Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 02:35

En général, les thrillers c’est pas mon truc. Mais bon, disons que là j’avais une occase, alors j’ai essayé. Un auteur dont on lit du bien à droite et à gauche. Le new yorkais Colin Harrison, dont le dernier roman s’intitule (nous y reviendrons) La nuit descend sur Manhattan.

HarrisonUne nuit, sur un parking de Brooklyn, la voiture dans laquelle se trouvaient deux jeunes mexicaines travaillant pour une société de nettoyage est noyée sous la merde, littéralement. Les deux femmes meurent. Mais c'était la troisième personne qui se trouvait avec elles quelques minutes auparavant qui était visée : Jin Li, jeune chinoise, gérante de la société, qui profite de son travail pour envoyer de fort juteuses informations à son frère, un investisseur agressif de Shanghai. Jin Li témoin du meurtre fuit, et se retrouve recherchée par la mafia et la police. Son frère débarque immédiatement à New York et oblige par la menace Ray Grant, ancien amant de la jeune femme, à la retrouver. Ray, fils de flic, pompier survivant du 11 septembre se met alors en chasse.

Rien à redire de particulier, c'est plutôt bien fichu, même si certains passages sont un peu lourdement explicatifs. L'auteur sait raconter une histoire, et ménager un suspense. Il nous balade dans New York. Il y a de l’action, des méchants bien identifiés …

Mais ça ne va guère plus loin. Le fait de remplacer le privé de service, ancien du Vietnam en permanence entre une cuite et une prise de coca par un pompier, rescapé du 11 septembre, puis volontaire humanitaire dans tous les points chauds du globe ne suffit pas à en faire un roman original. D’autant plus que, de mon point de vue, ce personnage « marche » moins bien : L’auteur nous dit qu’il est meurtri, mais le lecteur ne le sent à aucun moment. Le personnage est un peu trop propre sur lui pour être un hard boiled borderline comme on les aime. Et franchement, même s’il est censé être hanté par les horreurs qu’il a vues et vécues, l’auteur n’arrive pas à faire passer les fantômes.

Et puis il y a deux choses qui m’agacent prodigieusement.

Premièrement et surtout, la quatrième de couverture qui reprend un avis du New York Times disant "Harrison est à New York ce que Chandler et Ellroy sont à Los Angeles". Soit l’éditeur français (ou anglais) invente sans scrupule un avis d’ayant jamais été émis, soit le critique polar du New York Times écrive n’importe quoi sans lire les bouquins. Parce que comparer cet honnête polar avec deux monstres qui, chacun à sa façon, ont révolutionné le genre, c’est plus que gonflé ! Nombreux sont les auteurs, dans le monde entier, qui se disent influencés par Chandler ou Ellroy (ou Montalban, ou Taibo, ou Manchette, ou Simenon, ou Camilleri ou …). Je n’en ai encore vu aucun influencé par Harrison. Et à New York il y a quand même quelques pointures, style Himes, Block, Westlake, McBain … Sans parler du monument Necropolis !

La deuxième est un détail, le titre français. Cela n’aura échappé à personne, il n’a rien à voir avec le titre original. Je précise qu’il n’a rien non plus à voir avec le sujet du roman …

Bref tout cela pour dire que s’il vous l’avez sous la main, vous pouvez le lire pour passer un bon moment de lecture, à la plage ou dans le train, vite lu, vite oublié. Sinon, ce n’est peut-être pas la peine de faire le déplacement.

Colin Harrison / La nuit descend sur Manhattan  (The finder, 2008), Belfond (2009), Traduit de l’américain par Renaud Morin.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
commenter cet article

commentaires

jean-claude ramdam 24/02/2010 13:46


Pour avoir lu "Sales blancs" de Stephen Hunter je peux témoigner que ce livre excellent ne m'a pas du tout "détendu"mais effectivement ...des goûts et des couleurs il y a des lecteurs qui se
fendent la pipe en lisant les mésaventures de Jack Taylor.De même si Leonard est un écrivain merveilleux il n'est pas spécialement drôle!


