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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 17:59

Après Sur les nerfs, Larry Fondation revient sur ces éclats de vies déclassées à Los Angeles. Criminels ordinaires, le titre est plus explicite.

 

Fondation

Des gens flingués pour un regard de travers, une errance au Mexique, du sexe sans amour et sans émotion, des braquages bourrés ou complètement dans les vaps, des bagarres dans les bars … Pas de grands criminels géniaux, pas de vols spectaculaires, pas de serial killer au QI exceptionnel chez Larry Fondation. Rien que la misère, parfois encore plus morale et culturelle que financière. Et la bêtise et l’envie.


Criminels ordinaires est vraiment la prolongation de Sur les nerfs. Même personnages, même écriture, même force d’évocation de la réalité brute. C’est à la fois la force, et la limite de ce nouveau recueil.

La limite car on se demande si l’auteur peut écrire autre chose (plus long, ou sur d’autres sujets, ou plus construit), parce qu’on est en terrain très connu. Limite aussi parce que sur ce recueil il me semble que les textes les plus longs sont les moins convaincants.


Force parce qu’on retrouve cette humanité à la fois brute et vide. L’écriture sans aucun effet est au diapason de vies qui semblent sans colonne vertébrale : des désirs, des satisfactions immédiates, mais aucun réflexion, aucune construction, pas de prévision à plus de quelques jours. Le reflet de toute une portion de l’humanité réduite à la survie, sans avenir, sans rêve, sans espoirs … Mais également dépourvue de colère, de révolte, de la culture politique, de l’esprit de solidarité et de classe qui, dans une situation qui économiquement comparable, avait donné toutes les luttes du XX siècle.


Un portrait et un constat glaçants, désespérants rendue dans toute leur sécheresse.


Larry Fondation / Criminels ordinaires(Common criminals, 2002), Fayard (2013), traduit de l’américain par Alexandre Thiltges.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Nouvelles noires
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commentaires

Yan 17/02/2013 18:49


J'ai beaucoup aimé, comme j'avais aimé Sur les nerfs, et je suis d'accord avec toi, dès qu'il rallonge ses textes, il se montre moins accrocheur, un peu ennuyeux parfois. Mais bon sang,
sur le format court, c'est quelque chose.

Jean-Marc Laherrère 17/02/2013 19:08



Le texte qui se déroule au Mexique est un peu ... relâché. Et il y en a un que je n'ai pas compris. Le reste est impressionnant.



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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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