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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 12:12

Pour les amateurs de thrillers français, Bernard Minier est visiblement le nom de l’auteur qui monte, qui monte. Son premier roman, Glacé avait fait parler de lui, et je n’avais lu que du bien du suivant Le cercle. Malgré mon peu de goût pour les thrillers, j’ai décidé de ne pas être sectaire et d’essayer.

 

Minier

Marsac, la Cambridge du sud-ouest, pas loin de Toulouse. Cette petite ville tranquille est un des centres universitaires les plus recherchés de France, surtout pour son lycée et ses prépa littéraires prestigieuses. Quand une prof de français est retrouvée, assassinée chez elle dans des conditions particulièrement spectaculaires et cruelles, cela fait désordre. Le commandant Martin Servaz, de Toulouse, est appelé au secours par Marianne son ancien amour de jeunesse : Hugo, son fils, élève en prépa lettres, a été arrêté. Il était sur les lieux du crime à l’arrivée des gendarmes, prostré, visiblement sous l’emprise de drogues. Marianne est certaine de l’innocence de son fils que tout accuse et demande à Martin de tout faire pour le sauver de la prison. C’est alors que refait surface l’ombre d’un tueur en série que Servaz a déjà affronté et qui s’est évadé depuis deux ans … Le passé récent, et un passé plus ancien vont alors s’inviter dans une enquête à hauts risques.


Ben je crains de persister dans mon manque d’appétence pour le thriller …


Je n’ai rien à reprocher à celui-ci, et je veux bien croire qu’il fasse partie du haut de gamme du genre. L’intrigue est soignée, on tourne les pages, on veut savoir la suite, il y a du suspense. Contrat rempli donc.


Mais il n’y a rien à faire, je n’arrive pas à me passionner pour la vie (ou la mort) des personnages. Donc je ne tremble pas. Et s’il n’y a pas de « thrill » il n’y a plus de thriller. Comme le suspense marche on va au bout pour savoir le fin mot de l’histoire (même si j’avais deviné avant la fin, et en particulier avant les flics), avec curiosité mais sans passion ni crainte. Et du coup, le roman refermé, plus rien.


Qu’est-ce qui fait que je me passionne pour la vie de Jack Taylor, de Charles Resnick, de Charlie Parker de Giorgia Cantini ou de Mario Conde, et que je me fous de celle de Martin Servaz ? A cette question je suis bien incapable de répondre. C’est le mystère de l’étrange résonnance entre un auteur, ses personnages, et un lecteur.


Toujours est-il que, ce que les éditeurs français classent sous le terme de thriller m’est parfois agréable sans plus (comme ici), souvent absolument insupportable (fouillez dans les archives vous trouverez un ou deux exemples).


Bernard Minier / Le cercle XO Editions (2012).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

clément 11/12/2012 20:51


Je suis en train de le lire et pour l'instant je ne suis pas convaincu du tout. Au moins il m'a inspiré pour écrire un prochain billet : la recette du mauvais thriller !


Ce n'est pas le pire, loin de là. Juste l'inspecteur principal (ou commissaire je sais plus) qui balance des citations latines à tout va ce n'est quand même pas bien réaliste !


au passage Polars Addict change d'adresse et voici la nouvelle : www.polars-addict.com donc si tu peux mettre à jour ta section liens. Merci


au fait as-tu lu Baltimore de David Simon (sorti cette année chez Sonatine) ? ça devrait te plaire (attention aux 1000 pages quand même)

Jean-Marc Laherrère 12/12/2012 08:22



Pas lu baltimore, pourtant recommandé aussi par yan de encore du noir ... Le problème est qu'on se trouve submergé de bouquins et que certains passent à la trappe.



