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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 20:58

Gallmeister, en général, c’est la promesse des grands espaces, de l’air pur, quitte à se colleter avec une nature pas forcément clémente et accueillante. Oubliez tout ça. Pike de Benjamin Whitmer nous amène en ville. Nous attrape par la peau des fesses pour nous balancer le nez dans la neige fondue et dégueulasse …

Whitmer

Douglas Pike fut un truand craint dans toute sa région natale, proche de Cincinnatti. Il a disparu quelques années, et depuis son retour il s’est rangé et fait des rénovations d’appartements pour le compte d’un flic, avec l’aide d’un jeune boxeur qu’il a pris sous son aile. Ce semblant de quiétude vole en éclat quand une prostituée lui amène Wendy, douze ans. Wendy est sa petite-fille, Sarah la mère qu’il na pas vue depuis qu’elle a eu six ans vient de mourir d’une overdose et Wendy n’a pas d’autre famille. Quand Derrick Krieger, flic violent et pourri jusqu’à la moelle commence à tourner autour de Wendy, les vieux démons se réveillent.


Je ne sais qui a dit, à propos de Chandler ou Hammett (je fais appel à la culture de mes lecteurs), qu’ils avaient sorti le roman de déduction anglais des salons de thé pour le jeter dans la rue. Une formule qui s’applique, ô combien, à Pike.

Ecriture à la fois sèche et poétique, ambiance gelée et désolée, rues de neige salie, univers de junkies, de putes, de flics pourris et de rades infâmes … Autant Gallmeister nous avait habitué à l’air pur des grands espaces, autant ce roman est urbain, ou plutôt périurbain, et glauque.

Le texte est saisissant, la plongée en enfer suffocante. Pas de branche à laquelle se raccrocher, pas de bons sentiments, pas d’échappatoire. Pas de chevalier blanc, pas de justicier. Que la violence de rapports humains basés sur la force et le pouvoir.

Un roman en forme de baquet de neige glacée en pleine figure. Impressionnant.

Benjamin Whitmer / Pike (Pike, 2010), Gallmeister (2012), traduit de l’américain par Jacques Mailhos.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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commentaires

Guillome 02/10/2012 13:21


un roman léger et vivifiant que j'ai beaucoup aimé

Jean-Marc Laherrère 02/10/2012 13:39



J'irai jusqu'à dire primesautier ...



Tasha 14/09/2012 08:07


Tout ça m'a lair bien sympathique... Ah! C'est Chandler parlant d'Hammett, je crois: "Hammett a sorti le crime de son vase vénitien et l'a flanqué dans le ruisseau" (certains traduisent plutôt
par caniveau).

Jean-Marc Laherrère 14/09/2012 08:35



Tasha et Eric !


Je savais que ces deux là étaient dans le coup ! Mais je suis complètement à la rue et je n'ai pas eu le temps de vérifier sérieusement.


Et en plus je savais que j'avais plein de lecteurs cultivés, intelligents et sympathiques.


Sisi.



Éric Forbes 14/09/2012 04:52


C'est ce que Chandler a dit de Hammett.

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