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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 00:11

Je ne sais plus quel auteur a dit que, dans deux cents ans, si l’on veut savoir comment vivaient les gens à New York, Paris ou Barcelone il suffirait de lire les auteurs de polar. Pour ce qui est de Washington, il faudra lire George Pelecanos dont le dernier roman, Mauvais fils, poursuit la description de la vie ordinaire dans la capitale américaine.

 

PelecanosChris Flynn a 17 ans quand les portes du centre de détention pour jeunes délinquants de Pine Ridge se referment sur lui. Pourtant Chris a grandi dans une famille unie, relativement aisée et rien dans son entourage n'explique pourquoi il est devenu cet adolescent à problèmes. Drogue, bagarres, vols … malgré les efforts de son père Thomas, patron d'une petite entreprise de pose de moquettes rien n'a pu arrêter la dégringolade.

 

Dix ans plus tard, Chris a muri et travaille en équipe avec un ancien de Pine Ridge pour l'entreprise de son père. En rénovant une maison destinée à la vente, ils trouvent un sac contenant 50 000 dollars. Chris parvient à convaincre son coéquipier de ne pas prendre l'argent, mais les ennuis ne font que commencer …

 

Un Pelecanos de plus serait-on tenté de dire. Dans la veine, moins spectaculaire, de ses derniers romans. Ici pas de flics, pas de privés, juste des gens ordinaires pris, le temps d’un roman, dans une histoire un peu extra-ordinaire.

 

On retrouve toutes ses thématiques habituelles : Description des quartiers populaires, variations sur la thème de la seconde chance et des possibilités de réinsertion, présence de la musique, grande qualité des dialogues, intrigue minimale mais parfaitement menée. Et une écriture d’une fluidité et d’une évidence qui font que tout parait simple et facile.

 

Même si on ne croise aucune silhouette connue, on a l'impression de connaître les personnages et, au bout d'à peine quelques lignes, on s'y attache. Comme toujours Pelecanos ne juge pas. Il décrit. Ceux qui chutent, ceux qui se relèvent, et ceux qui n’y arrivent pas. Ceux qui vivent, simplement, en tentant de conserver leur dignité, et ceux qui ont choisi, plus ou moins consciemment, de ne pas se préoccuper des autres. Il décrit, exposant les faits, avec lucidité, sans montrer personne du doigt, mais sans angélisme non plus.

 

Et la grande comédie humaine de Washington gagne un épisode de plus. En attendant le prochain.

 

George Pelecanos / Mauvais fils (The way home, 2000), Seuil/Policiers (2011), traduit de l’américains par Etienne Menanteau.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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commentaires

Restling 07/03/2011 14:06



Ma découverte de Pelecanos est plutôt récente mais enthousiasmante. J'en ai plusieurs qui m'attendent dans ma PAL, maintenant il faut trouver le temps. :-)



Jean-Marc Laherrère 07/03/2011 17:49



Il y en a beaucoup de bons, de très bons même. J'ai un faible pour Un nommé Peter Karras, et pour ceux qui ont Nick Stefanos pour personnage principal. Mais dans l'ensemble, il n'y a rien à
jeter.



christophe 07/03/2011 12:48



Pour la phrase d'intro de ton papier, Raynal le disait assez souvent...



Jean-Marc Laherrère 07/03/2011 17:48



Il me semblait bien que c'était lui, mais je n'étais pas sur ... Merci pour la précision.



xave 07/03/2011 10:05



Ahah, je l'attendais cette chronique depuis que j'ai vu le roman disponible la semaine dernière dans ma boutique favorite. Je guettais le blog, un Pelecanos, c'est un piège à JML... J'aime
beaucoup ton dernier paragraphe, transposable d'ailleurs à tous les romans de l'auteur: pas de jugement chez lui, des états de faits et des destins favorables...ou non



Jean-Marc Laherrère 07/03/2011 10:17



Bien vu, un Pelecanos c'est effectivement un piège à JML ! Un piège dans lequel je suis enchanté de tomber.



Pierre FAVEROLLE 07/03/2011 06:36



Salut Jean Marc, j'ai honte, je l'ai acheté quand il est sorti, soit début mars, et je n'ai pas eu le temps de l'ouvrir. Au vu de ton article, je sens que je vais adorer.



Jean-Marc Laherrère 07/03/2011 09:05



Honte, un bien grand mot ! Il est vrai qu'on est complètement submergés par les sorties et qu'il est impossible de tout lire.



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