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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 21:45

En bon lecteur de polars, je fais partie de ceux qui ont découvert DOA à son arrivée, fracassante, à la série noire, avec Citoyens clandestins. Folio policier a eu l’excellente idée de rééditer un de ses romans antérieurs, dans lequel, tout en ayant déjà une trame policière, il flirte avec le fantastique.

 

DOA ligneMarc Launay a fini sa journée de flic. Il rentre chez lui quand il tombe sur un accident. Le SAMU est là, un motard dans le coma … Il devrait passer son chemin, mais il s’ennuie, seul, depuis que sa copine est partie, et c’est Priscille Mer, avec qui il a fait un stage qui s’occupe de l’accident. Pour lui donner un coup de main, et parce que c’est Priscille, il propose d’aller avertir Madeleine, la copine du motard. L’appartement est vide, visiblement quitté en toute hâte, et quelque chose le gène. Mais quoi ?

 

Quelques jours plus tard, la jeune femme n’est toujours pas reparue, sa meilleure amie commence à s’inquiéter. Avant l’accident, Madeleine voulait rompre. Dans le service de neurologie où le motard est suivi, d’étranges incidents se produisent. Marc et Priscille ont de plus en plus l’impression qu’il se passe quelque chose de moche, de très moche …

 

Je ne sais pas si DOA est un lecteur de John Connolly, je ne sais pas si l’irlandais l’a influencé, mais on retrouve chez lui cette pincée de fantastique qui vient pimenter une enquête policière sans pour autant tomber dans la facilité (la facilité c’est se tirer d’une affaire très obscure grâce à de prétendus pouvoirs, maléfiques de préférence). En bref, l’ensemble est parfaitement cohérent (à défaut d’être vraisemblable, mais qui se soucie de vraisemblance ?).

 

Ceci dit, influence ou pas, on a déjà la patte DOA. Avec, pour commencer, son écriture, efficace, rythmée, extrêmement visuelle. Incroyablement visuelle même, particulièrement dans les passages angoissants où le lecteur voit la scène, littéralement, perçoit les ombres, les mouvements furtifs, entend les bruits inquiétants, et tremble avec le personnage.

 

Richesse de la construction également, que l’on a vu ensuite à l’œuvre dans Citoyens Clandestins,  qui fait ici merveille et fait passer comme une lettre à la poste ce pavé de plus de 600 pages. Une construction et une écriture qui s’appuient sur une description très crédible du fonctionnement des institutions policière, judiciaire et médiatique, et un sens aigu du rythme, avec une très belle maîtrise des ruptures, des accélérations et des apaisements.

 

Bref, un vrai régal, 600 pages de plaisir bien glauque, bien sombre, à se faire peur la nuit.

 

L’édition folio mentionne que l’auteur a retouché son texte précédemment publié, je serais curieux, si quelqu’un sait ce qu’il a changé, d’en savoir un peu plus sur ces retouches.

 

DOA / La ligne de sang, Folio Policier (2010).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

combe 21/07/2013 17:06


je suis assiduement votre blog ,tous les écrivains que j'ai découvert grace a vous sont super et je continu à vous suivre,car peu de blog polar arrivent à la qualité du votre.


Mais pour la premiére fois je suis plus que décu par ce polar"la ligne de sang".


Je me suis ennuyé a mourrir, des personnages qui se trainent, des interrogatoires de 4 pages pour rien dire, même en lisant en diagonale j'ai baissé les bras.Aucun rythme 600 pages à pleurer.


Il y a dix, cent fois mieux en polar, pourquoi ce médiocre écrivain?


 


 

Jean-Marc Laherrère 21/07/2013 20:04



Merci quand même ...


Attention, Ligne de sang est un roman de "jeunesse" de DOA qui ensuite a sorti son monument (à ce jour) Citoyens clandestins. Puis le très rythmé Serpent au mille coupures et ensuite a auqtre
mains avec Manotti l'honorable société.


Donc même si vous n'avez pas aimé celui-ci (ce que je peux comprendre), donnez lui (et donnez vous) une chance et essayez citoyens clandestins.



