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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 00:20

Avec Le château d’Amberville Thierry Bourcy poursuit sa chronique policière de la guerre de 14. Après les tranchées, l’espionnage à Paris, il nous emmène cette fois au milieu des grands blessés.

bourcy1916, la guerre s'éternise. Avec ce qui reste de son régiment Célestin Louise, le flic parisien, est envoyé à Verdun. Dès le premier soir il est blessé et, après avoir été sauvé in extremis, est évacué au château d'Amberville, transformé par le comte en lieu de convalescence. Comme les autres blessés, Célestin tombe sous le charme de Laure d'Amberville, la fille du châtelain, jeune femme d'une beauté ensorcelante qui les soigne tous avec un dévouement admirable. Après quelques jours, un jeune caporal à qui on vient d'annoncer qu'il va retourner au front est trouvé mort dans l'étang du parc. Le juge qui ne veut aucun problème avec la famille d'Amberville a très envie de conclure au suicide. Quand un second soldat est retrouvé égorgé dans son lit, il doit se rendre à l'évidence, il y a un meurtrier au château. Célestin va rapidement prendre l'enquête en main, mais sans pouvoir empêcher de nouveaux meurtres …

Après le front en 14 et Paris en 15, Thierry Bourcy nous entraîne à la suite des blessés graves en cette année 1916. On retrouve Célestin, toujours aussi attachant, et surtout cette fresque historique qui, au travers de romans policiers, nous fait vivre l'horreur de cette guerre. L'horreur et l'injustice, avec la morgue des officiers, la brutalités de soldats que les tranchées ont parfois totalement déshumanisés, et l'inertie d'une vie de province où, en termes de hiérarchie sociale, rien ne semble avoir évolué depuis des siècles. Célestin ne se heurte pas seulement à l’habileté du meurtrier, mais également au poids de notables de petite ville qui, quoi qu’il arrive, se serrent toujours les coudes face à quelqu’un qui vient d’ailleurs, et qui, de plus, fait partie du « peuple » …

Alors certes, le lecteur de polar devine assez vite qui est le coupable, et les rebondissements de l’intrigue ne le surprennent pas outre mesure, mais cela n'enlève rien à la qualité du tableau, qui vient compléter cette saga de la grande guerre.

Thierry Bourcy / Le château d’Amberville, Folio/Policier (2009).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

Maïté 11/03/2010 11:45


Je suis tout à fait d'accord avec les noms que tu cites. J'y rajouterais pour cette année le nouveau venu Antonin Varenne. Mais c'est quand même dommage que ce soit juste un problème de conduit,
comme on dirait en plomberie. Sa maison d'édition ne doit pas penser à envoyer des exemplaires à des gens comme toi ou d'autres de la liste 813. Je t'avoue que moi-même je n'en ai jamais acheté un
seul quand ils sortent. Je l'ai découvert en poche et continue à le lire en poche. Hier à la FNAC je cherchais justement le dernier Dessaint et j'ai fini par le trouver sur une table de Blanche,
perdu dans un coin, alors que sur une table polar, il aurait été bien en vue. C'est ce qui m'était arrivé avec le dernier Than-Van Tran-Nhut, mais la semaine d'après, ils avaient changé de
stratégie, et elle était enfin en polar où on voyait bien son bouquin. C'est vraiment pénible, après avoir fait de son mieux pour écrire un bon bouquin, de dépendre aussi de considérations aussi
aléatoires et dont on n'est pas toujours conscient.


Jean-Marc Laherrère 11/03/2010 21:34


C'est vrai, le dernier roman de Pascal est sorti en "blanche", comme celui de Tran Nuth. J'ai bien avancé dans celui de Pascal (que je présente ... après-demain à Ombres Blanches). Pour le moment,
très fort.


Maïté Bernard 11/03/2010 08:35


Ceci dit, hier j'ai acheté le quatrième tome, "Les traitres", donc ça n'a pas entamé l'affection que j'ai pour ce personnage. La question que je me pose, c'est pourquoi cet homme (que je ne connais
pas, même de vue) n'a jamais eu de prix polar. D'accord, il écrit pas comme un Caryl Férey ou un Marcus Malte, mais franchement, il maintient la barre assez haut, non?


Jean-Marc Laherrère 11/03/2010 10:49


Peut-être est-il édité dans une maison moins lues par les amateurs de polar ?
Ceci dit il est vrai qu'avec des malte, Manotti, Férey, Dessaint ... ou malheureusement, le regretté Pascal Garnier, il y a des clients.


Maïté 09/03/2010 08:52


Mais c'est bien un problème quand même. je veux dire, qu'on comprenne tout de suite qui sera le coupable. Les Celestin Louise ne sont pas uniquement basés sur l'intrigue, on est bien d'accord.
C'est lui qu'on aime d'abord, et ce qu'on découvre de lui dans ce contexte atroce (la guerre 14-18) dans lequel il est obligé de vivre. Et j'ai beaucoup apprécié dans cet épisode le côte
arsènelupinesque du château de blessés dans la brume mais je le répète, c'est quand même décevant de savoir dès sa première apparition qui sera sans doute le coupable.


Jean-Marc Laherrère 10/03/2010 14:03


C'est vrai, mais il semble que j'ai mieux surmonté la déception que toi ...


alain 08/03/2010 09:44


J'ai bien aimé ce roman. Le personnage de Celestin est très attachant.


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