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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 12:42

David Vann est loin d’être un inconnu pour les amateurs de littérature, et pas seulement policière. Cette découverte des excellentes éditions Gallmeister a fait parler de lui dès son premier roman Sukkwan Island puis de nouveau avec Désolation. Par un de ces mystères de rendez-vous ratés, de bon moment qu’on laisse passer, je n’ai lu ni l’un ni l’autre. Je me rattrape donc avec Impurs, sa troisième œuvre traduite.


Vann

Quelque part en Californie, sous le soleil écrasant de l’été, Galen, adolescent attardé de 22 ans vit avec sa maman, le prototype de la mère étouffante. Ils ont plus ou moins capté la fortune de la grand-mère qui souffre de pertes de mémoire et tout pourrait stagner ainsi, ad vitam aeternam, sans les visites d’Helen, la tante, et de Jennifer, la cousine. Les deux sœurs se haïssent, et Jennifer s’amuse à allumer de façon outrancière un Galen paumé entre ses hormones et des prétentions à la transcendance. Tout ça ne peut que très mal finir …


Je ne dirais pas que j’ai aimé ce roman. Par contre j’ai été sacrément impressionné. David Vann décrit comme personne la cellule familiale comme lieu d’enfermement et d’aliénation. Il rend perceptible dans ses moindres détails la montée de la folie, la relation amour/haine, la névrose du fils, les rancœurs entre les sœurs, le désarroi de la grand-mère qui perd ses repères un à un, les non-dits de l’histoire familiale qui entretiennent la haine …


Au plus de cela il nous fait ressentir la chaleur, le soleil, la terre, le bruit de la rivière …


Tout cela est très impressionnant. Ensuite tout est question de goût et de centre d’intérêt. Les thématiques abordées ne sont pas de celles qui me passionnent. Traitées avec moins de talent et de maestria, je n’aurais sans doute pas terminé le bouquin. David Vann les élève à un niveau qui fait qu’on lit, fasciné et curieux de savoir, non pas si ça va mal finir, mais comment ça va mal finir.


Impressionnant donc, mais de là à dire que je lirai le prochain ou que j’ai envie de lire les premiers, il y a un pas que je ne suis pas certain de franchir …


David Vann / Impurs (Durt, 2012), Gallmeister (2013), traduit de l’américain par Laura Derajinski. 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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commentaires

Le Bouquineur 04/05/2013 08:05


En fait je ne tiens pas David Vann pour un écrivain aussi bon que le vantent les critiques. Ses romans sont très forts au niveau de l’idée de base ou du fond, mais je trouve l’écriture un peu
faible. La satisfaction du lecteur ne vient que du « cinéma » qu’il se fait du livre et non de ce qu’il lit réellement. Mon livre préféré est le second, Désolations. 

Jean-Marc Laherrère 04/05/2013 16:29



Il faudra donc peut-être que je me penche sur Désolation.



Le Bouquineur 03/05/2013 15:36


J'ai été déçu par ce roman. Si le fond est très fort, la forme l'est moins et la seconde partie, confrontation entre mère et fils n'est pas à la hauteur du sujet.  

Jean-Marc Laherrère 03/05/2013 15:58



Déçu par apport aux autres romans de l'auteur ou déçu tout court ? Pour ma part je l'ai découvert avec ce roman.



BMR 02/04/2013 11:41


Sukkwan island (pourtant encensé)
nous a déçu.


Mais Désolations nous a vraiment scotché
: encore une histoire oppressante de famille (mais adulte). ce serait dommage de passer à côté de ce très bon moment de lecture (!)

Jean-Marc Laherrère 02/04/2013 15:08



je note donc désolations ...



gridou 01/04/2013 18:07


Je n'ai pas lu celui-ci mais j'ai eu a même impression que toi en lisant sukkwan island - apprécier le haut niveau de l'auteur sans pour autant prendre du plaisir à le lire...- bref, pas envie
d'en lire d'autres

Jean-Marc Laherrère 01/04/2013 21:22



C'est drôle, jusque là je n'avais lu que des avis extrêmement élogieux sur David Vann ...



ONE MORE BLOG IN THE GHETTO 31/03/2013 18:34


Hello Jean-Marc


J'ai moi aussi lu Sukkwan Island et j'avoue que si je l'ai plutôt apprécié, c'est bien moins cependant que ce que j'en espérais compte tenu des critiques dithyrambiques
lues ça et là. Du coup, j'ai fait l'impasse sur le deuxième. Mais là, ta chronique m'a intrigué et je vais peut-être me laisser tenter.


Amicalement

Jean-Marc Laherrère 31/03/2013 19:50



Tu me diras ... Ceci dit, c'est impressionnant, mais ce n'est pas non plus le chef d'oeuvre de l'année.



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