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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 16:45

On ne peut pas lire tout le temps des machins très sérieux, très déprimants et très sombres. Même l’amateur de polars engagés qui veut montrer à la face du monde que la phrase « c’est plus qu’un polar » est une énorme connerie peut aussi, de temps en temps, lire un bouquin qui, pour paraphraser le grand Pierre, n’a d’autre prétention que celle de nous divertir (prétention au demeurant extrêmement ambitieuse). Taxi, Take off  & Landing de Sébastien Gendron fait partie de ces excellents remèdes à la morosité ambiante.


Gendron-copie-1Hector Malbarr est totalement oubliable. Taille moyenne, peau blafarde, signe distinctif néant, forme physique inexistante, courage nul … Donc Hector Malbarr devrait déjà s’estimer extrêmement satisfait d’être sur le point d’épouser la blonde Glenda. Certes Glenda prend du lard, est chiante au possible et n’aime pas qu’on la touche. Mais Glenda est richissime, et grâce à elle Hector s’est habitué aux grands hôtels, à la première classe et aux salons VIP. C’est d’ailleurs dans un de ces salons qu’un brune explosive s’approche de lui … et l’embarque vers une île tropicale avec force baisers. Le paradis ? Bien sûr que non. Le début d’une avalanche d’emmerdes.

 

Sérieux s’abstenir. On n’ouvre pas ce livre pour se faire mal aux neurones ou s’apitoyer sur le monde. On ne l’ouvre pas non plus avec l’idée de chercher la petite bête, le détail qui tue, la montre au poignet du figurant n°583 dans la grande scène de Ben Hur. On l’ouvre pour se marrer. Sébastien Gendron fait dans le pastiche, le potache, le qui tâche. Comme il le fait avec un vrai sens de la formule et une énergie qui emporte tout, ça marche.

 

Un faux roman d’espionnage, plus proche de Casino Royale que de Goldfinger, où on apprend un peu d’espagnol (dans un réjouissant mélange tutti frutti allant de l’argentin au castillan) et un peu d’anglais, où l’auteur rend un bel hommage à Santiago Gamboa, et n’hésite devant aucun jeux de mot, même le plus vaseux … Bref, pourquoi se priver d’un tel plaisir ?

 

Sébastien Gendron / Taxi, Take off  & Landing, Baleine (2010).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

jeanjean 16/11/2010 18:51



D'accord, une fois de plus, et ça du bien de lire ce genre de bouquin entre deux romans plus...noirs.



Jean-Marc Laherrère 16/11/2010 23:57



Et oui, une fois de plus.


J'ai enchaîné avec le dernier Rankin, magnifique. Note en ligne demain.



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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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