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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 17:03

Cela faisait un moment que j’en avais entendu parler, un moment donc que j’attendais ce moment, le retour de Charlie Resnick, flic fétiche que John Harvey avait abandonné à la fin de Derniers sacrements. Et donc Charlie’s back, dans Cold in hand.

 

En rentrant chez elle Lynn Kellogg, collègue et maîtresse de Charlie Resnick s’interpose dans une bagarre Harvey Coldentre deux bandes rivales. Un des participants sort une arme, la blesse et tue la gamine qu’elle était en train d’appréhender. Le jour même, alors qu’elle est à l’hôpital, le père de la victime se répand dans les média prétendant qu’elle a utilisé sa fille comme bouclier humain. C’est Charlie qui se retrouve en charge de l’enquête, le tueur ayant pris la fuite sans être identifié. Dans le même temps Lynn s’inquiète pour une jeune femme Roumaine ayant accepté de témoigner contre son mac dans une affaire de meurtre. L’homme vient d’être libéré sous caution et tout laisse penser que la jeune femme est en danger …

 

Si vous êtes un habitué de ce blog, vous savez maintenant qu’en général les avis dithyrambiques en quatrième de couverture m’agacent prodigieusement. Je ferai un exception. « John Harvey est un maître », le Guardian, peut-on lire ici. C’est sobre, net, et ça résume parfaitement le sentiment que l’on éprouve à la lecture.

 

Personnages extraordinaires, saisis dans toute leur humanité, peinture sans concession et sans pitié d’une Angleterre ravagée par la crise : perte de repères et de valeurs, générations livrées au seul consumérisme et à l’individualisme, classe défavorisée totalement acculturée … Et Charlie, sa grande carcasse lourde, son jazz, ses chats, son amour pour Lynn. Comme souvent chez Harvey, à l’image d’un bon chorus de jazz, tout commence tranquillement, avec plusieurs histoires plus ou moins imbriquées. Harvey installe son rythme, son climat. Et puis bang ! accélération brutale, et grosse claque, pour une deuxième partie où l’intensité va croissante.

 

Le tout servi par une écriture fluide, comme une évidence. « John Harvey est un maître », vraiment. Jeanjean a aussi aimé … Et désolé de pomper son titre.

 

John Harvey / Cold in hand (Cold in hand, 2008), Rivages/Thriller (2010), traduit de l’anglais par Gérard de Chergé.


PS. Un détail, sans importance, mais en tant que toulousain je ne pouvais décemment pas laisser passer, page 72 : « Et un placage qui aurait fait la fierté de n’importe quel avant-centre de rugby l’envoya au sol. » Pour ceux (extrêmement rare j’en suis certain) qui trainent ici et n’ont aucune notion de rugby, sachez qu’il n’y a pas d’avant-centre au rugby. Au foot oui, au rugby non. Au rugby il y a des avants, des centres, mêmes un troisième ligne centre qui joue …avant, mais pas d’avant-centre. De deux choses l’une, soit John Harvey qui ne cause que de foot dans ses bouquins s’est raté, soit c’est le traducteur (excellent par ailleurs) qui s’est troué. C’est pas grave, mais c’est dit.

 

PPS. Pour tout savoir sur Charlie, j’ai déjà fait une partie du boulot.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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commentaires

meyer meyer 23/08/2014 09:41


Quel choc ! Superbe roman de John Harvey. J'ai terminer la série et c'est triste mais je crois qu'il y en a un nouveau pas encore traduit.
Du jazz, des chats, des expressos, du thé, des cravates tachées par la sauce des sandwiches, une intrigue rondement menée, du coup de théatre : le bonheur quoi.
C'est beau comme un but de la tête d'un demi de mélée 

Jean-Marc Laherrère 23/08/2014 11:01



Une grosse claque. Et j'ai entendu moi aussi des bruits sur un prochain Resnick.



rennette 14/11/2010 22:11



rien ne pouvait me faire plus plaisir pour commencer la semaine : tellement je l'aime mon john harvey et resnick et ses casse-croûtes... 



Jean-Marc Laherrère 15/11/2010 09:52



Et ses cafés, ses chats ...



Hervé Le Corre 14/11/2010 17:52



Peut-être que le relecteur, tout comme le lecteur devant un beau roman, s'en fout.


De toute façon, au rugby (comme au foot), avant, arrière, ou ailier, ils sont presque tous de droite, alors un avant-centre, hein... c'est juste un peu exotique!


Dernière réflexion ( humm...): ce qu'on attend d'un roman, c'est sans doute d'être surpris par le(s) rebond(s). C'est peut-être, alors, le plus bel hommage rendu au rugby?



Jean-Marc Laherrère 15/11/2010 09:51



J'ai essayé d'éviter de trop insister sur les rebonds étonnnats de ce roman, que tout le monde soit aussi surpris que moi !


Un roman très fort effectivement, qui n'est en aucune façon affaibli par ce "couac", mais c'est vrai qu'il m'a fait tiquer, et que j'ai relu deux ou trois fois la phrase pour être certain que je
ne m'étais pas trompé.



dom 13/11/2010 14:34



Bonjour,


Concernant le ps :


Dans la langue originale ca donne "a tackle any Rugby League forward would have been proud of bringing him to the ground".(p 86).


donc effectivement un avant.



Jean-Marc Laherrère 13/11/2010 23:27



L'erreur est donc un erreur de traduction. Ce qui est étrange c'est qu'aucun relecteur ne l'ait détectée.



christophe 13/11/2010 11:59



Pour abonder dans le "plus sur Charlie", voici quelques interviews ici 



Jean-Marc Laherrère 13/11/2010 23:27



Merci pour le lien.



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