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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 22:11

Revoilà Ingrid Astier apparue à la série noire il y a quelques années avec Quai des enfers. Revoilà la Seine, Paris. C’est dans Angle mort, et je reste sur la même impression que dans le premier roman. Exactement la même.

 

Astier

On retrouve les flics de Quai des enfers. Côté pile. Et côté face c’est Diego, un braqueur, un fantôme. Jamais attrapé, jamais entrevu par les flics. Diego qui file sans laisser de traces, qui tue sans état d’âme, mais qui a un point d’ancrage, la famille. Son frère et complice Archi, et sa sœur, Adriana, la mésange, trapéziste virtuose au cirque Médrano. Jusqu’au jour où un casse particulièrement violent réalisé avec un caïd d’Aubervilliers met les flics, tous les flics, sur ses traces.


Je pourrais reprendre quasiment mot pour mot ce que j’avais écrit sur Quai des enfers. J’ai retrouvé les qualités et les défauts du premier. Pour prendre une analogie musicale, j’ai eu en lisant Angle mort la même impression que parfois en jouant dans un groupe. Tout le monde semble en place, personne ne fait de fève, et pourtant, pour une raison très difficile à pointer du doigt, ça n’avance pas, ça ne groove pas, on a l’impression de nager tout habillé !


Là c’est pareil. De très belles pages, de bonnes idées et … ça n’avance pas. Et du coup ma lecture a traîné.


Les seules choses que je sais identifier sont, une fois de plus, les mêmes que dans le premier roman. Impossible de m’attacher à un personnage, sauf à Adriana, la seule qui me touche. Et les dialogues me gênent. Je ne les « entend » pas, ils me semblent trop « écrits ».


Entendons nous bien, je sais que tout écrivain travaille son écriture. Je sais aussi que si certaines donnent une impression de facilité et de naturel (comme celles de maîtres comme McBain, Leonard ou Westlake) d’autres revendiquent ouvertement leur étrangeté en quelque sorte (l’ouverture de Versus en est pour moi un exemple éclatant). Mais elles sont portées par une énergie qui fait tout passer. Là j’ai l’impression de voir, de sentir le travail d’écriture, la volonté de faire de belles phrases, de faire claquer les dialogues … mais ça se voit trop et je ne marche pas.


A noter quand même un belle fin, attendue, inévitable, incontournable … Mais réussie. Et oui, quand on va ainsi vers un final quasi obligatoire, il ne reste que deux solutions. Soit on le rate et le lecteur hurle au cliché, soit on le réussit et le lecteur est enchanté parce que parfois on aime avoir ce que l’on attendait. Ici il est beau et réussi. Bravo.


Au résumé, comme pour le premier, un roman ambitieux, de très belles pages, en particulier sur le cirque, mais un ensemble pas totalement convainquant. Et j’attends le prochain … Mais je peux aussi me tromper. J’imagine que si la série noire soutient ce livre et cet auteur, c’est qu’il doit avoir des qualités à côté desquelles je suis passé, mais que certains d’entre vous auront vues … A vous donc.


Ingrid Astier / Angle mort, Série Noire (2013).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

norbert 11/02/2013 22:01


Tu n'as pas été quand même bluffé par la dernière partie ? Là, Aubert se fait vraiment virtuose en baladant le lecteur pendant toute la scène de la soirée du réveillon de Noël à laquelle on sait
que le tueur est présent, et où justement la narration change de personnage presque à chaque paragraphe pour mieux brouiller les pistes (j'avais une petite idée de l'identité du tueur, mais elle
a réussi à me faire douter plus d'une fois). Et puis il y a de très beaux moments dans le roman, que ce soit à travers les yeux de la fillette, de Black Dog, par exemple.

Jean-Marc Laherrère 11/02/2013 22:17



Sisi, j'ai trouvé cela très bien fait. Même si ce n'est pas le style qui me chamboule le plus, mais c'est vrai que le final est impressionnant.



norbert 11/02/2013 10:30


Pour répondre à ta question plus haut, par exemple je n'ai pas été TOTALEMENT enthousiasmé par le denier Aubert, La ville des serpents d'eau. Et pourtant sur environ 280 pages, il y a une
dernière partie de 60 pages environ (juste avant le dénouement final, lui aussi très réussi) qui est quasiment un morceau d'anthologie catégorie suspense et où là c'est vraiment du grand art ! Je
ne peux pas endire plus, il faut le lire, mais heureusement à mes yeux ça a racheté tous les petits détails qui m'avaient fait tiquer jusque là.


Disons qu'en fait, j'ai l'impression qu'elle frisé la perfection, ou, je ne sais pas, le "chef d'oeuvre" du genre on va dire, mais que globalement le roman n'a pas été assez "fouillé" ou
"travaillé". Dur dur de me faire comprendre, mais en gros je trouve qu'il manque une pointe de suspense et de rebondissements avant cette fameuse dernière partie, mais qu'il aurait fallu pour ça
rallonger un peu le livre.


Même si ça reste très bon, c'est cette impression, surtout après avoir lu les formidables 80 dernières pages, qui m'a empêché d'être vraiment follement enthousiasmé, si tu vois ce que je veux
dire...

Jean-Marc Laherrère 11/02/2013 12:10



Cela répond à ma question.


pour ma part j'ai trouvé le Aubert très agréable, bien fichu, mais je n'irai pas crier au chef-d'oeuvre.



Sisco 10/02/2013 11:34


Angle mort est moins réussi que Quai des enfers, je trouve. Il est beaucoup trop technique dans sa partie policière, avec une avalanche de sigle à vous donner le vertige. Dans sa partie truands,
il y a des invraisemblances et la plus grosse est la scène où Rémi, de la fluviale, tombe sur Diego... là j'ai vraiment décroché.

Jean-Marc Laherrère 10/02/2013 11:45



J'ai aussi été géné par l'avalanche de sigles, même si je suis certain que c'est bien comme ça que causent les flics (dans mon boulot aussi on utilise des sigles incompréhensibles tous les jours
!).


Et le problème de la scène entre Diego et Rémi vient, je crois, de la volonté d'inclure à tout prix la brigade fluviale qui n'avait peut-être pas grand chose à faire dans cette histoire ...



Tasha 07/02/2013 18:03


Moi je me laisserai peut-être tenter. Je n'avais pas été totalement convaincue par Quai des enfers, et pourtant j'avais le sentiment que c'était un auteur (une auteure) à suivre.
L'intrigue m'avait parfois fait soupirer, il y a même des moments où je me disais "mais qu'est-ce que j'en ai à f...?!", mais il y avait un ton, une atmosphère, et si mes souvenirs sont bons, une
écriture. A voir, donc. 

Jean-Marc Laherrère 07/02/2013 18:17



J'attends ton avis avec impatience et curiosité !



Gwenaelle 07/02/2013 08:53


Comme toi, Quai des Enfers ne m'avait pas convaincue. Je ne tenterai pas le sort avec celui-là puisqu'il semble pâtir des mêmes défauts... 

Jean-Marc Laherrère 07/02/2013 10:22



C'est mon avis, très subjectif, je suis curieux d'en avoir d'autres.



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