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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 22:19

Burke Pegase

Le voilà. Quoi ? Le Dave Robicheaux de l’année. Et cette année, comme l’an passé, et sans aucun doute comme l’an prochain, nous avons droit à un grand cru. Il s’appelle La descente de Pégase.

 

Une jeune étudiante à qui la vie souriait se suicide dans le jardin de son père. L'autopsie révèle qu'elle avait bu, pris de la drogue, et avait eu plusieurs rapports sexuels juste avant de se tuer. Le corps d'un vagabond a été trouvé au bord de la route. Il semble avoir été tué par un chauffard qui aurait pris la fuite. Mais il présente des lésions ne cadrent pas avec cette hypothèse. Trish Klein, belle et jeune arnaqueuse débarque en Louisiane, et prend pour cible les casinos appartenant à un truand de Miami …

 

Trois affaires en apparence totalement déconnectées les unes des autres. Mais à l'intersection on trouve toujours Bello Lujan, truand de New Iberia, violent, primaire, issu de milieux pauvres, et Whitey Bruxal, mafieux de Miami dont Dave a croisé la route vingt ans auparavant et qui est en train de prendre pied en Louisiane par le biais des casinos. La confrontation ne fait que commencer, les morts ne vont pas tarder à s'accumuler …

 

Un Dave Robicheaux pur jus, de ceux qui ne surprennent plus, mais dont on ne se lasse jamais. Dave, ses failles, son humanité, ses faiblesses, sa colère, son impuissance rageuse face à ce que les riches et puissants font subir à la Louisiane et à ses habitants les plus pauvres. Mais aussi Dave et son amour pour sa ville, pour les bayous, pour ce qui reste encore de pur, de beau, d'émouvant.

 

Et son pote Clete, sa chef Helen, sa nouvelle femme, son raton laveur boiteux … Tout ce qu'on aime dans cette série est au rendez-vous. Avec une fois de plus des descriptions magiques, des accélérations de rythme, et une histoire lentement et amoureusement mijotée qui tient en haleine.

 

Bref, on vibre, on tremble, on enrage, on sourit … et on en redemande. D'autant plus que l'épilogue conclue sur l'arrivée de Katrina, et que l'on est impatient de voir comment James Lee Burke va traiter ce traumatisme (les échos sur les sites américains parlent de chef-d’œuvre …).

 

Précision : Pour ceux qui se poseraient des questions sur le titre, il est fortement mythologique. L’un des personnages centraux, Bello Lujan, se prénomme en réalité Bellérophon Lujan. Bellérophon dompta Pégase, et grâce à lui put vaincre la Chimère. Mais, histoire connue dans la Grèce antique, se crut alors l’égal des Dieux et voulu, emporté par sa fabuleuse monture, monter jusqu’à l’Olympe. Zeus, bien évidemment, ne l’accepta pas, envoya un taon piquer Pégase, et Bello chuta. Plouf ! Voilà qui éclaire le titre, et indique, dès le début, quel sera le destin d’un des personnages … Seule différence, dans la Louisiane de Robicheaux, les Dieux sont bien petits, et leur cruauté bien mesquine. N’est pas Zeus qui veut.

 

James Lee Burke / La descente de Pégase  (Pegasus descending, 2006), Rivages/Thriller (2010), Traduit de l’américain Patricia Christian.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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commentaires

meyer meyer 07/06/2011 01:10



Docteur c'est grave ? J'ai du mal avec Burke et Robichaux. C'est le 2ème que je lis (après dernier tramway...) et je n'accroche pas. Peut-être faut-il en lire plus pour que le phénomène série
s'empare de moi. En tout cas je me fais l'effet d'un extra-terrestre parmi les lecteurs de ce blog,seul à ne pas aimer le bouquin, perdu comme pourrait l'être sarkozy dans une équipe de
basket. Allez ce soir j'attaque Tijuana straits en espérant être comme suivant d'accord avec l'ami Jean-Marc.



Jean-Marc Laherrère 07/06/2011 09:30



Burke a une écriture très lyrique, très typée. On n'est pas obligé d'adhérer ... Donc non, ce n'est pas trop grave ... même si c'est dommage.



Pierre FAVEROLLE 17/08/2010 09:30



Salut Jean Marc, je te pose la même question qu'à Jeanjean. A force de vous lire, je vais tester un Robicheaux. Lequel me conseillerais tu ? Merci



Jean-Marc Laherrère 17/08/2010 22:56



Conseil très bateau, tu peux commencer par un des deux premiers, à savoir "la pluie de néon" ou le second "prisonniers du ciel".


L'ordre n'est cependant pas aussi important que dans d'autres séries, même si on suit l'évolution du personnage. Si tu veux n'en essayer qu'un, ce serait peut-être "dans la brume électrique avec
les morts confédérés".



poupoune 12/08/2010 19:36



je viens (enfin) de le finir : un bijou, à mon avis bien meilleur que le précédent que j'avais trouvé un peu moins bon que "la moyenne" (celle-ci étant, dans le cas de James Lee Burke en
général et de Robichaux en particulier, très élevée...)


 



Jean-Marc Laherrère 12/08/2010 22:20



Et il parait que le suivant est un sommet !



Sisco 06/07/2010 18:49



J'ai encore bien aimé celui-ci. Je regrette Bootsy et Alafair, cela apportait une vie de couple plus complète. Du coup c'est Tripod ici qui entre un peu plus dans le livre ! Mais quelle scène
finale encore. Tant que Robicheaux sera aux côtés de Cletus, je crois qu'il aura sa doublette magique. Vraiment, Burke écrit une série qui fait date et c'est cool de lire ça en temps réel, avant
qu'il ne nous claque entre les doigts. Longue vie à Belle-Mèche.



Jean-Marc Laherrère 14/07/2010 23:21



Entièrement d'accord, longue vie à Robicheaux et à son auteur.



Robert 03/07/2010 11:20



Eh ben par exemple, j'aimais pas trop les James Lee Burke. Dans la brume avec les morts confédérés m'avait pas plu. J'avais tenter un autre héros, l'avocat  texan, Holland je crois, dans La
rose du Cimmaron, qui ne m'avait pas convaincu non plus. Et ma fille m'a offert celui-ci, que j'ai un peu lu à reculons, mais bon, c'était un cadeau de ma fille. Eh ben, il m'a drôlement plu. Je
l'ai dévoré. Tout le monde dit qu'il est moyen, pour l'instant, c'est ce que j'ai lu de mieux de Burke. Peut-être que je vieillis?...



Jean-Marc Laherrère 14/07/2010 23:16



Je crois, sincèrement, que comme le bon vin Burke s'améliore en vieillissant, il gagne en maturité, en maîtrise tranquille de son art. A suivre le plus longtemps possible donc.



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