Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 22:10

Je ne sais pas si c’est une impression, ou si tout simplement je suis en train de passer à côté de pas mal de choses, mais on dirait qu’il y a un léger vide éditorial en ce tout début du mois de janvier, comme si tout le monde attendait que passe la vague Ellroy

 

WillefordToujours est-il que j’ai profité de ce bref calme pour exhumer de ma pile un recueil de nouvelles qui y était depuis quelques mois. Un recueil d’un auteur que je connais assez mal, n’ayant lu que deux ou trois de ses romans. Il s’agit de La machine du pavillon 11 de Charles Willeford.

 

Jake Blake, metteur en scène de talent, se retrouve enfermé en asile, sans trop se rappeler pourquoi. Mais il y a un vague rapport avec la machine. Celle du pavillon 11.

Un producteur de télé, lui, se souvient parfaitement de Jake, de son talent, mais aussi de son intransigeance, clé de sa chute.

 

Avant d’être réalisateur, Jake fut soldat. Un soldat abandonné à sa propre folie, loin des hommes …

 

Ces nouvelles sont complétées par trois autres textes, originaux et totalement différents :

 

Lettre aux Alcooliques Anonymes, d’un humour très noir, commence par une descente aux enfers avant de se conclure, dans une pirouette magnifique par … Je ne peux révéler la chute qui vaut son pesant de charité …

 

Exactement comme à la télé ….  Tout est dit dans le titre, ou les infortunes, non pas de la vertu, mais de la crédulité. A la fois sombre et drôle.

 

L’électromancien est « plus classique », avec sa chute attendue, puis pas si attendue que ça … on frôle le fantastique pour virer résolument vers autre chose …

 

Six nouvelles donc, totalement différentes les unes de autres, même si les trois premières tournent autour du même personnage. Monologue, récit, interrogatoire, lettre … tous les styles d’écriture y passent, tous parfaitement adaptés au sujet.

 

J’ai un petit faible pour la deuxième qui, par la voix d’un producteur assez satisfait de lui, démonte en quelques pages d’une façon cynique et implacable le fonctionnement du cinéma et de la télévision considérés uniquement comme des industries. Et ce par un producteur qui, loin d’être inculte, sait être sensible à l’art et au talent, et sait s’asseoir dessus s’ils ne sont pas rentables. Quitte à briser un homme. Impeccable.

 

Un faible aussi pour l’humour vachard et réjouissant de la lettre aux AA et de l’interrogatoire jubilatoire de Exactement comme à la télé ….

 

En bref, un excellent recueil, pour se faire une idée du talent de cet auteur, et donner envie d’attaquer ses romans. J’avais précédemment adoré La messe noire du frère Spinger.

 

Charles Willeford / La machine du pavillon 11  (The machine in ward eleven, 1961), Rivages/Noir (2009), Traduit de l’américain par Christophe Mercier.

Partager cet article
Repost0

commentaires

jean-claude Ramdam 16/01/2010 10:57


Dis moi tu devrais choisir; tu es Basque ou Béarnais? j'ai vu que il y avait un gars qui était prêt à te trouver sympa ...à condition que tu soies vraiment Béarnais....!!!!
Il y a peu j'avais conseillé à l'ami "Cynic33" les Neal Carey dont personne ne parle alors que c'est un vrai bonheur. comme quoi un grand succès de librairie peut éclipser d'autres oeuvres pas si
mineures que ça.


Jean-Marc Laherrère 16/01/2010 19:41


Les deux mon général !
Béarnais de sang, de famille béarnaise (d'o=Orthez) et né à Oloron.
Basque d'adoption pour avoir vécu de 3 à 18 ans à Biarritz.
Mes parents et ma soeur y sont toujours.
Et maintenant, toulousain, père de deux franco-argentins.
En bref un mélande latin.
Et d'accord, les neal Carey sont un vrai bonheur.


jeanjean 15/01/2010 18:17


Put..., le lapsus ! j'ai tellement pris une claque que j'ai écrit "Ellroy" à la place de "Willeford". Houlala...
Sinon, j'ai lu le Garnier à la suite du "monstre", ça passe tout seul et c'est très bon.


Jean-Marc Laherrère 15/01/2010 21:49


Joli lapsus effectivement.
Je me suis régalé avec le Winslow (je viens de le terminer), mais bon, même si je ne suis pas surfeur, je suis quand même de Biarritz, et dès qu'il parle vagues et océans ...
Sinon j'y ai retrouvé le Winslow de la série Neal Carey, du pur plaisir.
Essaie peut-être de perséverer ...


jeanjean 15/01/2010 18:15


Tout d'accord, excellent recueil de nouvelles du trop méconnu Ellroy. Ca te plait le Winslow ? Lu 50 pages, pas du tout accroché, j'ai trouvé ça limite mal écrit (mal traduit ?) et... chiant (cette
fois-ci...) !


E.M. 15/01/2010 16:40


Charles Willeford est un des plus grand. Pour preuve, ses réeditions américaines de 2005 sont introduites et préfacées par E. Leonard, Westlake, Burke et Block.

On trouve dans ce recueil, à mon avis, quelque chose de tres interessant pour les willefordiens non anglophones. Une des nouvelles a un contexte militaire. Willeford a été soldat longtemps et me
semble-t-il, c'est dans cet univers militaire qu'il trouve des modèles de psychopathie et de violence pour ses personnages futurs. ( je crois qu'en ce qui concerne les personnages tordus, il est un
des meilleurs)
J'attends avec espoir l'hypothétique traduction de ses souvenirs de guerre.


Jean-Marc Laherrère 15/01/2010 21:50


Rivages ayant une politique d'édition, et de réédition très cohérente, l'espoir est en effet permis.


christophe 15/01/2010 14:41


En attendant, Ellroy always, passage hier sur La Grande Librairie, l'émission - intéressante - est visible ici
http://www.france5.fr/la-grande-librairie/index.php?page=article&numsite=1403&id_article=14777&id_rubrique=1406


Jean-Marc Laherrère 15/01/2010 21:47


Merci pour le lien, je suis aller voir (pour l'instant 20 minutes) et c'est effectivement intéressant. Et instructif de voir comment, face à quelqu'un qui a lu son bouquin, Ellroy ne fait plus du
tout le clown mais parle très sérieusement.


Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
  • Contact