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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 22:05

C’est la rentrée aussi chez Gallmeister. Avec une nouveauté, un nouvel auteur de nature writing. Génial. Je me suis donc précipité sur Animaux solitaires de Bruce Holbert que j’aurais vraiment voulu adorer. Mais non, à mon grand regret.

Holbert

Nous sommes dans les années trente, quelque part dans le nord-ouest des US. Russel Strawl qui a été policier pour le compte de l’armée est retraité dans son ranch, et il s’ennuie ferme. C’est pourquoi il accepte de reprendre du service quand un shérif vient lui demander de trouver un tueur qui sème des cadavres soigneusement mutilés. Une traque s’engage, mais Russel sait qu’il est à la fois chasseur et gibier. Gibier car son passé de violences au service de l’armée fait de lui un suspect potentiel. Gibier car, comme il le dit lui-même, quand on part à la chasse à l’ours, il faut parfois être prêt à ce que l’ours aussi soit en chasse.


Voilà, j’ai attaqué ce roman tout à fait disposé à être emballé. Et ça a failli être le cas. Mais dans l’ensemble je suis plutôt perplexe.


Tout d’abord parce que du début à la fin je n’ai pas réussi à comprendre les motivations et les ressorts des personnages. Je suis peut-être bouché, ou c’est voulu, mais je ne vois aucune cohérence dans leurs actions. Et j’avoue que les quelques pages concernant leurs philosophies de vie m’ont parues assez fumeuses.


Ensuite j’ai trouvé qu’il y avait un manque de lien entre les différentes scènes du roman. Ce qui est fort dommage car grand nombre d’entre elles sont impressionnantes (j’y reviendrai). Mais j’avoue avoir eu du mal à relier un morceau de bravoure à l’autre.


Pour finir, je sais que les auteurs américains sont les champions du dialogue à double sens, à sens caché, à ellipse … Mais là c’est trop, j’ai souvent été complètement largué au point de sauter certains échanges, ce qui est un comble, car, comme le disait le grand Elmore Leonard, on n’a jamais vu personne sauter les dialogues dans un roman.


Et je regrette car l’écriture a une grande force, certains personnages, à commencer par Strawl sont particulièrement marquants, et surtout il y a des scènes inoubliables. Comme celle où il lâche un taureau fou de rage dans le bureau de la police tribale, ou le lever de soleil contemplé depuis un banc en haut d’un arbre. Des scènes qui révèlent une puissance d’imagination et d’écriture remarquable. A se demander si l’auteur n’aurait pas mieux fait d’écrire un recueil de nouvelles.


Bref, je suis dépité d’être déçu, et très désireux de voir ce que vous en avez pensé, et de lire comment vous le défendez ou faites part d’une perplexité semblable à la mienne.


Bruce Holbert / Animaux solitaires (Lonesome animals, 2012), Gallmeister (2013), traduit de l’américain par Jean-Paul Gratias.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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commentaires

Choupynette 20/09/2013 13:23


c'est rare, un billet négatif/mitigé sur une édition de Gallmeister...

Jean-Marc Laherrère 20/09/2013 14:02



Il faut dire que c'est une maison très exigeante et cohérente dans ses choix.



Norbert 16/09/2013 23:49


Oui, il faut vraiment que tu reçoives les Ombres Noires. Je suis sûr que tu aurais beaucoup aimé Utopia de Towfik, par exemple : court mais percutant !


Pour le Holbert, je viens enfin de le recevoir (mais en contactant moi-même, par contre), je verrai ça.


Et puis je languis un poil ton avis sur l'autre Série noire, le Michael Olson, "L'autre chair"...  ;)

Jean-Marc Laherrère 17/09/2013 11:36



Le Olson est dans la pile d'attente, bientôt donc.



Laure 09/09/2013 16:05


Alors là, tu me fais plaisir !!!! Moi non plus, j'ai pas su par quel bout le prendre ce bouquin. Moi aussi, je l'attendais en me pourléchant les babines, je l'ai même demandé en avant première en
servioe-presse pour notre journée "Rentrée littéraire", tt en me disant "Chic, je vais avoir un chouette roman policier à présenter, ça changera de ces machins de littérature noble qu'on comprend
rien, mais qu'on est forcés de crier au génie, prix littéraire oblige". J'ai tenu jusqu'à la scène du taureau, et puis il (le bouquin par le mâle mammifère) a fini par me tomber des mains (et
suivant mon expression, il est resté par terre), et pfff .... Je crois qu'il est juste mal écrit.  En revanche je suis entrain de lire un bouquin qui devrait t'interesser (ça se passe en
Argentine). C'est "Monstres à l'état pur" / Miguel Ángel Molfino. Ed. Ombres noires, sept 2013.

Jean-Marc Laherrère 09/09/2013 17:24



Je ne dirais pas qu'il est mal écrit, j'ai plus l'impression que, à mon goût, c'est du liant et de la construction qu'il manque. Mais je sais que certains lecteurs ont adoré ...


Pour le Molfino, il faut que je me rapproche d'Ombres Noires.



holden 09/09/2013 09:36


arrete de dire que tu es bête tu te dénigres et tu denigres aussi le roman, quel est le probleme moi je l'ai adoré, je le trouve parfait, toi  non, on est different des humains.


that s all folk, pour info je vais publier unenetrtien avec lui, as tu une question a lui posé ?

Jean-Marc Laherrère 09/09/2013 10:22



Pas de questions à lui poser.


Reste une question pour moi : est-ce moi qui ne comprend pas les motivations du personnage et ce qui le fait bouger ? Ou est-ce voulu par l'auteur de rester très flou, voire obscur ?



Norbert 07/09/2013 19:46


Je n'ai pas compris par rapport aux dialogues : il n'y en a pas, ou ils ne veulent pas dire grand chose, selon toi ?


Sinon, si par hasard tu passes à côté, je te conseille vivement "Manuel de survie à l'usage des incapables" de Thomas Gunzig, rien que le premier chapitre est hallucinatoire (et ça continue
après) ! C'est pas estampillé polar, mais c'est violent aussi et très bon !

Jean-Marc Laherrère 07/09/2013 20:21



Il y a des dialogues, mais ils sont un peu trop alambiqués et obscurs pour moi. Ou je suis trop bête ...



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