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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 11:56

Cela devient une habitude, tous les ans, un petit tour en Islande avec Erlendur. Et patapoum, cette année, autant casser le suspense tout de suite, on a bien droit à un petit tour en Islande avec Arnaldur Indridason, mais pas trace d’Erlendur dans La rivière noire. Explication.

 

IndridasonUn jeune homme d’une trentaine d’année est retrouvé égorgé dans son appartement. Un jeune homme apparemment sans histoire, employé modèle, aimable bien que plutôt solitaire. Seul détail qui jure : il avait dans sa poche un flacon contenant des pilules de Rohypnol, la drogue du viol … En l’absence d’Erlendur, parti en congés dans les fiords de l’est, c’est sa collègue Elinborg qui hérite de l’enquête. Une affaire au cours de laquelle le joli masque lisse de la victime va se fissurer pour révéler une rivière bien noire.

 

Comme toujours, et même en l’absence d’Erlendur, Arnaldur Indridason arrive à instaurer une tension et à passionner son lecteur avec une histoire qui pourrait sembler anodine. Je dois avouer pourtant qu’au début j’étais sceptique. Elinborg est plus « fade » qu’Erlendur : vie de famille, bon mari, enfants avec des problèmes normaux … Et on aime bien les fêlure d’Erlendur, son obsession pour les disparitions, le traumatisme de celle de son frère, ses problèmes avec sa fille …

 

Et bien malgré tout, peu à peu, ce diable d’Indridason arrive à nous accrocher, à nous accrocher ferme. Qualité des personnages, écriture qui rend très bien une certaine mélancolie, empathie et humanité dans les description des souffrances des victimes. Avec ici la très belle description d’un village paumé comme il doit y en avoir là-bas. Paumé et fermé, et muet, où tout se sait, même les plus vilains secrets, mais où personne ne dit rien, où le couvercle de la marmite est bien fermé, hermétiquement …

 

Et une intrigue toujours solide et parfaitement agencée. Cela doit faire partie de la recette. Puis il y a le talent du chef. Et pour finir, une petite note angoissante qui ouvre la porte vers la suite … Mais je ne vous en dit pas plus.

 

Arnaldur Indridason / La rivière noire (Myrká, 2008), Métailer (2011), traduit de l’islandais par Eric Boury.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars scandinaves
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commentaires

Gertrude 13/02/2011 12:42



Une note angoissante? Vite faut que je finisse ma lecture en cours, afin de me mettre à cette aventure de Mr Indridason.



Jean-Marc Laherrère 13/02/2011 15:51



Et oui, et je n'en dirai pas plus, même sous la torture.



Sisco 07/02/2011 18:07



C'est vrai que dans Hiver arctique, j'ai été un peu déboussolé par le volet racisme, c'était un peu mou. Et je me rappelle d'une filoche dans les rues qui n'étaient pas extraordinaire. Le début
était très bon par contre, la découverte du corps, la familel de la victime... Moi je conseille plus Indridason que Mankell. C'est plus régulier à mes yeux.



Jean-Marc Laherrère 07/02/2011 18:33



Mankell est, dans certains de ses romans, plus puissant, son souffle plus romanesque, plus vaste. Mais effectivement, Indridason est peut-être plus régulier.



sisco 07/02/2011 14:02



Je ne trouve pas Elingborg fade : elle a ses problèmes mais c'est sûr qu'elle n'a ni les fantômes d'Erlendur ni la fille défoncée qui va avec. J'ai beaucoup aimé la peinture des femmes dans ce
livre. Et puis l'ambiance est toujours remarquable, avec cette ordure que l'on veut coincer et ce sentiment que finalement la victime n'a eu que ce qu'elle méritait quelque part. C'est dérangeant
mais tellement vrai. Je trouve Indridason de plus en plus intéressant. Il commence à avoir une oeuvre qui ressemble à quelque chose. Depuis La femme en vert je nais pas décroché. Avec une mention
spéciale pour La voix.



Jean-Marc Laherrère 07/02/2011 16:18



J'ai juste quelques restrictions sur Hiver arctique.


Et c'est vrai qu'en bon amateur de polars, j'aime les personnages qui ont une blessure (même si ça fait un peu cliché à force).


J'avoue "fade" est un terme sans doute inapproprié, mais je n'en ai pas trouvé d'autre.



Hannibal le lecteur 06/02/2011 23:11



Indridason, j'ai tout lu, j'ai tout aimé. Celui-ci ne déroge pas à la règle, malgré l'absence d'Erlendur (d'accord sur le fait qu'Elinborg est quand même un peu plus "fade"). Un de mes chouchous
cet Indridason...



Jean-Marc Laherrère 06/02/2011 23:28



C'est vrai que c'est une valeur sure.



Michel 06/02/2011 21:53



je reviendrai te lire quand je l'aurai lu


il est dans ma pal...



Jean-Marc Laherrère 06/02/2011 23:27



A bientôt.



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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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