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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 23:04

J’avais laissé de côté deux Elmore Leonard pendant l’année. Il faut dire qu’entre les excellentes rééditions, et les nouveautés que ce jeune homme de presque 90 ans continue à écrire, on peut se laisser submerger. Comme (presque) toujours, je ne me suis pas ennuyé avec Djibouti.

Leonard

Dara Barr réalise des documentaires. De bons documentaires qui lui ont valu plusieurs prix. Elle décide d’aller voir les pirates du côté de Djibouti. Pour les filmer, les interviewer, et voir ce qui motive ces descendants de Barbe Noire … Sur place, aidée par Xavier LeBo, vieux baroudeur qui lui sert de cameraman, elle va les rencontrer les nouveaux seigneurs des mers. Eux et ceux qui tournent autour. Mais son reportage dérape quand elle s’aperçoit qu’ils ont pris en otage un méthanier qui pourrait bien se transformer en bombe s’il explosait … Par exemple dans un port américain. Et les pirates ne sont pas les seuls allumés du coin. James Russell alias Jama Raisuli, ancien petit voyou américain converti à l’islam et au Djihad en taule, et Billy Wynn, milliardaire texan qui se prend pour un super agent secret ne sont pas mal non plus, et vont mettre du piquant dans cette histoire.


Sacré Elmore Leonard ! Même quand, comme ici, il démarre de façon un peu planplan, il finit par emporter le morceau. J’avoue avoir eu un peu de mal à voir où il voulait en venir. Au début les personnages n’étaient pas très leonardiens. C'est-à-dire pas de méchant très bête mais très méchant, et pas de héros super cool, la réplique qui tue à la bouche.


Et puis ça se met en place, les méchants émergent, une authentique pourriture se révèle (même si Elmore Leonard est bien trop fort, habile et subtil pour dire à un seul moment que c’est une vraie pourriture, il fait confiance à son lecteur) et Dara et Xavier, de leur côté deviennent au fil des pages de plus en plus … ben leonardiens donc.


Les dialogues sont au niveau du maître, les allumés de plus en plus allumés, et la construction, que je vous laisse découvrir, est à la fois astucieuse et virtuose.


Alors même s’il y a un peu de mou dans la première partie, la seconde emporte complètement l’adhésion et on finit à fond. Avec en prime une belle description de cette partie du monde, quelques questions sans réponse (et c’est très bien comme ça) sur le phénomène de piraterie moderne à cet endroit précis, et une scène finale digne des plus grands romans de l’auteur.


Elmore Leonard / Djibouti (Djibouti, 2010), Rivages/Thriller (2013), traduit de l’américain par Johanne Le Ray.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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