Carnets Noirs 11/12/2012 15:20


J'ai aussi lu Le Cercle. Un peu par hasard d'ailleurs puisque je ne suis pas non plus fan de thriller en général. La lecture est sympathique. J'ai aussi eu un sourire en retrouvant mon coin de
pays alors que je vis loin. Y'a pas de petit plaisir! Mais... mais je reste sur ma faim pour diverses raisons. Je n'ai pas vraiment compris le besoin de créer une ville très à l'anglaise avec un
fonctionnement très anglais dans un endroit où cela n'existe pas. Je n'ai rien contre l'imagination. Je ne comprends juste pas pourquoi. Il y a aussi le fait que j'ai l'impression d'être prise en
otage car je n'ai pas lu le premier. Ce n'est pas la suite et en même temps, il colle quand même beaucoup d'éléments en lien avec son premier livre. D'où ce texte tout le long sur une femme
prisonnière qui fait tomber le récit dans le glauque alors que cela ne fonctionne pas avec le reste de l'histoire.


Enfin, c'est mon avis, hein. Et je veux bien être taxée de snob intellectuelle. Mais bon pas bourgeoise. Pas que je ne voudrais pas d'ailleurs, mais libraire et bourgeois, c'est très rare!

Jean-Marc Laherrère 11/12/2012 15:41



D'accord avec ces deux critiques ... cela semble étrange de créer cett ville qui n'existe pas, surtout qu'on ne voit pas ce qu'elle apporte par rapport à une petite ville de province "classique".


Et à la réflexion, à part apporter une fausse piste un peu artificielle, on voit mal ce que les intermèdes glauques apportent.


Pour finir, bourgeois, encore faudrait-il savoir ce que ça veut dire? Habitant d'un bourg (ville) ? contraire de travailleur manuel ?



holden 11/12/2012 10:27


ah david gemmell le panard, je m'en remets pas de son fort alamo versio fantaisy


j'adoooooooorrrrrrrrrrrrre


la je suis dans le carceral du dible vaver pour fervier de ainna, putain je l'ai attaqué au café, j'en ai pris plein la tronche, pour y etre allé en tat que visiteur, et avoir des ams qui y sont
allés, putain je vous en reparlerai


qaund au reste, chacun aime ce qu'il veut, moi je lis de tout, mais la preference reste le noir, et c'est pike chez gallmeister qui remporte ma palme cette année


voili

Jean-Marc Laherrère 11/12/2012 12:08



Pike, très bonne pioche !


Et j'étais sur que tu aimais bien cette grosse brute de Druss !



Maïté Bernard 11/12/2012 08:39


Tout à fait d'accord avec Tasha qui dit qu'on ne va pas se mettre à faire de l'élitisme entre noir et thriller comme d'autres entre blanche et noire.  Bernard Minier est un très bon auteur
tout court, comme Grangé, comme Thilliez.  Seulement, j'ai largement préféré "Glacé" au "Cercle".  Je crois tout simplement que tu n'es pas tombé sur le bon bouquin de lui.  C'est
pas que "Le cercle" soit mauvais, mais effectivement il manque quelque chose...je n'arrive pas à mettre le doigt dessus, mais je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à ressentir ça.

Jean-Marc Laherrère 11/12/2012 09:11



Raté alors ? j'avais vu ici et là que Le cercle confirmait le talent de l'auteur et patati et patata ...


J'essaierai encore.


Tant qu'à "poser le cerveau", je viens de me régaler avec une bonne régression pour accompagner mon fils : De la fantazy avec du poil au pattes et de la castagne, mais racontée de telle façon
qu'il est impossible de lâcher le bouquin, c'est de David Gemmell et je crois que je vais même en causer ici d'ici quelques jours !



Tasha 10/12/2012 09:36


Oui, classifications d'éditeurs, souvent, comme quand les "one shot" de Lansdale sont marqués "thriller". Les auteurs ne se posent pas forcément la question des étiquettes, je pense. Je me suis
fait la même remarque que toi à propos de Nesbo! Et moi aussi je cours, par exemple Le bonhomme de neige, je ne pouvais plus le lâcher... Thriller? Noir? Peu importe!

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