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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 23:10

En attendant de me concentrer sur la venue de Mister Ellroy, j’ai poursuivi la pause avec La nuit du souvenir, une réédition de Joseph Bialot chez folio.

 

Lucien Perrain est un rescapé. Un rescapé des camps d'extermination. A son retour en France, il semble avoir Bialot.jpgréussi à construire une vie normale. Avec une petite entreprise, une famille, et un petit fils, Julien, qu'il adore. En apparence, les camps sont oubliés. En apparence seulement. Quand Julien est enlevé et que les ravisseurs contactent son fils pour demander la rançon Lucien décide que plus jamais on ne lui dictera sa conduite. Il ressort son vieux Lüger et part affronter les imbéciles qui ont cru qu'il serait une proie facile, lui qui a survécu à l'indicible …

 

Cela pourrait être un polar banal, l'histoire mille fois écrite du citoyen banal pris dans des événements qui le dépassent, et obligé par ces événements à devenir un privé/tueur/flic … qu’il n’était pas auparavant. C'est d'ailleurs cela, entre autres.

 

Mais Julien, comme l'auteur, a survécu aux camps de concentration. Ce qui change tout. Et donne à Joseph Bialot l'opportunité de tenter, une fois de plus, d'expliquer l'inexplicable, de faire partager une expérience que personne ne peut comprendre s'il ne l'a pas vécu.

 

Au-delà de l’histoire, bien menée, le roman marque alors par son impact émotionnel, sa noirceur mais aussi son humanité.

 

Joseph Bialot / La nuit du souvenir, Folio/Policier (2010).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

Maïté Bernard 24/01/2011 10:40



Je n'ai pas lu "A la vie" mais je pense que je vais rester sur la forte impression de "C'est en hiver que les jours rallongent".  Il y a des auteurs, je ne sais pas pourquoi, tu en lis un,
tu adores, tu veux lire les autres, et d'autres, tu en lis un, tu adores, et c'est tellement parfait, c'est tellement The One, que tu ne veux surtout pas en lire d'autres.  C'est ce qui
m'est arrivé avec "Nocturne Indien".  J'ai une passion pour ce bouquin et je ne veux surtout pas lire quelque chose de moins bien de Tabucchi, ou qui serait asussi bien mais qui ne me ferait
pas tant d'effet.



Maïté Bernard 24/01/2011 09:20



Je n'ai pas lu celui là mais j'ai toujours une petite frustration avec les romans noirs de Bialot comparés à "C'est en hiver que les jours rallongent" que je trouve parfait.  Tu l'avais
peut-être lu.  Pas de polar là-dedans, mais du noir bien sûr puisqu'il y racontait son arrestation en 1944 et sa déportation à Auschwitz.  Mais ce qui m'avait marqué, c'était que je
lisais pour la première fois un témoignage de ce qui s'est passé une fois que les Russes ont libéré le camp.  Comment tu rentres à Paris quand tu es en Pologne?  A pied?  J'avais
beaucoup aimé la structure fouillis où il mélangeait les souvenirs de ce qui se passe à partir de cette libération avec ce qu'il a vécu avant.  Un roman très beau, très solaire malgré tout,
et..."plein", c'est le mot qui me vient.  Dans ses polars, j'ai toujours l'impression d'une retenue, mais pas là, vraiment pas.



Jean-Marc Laherrère 24/01/2011 09:26



Je sais que je devrais le lire ... et je n'arrive jamais à trouver le temps de la faire.


As-tu lu sa grande saga familiale, A la vie ! réédité récemment ?



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