœuds de la banque machin et de l’union bidule devraient lire : Liquidations à la grecque.


Chez les scandinaves, en attendant le prochain Nesbo, c’est en Islande que j’ai trouvé mon bonheur. Stefan Mani revient, moins impressionnant quand même dans Noir karma que dans Noir océan, Arnaldur Indridason est toujours là avec La muraille de lave … Mais c’est le dernier Arni Thorarinsson, L’ange du matin qui prend la crise à bras le corps qui m’a le plus intéressé.


En Afrique, j’ai découvert Roger Smith et son Blondie et la mort, sanglant, efficace, mais pas quand même à la hauteur de son compatriote le grand Deon Meyer qui fait fort une fois de plus avec A la trace.


En Amérique latine, les jeunes poussent, poussent … et souvent ça saigne. En Argentine avec Chamamé de Leonardo Oyola, De loin on dirait des mouches de Kike Ferrari et au Mexique avec Hielo negro de Bef. Mais les anciens sont toujours là, et c’est avec beaucoup de plaisir qu’on a retrouvé Lascano d’Ernesto Mallo dans Un voyou argentin. Reste le Pape, le Patriarche, le Maître … Paco Ignacio Taibo II qui nous a offert deux romans cette année ! Le retour inespéré d’Hector dans Défunts disparus et la très taiboesque suite des aventures de Sandokan de Le retour des tigres de Malaisie.


Finissons avec le gros morceau, les ricains. On nous annonce régulièrement que, ça y est, le polar n’est plus américain, qu’il est mondial (ça c’est vrai), et qu’il n’y a plus rien d’intéressant chez les yankis (ça c’est une grosse connerie). Donc cette année encore, de gros morceaux viennent de là-bas. Avec les grands classiques comme le retour en force de Carl Hiaasen et de Skink dans Presse People, Cool le dernier Don Winslow, Swan Peak du toujours excellent James Lee Burke, Enfants de poussière, le maintenant traditionnel Craig Johnson, Au lieu dit Noir-Etang du subtil Thomas Cook et une voix d’outre tombe avec Le perroquet de Richard Stark et Mémoire morte de Donald Westlake.


Côté confirmations, on a Le monde à l’endroit de Ron Rash, un roman atypique, toujours à la frontière du roman d’aventure et du roman historique avec Red Grass River de James Carlos Blake, le thriller à testostérone impeccable de Stephen Hunter, Le sniper, et le déroutant Le zéro de Jess Walter.


Chez les petits nouveaux on a découvert l’excellent Pike de Benjamin Whitmer, Profession balance de Christopher Goffard et Sur les nerfs de Larry Fondation.


Auxquels j’ajouterais, pour moi, la découverte de Glen Swarthout avec Le tireur et les superbes reprises de Jim Thompson de cette fin d’année chez Rivages et de Ross McDonald chez Gallmeister. Oui, décidément, le polar américain est moribond …


Comme vous voyez, beaucoup de bonnes choses une fois de plus, et comme toujours j’ai beaucoup de mal à choisir. Comme j’ai vu ici et là les gens faire de gros efforts pour n’en garder que 12 pour 2012 (vivement 2050 !) je vais essayer …

Roulement de tambour RRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR …………. Les douze nominés sont :


TrucFereyMalte CanissesMallo


Olivier Turc / Le dernier lapon

Caryl Férey / Mapuche

Marcus Malte / Canisses

Ernesto Mallo / Un voyou argentin


blakeBurkeBruenMarkaris


James Carlos Blake / Red Grass River

James Lee Burke / Swan Peak

Ken Bruen / Munitions

Patros Markaris / Liquidations à la grecque


RashCamilleriMeyerthorarinsson


Ron Rash / le monde à l’endroit

Andrea Camilleri / Le champ du potier

Deon Meyer / A la trace

Arni Thorarinsson / l’ange du matin


Mais que cela ne vous dispense pas de lire les autres !

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
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commentaires

wollanup 30/12/2012 03:13


De très bons choix même si c'est vrai que la production, ricaine surtout, était de grande qualité mais enfin...on ne peut parler du noir en 2012 sans glorifier Pollock et son"diable tout le
temps",il ne faut pas passer à côté de ce bouquin,c'est une grave erreur,que dis-je une faute.Dans ce bilan dont je me sens très proche,j'aurais mis aussi Nisbet qui nous  est revenu en
pleine forme.

Jean-Marc Laherrère 02/01/2013 23:41



Bon, faudrait donc vraiment que je lise ce Pollock. Et Nisbet est mal tombé pour moi, à un moment où j'étais cuit et archi cuit, je n'ai donc pas réussi à accrocher.



gridou 26/12/2012 21:45


Salut (et bonnes fêtes!)


Il y a quelques bouquins que j'avais prévu de lire dans ton palmarès...ça confirme donc mes choix et j'en suis bien contente ! 2013 sera l'année des bonnes lectures préselectionnées par les
copains !

Jean-Marc Laherrère 26/12/2012 23:29



Bonnes fêtes à toi également et plein de bonnes lectures en 2013.



HOLDEN 25/12/2012 22:54


ah oui antoine merci de passer et oui pour pollock

Jean-Marc Laherrère 26/12/2012 12:18



Et oui, j'en ai laissé passer quelques uns ... Et je ne doute pas que 2013 soit riche. J'ai cru comprendre qu'il y avait aussi un nouveau Lehane.



HOLDEN 25/12/2012 22:49


clap clap, dacodaco avec toi 2012, un cru un peu voir moins bon que 2011, ou deviendrait on exigeant. En me retourant j'apercois PIKE, mais aussi le dernier Jim Nisbet, en fait il suffit de
me poser et de me dire putain j'ai lu quoi d'excellent, et pan c'es 2011 qui ressort. Comme quoi l'excitation d'un livre apres coup ne dure pas forcement


en tous les cas joli travail que tu as fait, bravo


je te souhaite le meilleur à toi et les tiens


2013,nick stone, larry fondation, vincent crouzet et de la bonne sf, bref on aura de quoi lire, avec un peu e chance on aura un cormac mccarthy

Catherine Lemoine 24/12/2012 18:47


Je fais partie de ces gens qui vous lisent avec immensément de plaisir très très régulièrement. Alors en cette fin d'année, je voulais vous remercier pour ce lourd "travail" (certains des blogs
vers lesquels vous renvoyez sont arrêtés, par lassitude sans doute...). Merci aussi pour les belles découvertes que j'ai faites grâce à vous. Bonne fin d'année et très bonnes lectures 2013...

Jean-Marc Laherrère 24/12/2012 23:45



Merci, et je vous assure que lorsque je trouverai lourd le maintien du blog j'arrêterai. Pour l'instant, ce n'est que du plaisir. Bonnes fêtes à vous et bonne fin d'année.



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