Jean-Marc Laherrère 25/02/2010 02:37


Détendu au sens où c'est un thrilller dont les pages tournent toutes seules, très bien fait, très prenant, qui secoue, mais qui, pour ma part au moins, ne me laisse pas une impression durable comme
un Jack taylor justement.
Quant à Leonard, il est quand même souvent drôle, penses à Maximum Bob, La brava, Punch creole ... On ne rit pas comme chez Westlake, mais on sourit quand même souvent.


Serge 31 23/02/2010 23:41


Pas lu celui-ci, mais bon souvenir de "Manhattan nocturne" (same title en VO) un des premiers polars de Harrison, repris récemment en 10/18, qui avait fait son buzz dans les 90's... Là, l'éditeur a
peut-être tout simplement voulu surfer sur ce succès, un peu éloigné quand même (ils ont de ces trucs, parfois...). Bon repos loin de chez nous...


Jean-Marc Laherrère 25/02/2010 02:38


Ou c'est moi qui suis réfractaire. Il semble que Christophe ait apprécié, donc c'est un auteur qui "divise" ses lecteurs.


Xavier 23/02/2010 13:14


Les éditeurs français essaient de rendre leur thrillers vendeurs avec des titres traduits qui me font fuir, notamment quand ils emploient le mot mal, "The day after toomorrow" de Folsom est devenu
"L'empire du Mal", "By reason of insanity " de Shane Stevens se transforme en "Au-dela du mal",etc... Vive le marketing ras le lotus. Quant aux bandeaux ou 4e de couverture annonçant le nouveau
maître du thriller, c'est de la même veine.
Du coups, les deux avis divergents de Jean-Marc et Christophe, donnent envie de se faire sa propre idée.
Jean-Marc, quel thriller tu as aimé? Il faut bien se détendre.:-)


Jean-Marc Laherrère 23/02/2010 18:36


Souvent, si je veux me détendre, je préfère un auteur qui me fait rire, style Hiaasen, Moore, Pratchett, Leonard ...
Pour les thrillers, j'aime bien Connolly, ou de temps en autres, pour un bon coup de testostérone, Stephen Hunter.


christophe 23/02/2010 11:30


Je ne reviendrai pas sur tout ce qui est 4ème de couv', traduction de titres, petites phrases and c° mais, pour une fois, je ne suis pas du tout d'accord avec Jean-Marc cette nuit descend sur
manhattan est pour moi un excellent bouquin. Harrison vous embarque d’entrée de jeu et maintient le suspens avec des personnages qui se dévoilent progressivement (Jin Li, son frère, Ray Grant… ) en
prenant de l’ampleur. La force du roman tient aussi à la situation de départ qui paraît très claire (deux hommes cherchent une femme) mais qui rapidement s’opacifie et – comme dans un roman
d’espionnage – rapidement, on ne sait plus qui cherche qui et pourquoi, ce qui donne tout le piquant de ce très bon roman.


Jean-Marc Laherrère 23/02/2010 18:34


Des goûts et des couleurs ... Il faut dire aussi que je n'ai jamais pu m'intéresser aux histoires de banques, d'actions, de traders et autres ...


Laurent 23/02/2010 10:39


Le titre français est peut-être un hommage à un film de Sidney Lumet avec Andy Garcia : Night Falls on Manhattan, d'après un roman de Robert Daley.

Sinon j'ai lu un livre précédent de Colin Harrison : Manhattan Nocturne (Manhattan déjà...), et bien j'ai le souvenir d'un bouquin, pas mauvais certes, mais plutôt fade, en tout cas qui ne m'a pas
donné envie d'en lire d'autres.

Bref chez les écrivains nommés Harrison, je préfère Jim.

Bonne vacances argentines !


Jean-Marc Laherrère 23/02/2010 18:33


Jim ou même sa fille Jaimie dont la série norie avait publié quelques polars se déroulant au Montana de fort bonne facture.


Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
  • Contact