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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 15:42

L’année 2011 commence décidément très bien. Un Leonardo Padura éblouissant, je suis en train de lire le Marcus Malte qui est absolument magnifique, et comme si cela ne suffisait pas, sachez que Gallmeister a encore découvert une nouvelle pépite du grand ouest américain : Le signal de Ron Carlson.

 

CarlsonMack sort de prison où il a passé quelques mois. Il se débattait avec ses dettes, ne trouvait pas la façon de garder son ranch, a fait des conneries et pété les plombs. Il a payé. Plus grave, il a perdu l’amour de Vonnie, sa femme depuis dix ans. Elle accepte quand même de le rejoindre pour une dernière rando de quelques jours et une dernière partie de pêche dans les immensité désertes du Wyoming.

 

Ce que Mack n’a pas dit à Vonnie c’est que pendant cette rando il doit essayer de retrouver une mystérieuse boite, perdue lors du crash de l’avion d’un ancien associé, un individu pas franchement net. Une façon pour lui de régler les dettes du ranch, mais le risque également de se mettre en danger.

 

Un nouvel auteur (pour moi du moins) pour un pur roman de la maison Gallmeister. Grands espaces magnifiquement décrits et parfaite description de ce que ressent l’homme face à la nature. Ensuite chaque auteur a sa spécificité.

 

Pour l’intrigue, Ron Carlson a l’intelligence d’utiliser à fond le principe du McGuffin de tonton Alfred. On ne sait rien de la mystérieuse boite, pas grand-chose du commanditaire douteux, ni même de ces motivations. Le seul intérêt de tout cela est d’introduire une tension qu’ensuite Carlson exploite de façon magistrale.

 

Ajoutez à cela qu’il sait superbement adapter la construction et le rythme de son récit à ce que l’on pense et ressent lorsque l’on marche, perdu dans se pensées (et dans l’immensité de la montagne). Il s’en sert avec beaucoup de subtilité et d’efficacité pour évoquer, peu à peu, les événements du passé qui ont amené Mack là où il est.

 

En parallèle, l’autre tension du récit est associée à sa relation avec Vonnie dont il est toujours amoureux. Le relation entre les deux est rendue dans toute sa complexité avec une économie de moyens remarquable. Tout passe par des dialogues pourtant d’une apparente simplicité, par de petites pensées, par de petits gestes …

Bref encore une très belle découverte chez Gallmeister. Une belle note chez Marc Villard, qui dit tout ça bien mieux que moi, bien entendu.

 

Ron Carlson / Le signal (The signal, 2009), Gallmeister (2011), traduit de l’américain par Sophie Aslanides.

 

Juste un petit détail qui m’a chiffonné, déjà repéré dans le très mauvais Chuchoteur … Un GPS n’émet pas de signal, il capte celui des satellites de la constellation GPS. Donc on ne peut pas se guider sur un signal GPS pour retrouver un machin perdu. Mais ici, c’est vari, ce n’est pas du tout grave.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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commentaires

poupoune 25/07/2011 19:30



Je viens (à retardement, mais je lis à mon rythme...) mettre mon petit grain de sel ici...


ce roman est en effet superbe dans la façon dont il dépeint le rapport de l'homme à la nature et dont il se sert des longueurs que le contexte induit pour parler du passé. Egalement une très
belle histoire d'amour et de désamour, distillée avec justesse. On ressent aussi bien les sentiments de Mack que ceux, perdus, retrouvés et surtout différents de Vonnie.


En revanche, si l'idée de l'intrigue comme simple prétexte à la mise en place d'une tension bien exploitée ne me déplaît pas, j'ai été gênée quand même par le fait que je ne l'ai pas
comprise. Du tout. Les relations entre les uns et les autres sont trop ou trop peu évoquées, mais là je n'ai rien compris et... bon : si ce n'est finalement pas très grave, ça m'a quand même un
peu gâché le plaisir...



Jean-Marc Laherrère 26/07/2011 08:38



C'est vrai que l'intrigue n'est pas limpide ... Je dirait que l'auteur a utilisé le truc de tonton Alfred (dans la mort aux trousses entre autres) : faisons courir les personnages après un
machin, sans trop nous proccuper de la nature du machin, ce qui compte, c'est la tension de la course.



holden 11/01/2011 08:52



et moi de même


une année douce pour toi et les tiens



holden 10/01/2011 12:36



et me dire bonne année ca te coute :)))))))))


muahhhhhhhhhhhhhhhhhhhh



Jean-Marc Laherrère 10/01/2011 17:54



Rien, ça ne me coute rien !


Donc bien qu'ayant souhaité une bonne année à tous mes visiteurs, je bats ma coulpe et implore humblement ton pardon en te souhaitant une excellente année.



holden 10/01/2011 10:44



yeaaaaaaahhhhhhhhh


salut les filles et bonne année


mauvais le chuchoteur....., mais non, juste un thriller carré comme les gens les aiment, en le lisant  j'avais l'impression de voir une serie télévisée.


pour le livre suscité, je me tate, là je suis sur la fin des loups de alec covin et c'est plus que bon....quel écriture



Jean-Marc Laherrère 10/01/2011 12:35



Disons que je ne suis pas fan de thriller.


Mais que tant qu'à faire, je préfère nettement Connolly, Hunter ou Koryta, voire les premiers Crais. Avec le Chuchoteur je m'étais un peu (beaucoup ) ennuyé ...



Hannibal le lecteur 09/01/2011 22:55



Je l'ai terminé il y a quelques jours et partage globalement ton avis.


Une agréable découverte que ce très beau roman mariant la pureté des sentiments à la majesté de la nature.


Par contre, je n'y ai pas trouvé le suspense tant vanté par la quatrième de couverture et le bandeau, commentaires que j'ai trouvés pour le coup abusifs ("suspense à couper le souffle", roman
menant "au paroxysme de l'angoisse"). Peut-être que le mot tension (que tu utilises fort justement) aurait mieux convenu ?


Je commence bien l'année puisque je suis maintenant en train de déguster un bon Malte (à savourer sans modération).



Jean-Marc Laherrère 09/01/2011 23:48



C'est vrai que ce que je retiens de ce roman n'est pas un suspense haletant !


Et le Malte est magnifique. Du coup j'ai lu Le lac des singes, réédité chez folio, dont le personnage principal est déjà Mister.



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