Nicolas 13/06/2010 09:07



C'est quand même TRES lent, sur les 300 premières pages : beaucoup de redites, je trouve, et un style "blanc", assez plat ("La marquise sortit à 5 heures...")...nettement en-dessous d'un Ferey ou
d'un Chainas quand même...


Puis à la page 350, l'enquête redémarre...mais là, je vois les accélérations et les changements de rythme, enfin...


Je suis encore sceptique, mais là, j'ai envie de finir, sans problème, sans être totalement convaincu


Je prévois Citoyens clandestins dans la foulée



Jean-Marc Laherrère 13/06/2010 11:36



Pour ma part je en l'ai pas trouvé lent ...


Ceci dit c'était un de ses premiers romans. Citoyens clandestins marque (si j'en crois ce que j'ai lu), un véritable tournant dans son style, et si vous aimez que ça aille vite je vous conseille
également le dernier qui est très nerveux et efficace.



Margotte en noir 03/06/2010 16:05



Voilà un bon polar qui donne quelques sueurs froides...



Jean-Marc Laherrère 03/06/2010 16:26



Je ne saurais mieux dire.



Coriolano 01/06/2010 10:05



Pas lu celui ci mais j'avais trouvé Citoyens clandestins franchement moyen : histoire pas franchement originale, voir carrément convenu (hou le méchant complot de l'état, ho les gentils
journalistes...) et surtout personnages absolument sans charisme et totalement ininteressant en dehors de Lynx qui est lui totalement improbable. SAS sans le cul. Review complète sur Bibliosurf.



Jean-Marc Laherrère 01/06/2010 11:19



Ben moi j'ai pas trouvé ... La journaliste est plus naïve que gentille, Lynx m'a bien plu ... Bref, j'avais aimé.


Pour celui-là, pas de complot d'état, des flics et du fantastique. Tu vois ...



Travis 31/05/2010 15:44



Salut Jean-Marc,


Sur le forum Polart Noir DOA "s'expliquait", je fais un copier coller de sa réponse.


 


"Tout d'abord entendons-nous bien, en tant que créateur d'une oeuvre, j'en demeure, de façon inaliénable, le propriétaire. Du moins en France. Cela me donne tout pouvoir sur son contenu et sa
forme. Ainsi je peux la changer si je veux, comme je veux, quand je veux. Dès lors, j'avoue ne pas comprendre ce qu'il y a de 'turlupinant' si, alors que moi-même j'évolue de façon constante au
fil des années, je décide que tel travail qui porte mon pseudo - dont je suis responsable, donc - à l'occasion d'une nouvelle édition qui aurait de toute façon vu le jour - le passage du grand
format au poche - doit lui aussi être éventuellement revu. Cela ne lèse personne. Les lecteurs du grand format le possèdent déjà et n'ont aucune raison, a priori, de le racheter. Les autres vont,
éventuellement, le découvrir. Autant qu'ils lisent un texte le plus fidèle possible à mes envies actuelles.

Dans le cas particulier de La ligne de sang, la révision du roman original a surtout pris la forme de coupes. Celles-ci sont intervenues alors que je
mettais le point final à Citoyens clandestins, en septembre 2006. Entre ce moment et l'écriture de La ligne,
trois ans s'étaient écoulés. Trois ans au cours desquels mon style, mes envies, mes goûts s'étaient affirmés. Si je m'étais écouté, à l'époque, j'aurais complètement réécrit ce roman. Mais
j'étais épuisé par Citoyens et je n'avais plus l'énergie pour le faire. Je me suis donc contenté de suivre les recommandations (certaines, pas toutes)
d'élagage de mon éditeur Folio. Presque. J'ai aussi changé quelques menus passages au début du récit et supprimé, de mon propre chef, une fin épilogue qui m'avait, en son temps, été imposée par
le Fleuve Noir. Moins gras, mais sans doute pas sans défaut, plus abrupt dans sa conclusion, le texte qui ressort aujourd'hui reste à 90% identique au précédent, sur la forme, et 99% sur le fond.
Les changements sont quantitativement mineurs mais rendront, je crois, l'expérience de lecture un peu meilleure."


de DOA le Mer 10 Fév 2010 sur le forum Polart Noir


 



Jean-Marc Laherrère 31/05/2010 15:51



Merci. Voilà qui répond à mes interrogations.


A la revoyure.



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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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