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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 21:50

Si vous êtes un habitué de ce lieu, vous avez déjà entendu parler de Sonchaï Jitpleecheep, le flic de Bangkok imaginé par l’anglais John Burdett. Et vous savez que je suis fan. Il revient dans Le pic du vautour, et c’est toujours aussi bon.

 

Burdett

Sonchaï continue à marcher sur une corde raide : difficile de conserver détachement bouddhiste et probité quand on est flic dans une des villes les plus corrompues de la planète. Encore plus difficile quand on a pour chef le colonel Vikorn, pourri jusqu’à la moelle, chef du 8° district, un des hommes les plus puissants de la ville, en guerre perpétuelle contre le Général Vinna, son grand rival militaire.


C’était déjà dur. Cela devient une véritable gageure quand Vikorn décide de briguer le poste de gouverneur et, sous l’impulsion de conseillers américains, place la lutte contre le trafic d’organes au centre de sa campagne. Voici donc Sonchaï en guerre contre les trafiquants, dont deux sœurs chinoises diaboliques. C’est à ce moment que dans le lotissement très sélect du Pic du vautour apparaissent trois cadavres dépecés de façon particulièrement experte …


Corruption, trafic d’organe, meurtre, dépeçage … le roman devrait être éprouvant, démoralisant, désespérant, voire dégoutant. La magie du couple Sonchaï / Burdett fait qu’une fois de plus, sans rien édulcorer, sans minimiser l’horreur et le sordide, on ressort de là avec la pêche. C’est proprement incompréhensible, c’est totalement ahurissant. Quand on pense un peu ce qu’on vient de lire, on se dit qu’on devrait être horrifié. Et de fait on est souvent scandalisé … mais avec le sourire.


Peut-être aussi cela marche-t-il parce que l’auteur est très équitable dans la distribution des coups de griffes (voire des coups de pied au fondement), loi du marché toute puissant, européens qui croient tout savoir, rivalités, conflits et incompréhensions entre chinois continentaux et de Hong-Kong, corruption thaïlandaise, morgue américaine … ne poussez pas, il y en a pour tout le monde.


Et puis il faut dire que le mélange d’humour très british et regard thaï sur le monde fait merveille. Ajoutez à cela, une énergie et, malgré toutes les difficultés, un plaisir de vivre communicatif et vous avez un livre qui vous laisse une impression de bonheur. Vraiment une réussite, une fois de plus, et un mélange absolument unique.


John Burdett / Le pic du vautour (Vulture Peak, 2011), Presses de la cité (2013), traduit de l’anglais par Thierry Piélat.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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commentaires

norbert 12/04/2013 09:43


Mais il faudrait pourtant. Même si tu as raison, ce que tu fais déjà si bien, et avec quelle maestra en plus (depuis que j'ai fixé l'orthographe de ce mot, il faudra que je veille à ne pas
l'employer trop souvent, quand même)!


D'autant plus que, je le répète, il ne s'agit pour toi que d'une toute petite partie de ta vie j'imagine, et que si justement tu fais l'effort de continuer, vaille que vaille, à publier aussi
régulièrement (ça aussi, ça m'épate, sans même parler du rythme de lecture, que j'ai perdu pour l'instant) sur ce déjà fichtrement bien foutu blog, c'est bien que toi comme d'autres passionnées,
sont là, quelque part, à attendre (peut-être pas mais au moins à espérer) que, quelque part, ça puisse servir. Ca puisse etre mis en valeur, au moins assuré d'avoir une relève qui ne soit, là non
plus, pas que numérique, etc.


Bon après, je peux me tromper su bien des choses, je ne fais qu'écrire au fil de tes réponses et des questions qui se bousculent dans ma tête... Bonne journée, en tout cas !


;)

Jean-Marc Laherrère 12/04/2013 14:03



bonne journée itou.



norbert 12/04/2013 00:45


Tout juste. Pour l'instant seul Gérard Collard y a réussi, et tente le coup à sa manière. Qu'on aime ou pas d'ailleurs. Ce qui n'est l'essentiel s'il arrive malgré tout à faire lire des gens qui,
sinon, n'aurait pas ouvert un seul bouquin de l'année...


Après, justement, il faudrait que derrière lui (ou plutôt tout autour), il y en ai d'autres, qui bénéficient eux aussi, de quelques jets de lumière issus de je ne sais quel coup de projo
quelconque qui passait à côté. Vaste chantier, encore une fois...


Bref,je ne sais du coup plus ce que je voulais dire,  ni d'ailleurs si je l'ait dit !...


Oui, les blogs, certes ce n'est qu'un moyen comme un autre. Qui a le mérité d'exister. Maintenant, il faudrait pouvoir passer à l'étape supérieure, mais alors là, tout ce que tu
peux dire justement ici ou là entre 2 billets montre bien à quel point il faut n'y aller que si on n'a rien d'autre à perdre que...quelques plumes, par exemple, parce que ça la moissonneuse
médiatico-commercialo-capitalistico-mondialo-je ne sais quoi tournoie et fauche tout ce qui bouge à une vitesse foudroyante.

Jean-Marc Laherrère 12/04/2013 09:20



Pour ma part, j'ai tout juste le temps (je ne sais pas comment) de tenir ce blog, donc il est hors de question d'élargir, d'une quelconque façon que ce soit.


Mon rôle, tel que je le voit, est de faire partager mes enthousiasmes et de faire, si possible, découvrir des bouqunis à une, deux, dix personnes. Et échanger avec ces 1, 2, 10 personnes.


Cela peut-être agréable, à défaut d'important pour ceux-là (et pour moi), mais je ne pense pas que cela ait le moindre impact sur la vente des livres.



norbert 11/04/2013 22:32


Horreur et putréfaction : je me rends compte qu'il n'y aura eu qu'un seul message suite à ton billet sur le fascinant Burdett. Il y a là (encore) quelque chose qui me tracasse...


Heureusement que toi et ton blog existiez, tout de même, décidément....

Jean-Marc Laherrère 11/04/2013 23:06



Il ne faut pas trop s'inquiéter, cela ne veut pas dire que les lecteurs n'ont pas noté le titre.


D'un autre côté, je crois aussi qu'il ne faut surtout pas surévaluer l'impact des blogs. Ce qui compte encore et toujours pour vendre un bouquin, c'est passer à la téloche. C'est malheureux, mais
pour l'instant c'est comme ça.



BMR 04/04/2013 11:02


L'un de mes auteurs préférés (exactement pour ce que tu décris).


Je note que cet épisode semble du bon cru ?

Jean-Marc Laherrère 04/04/2013 14:13



C'est un bon cru, sauf peut-être l'escapade à Dubaï (et oui, il y a une escapade à Dubaï) un poil plus faible, mais ce n'est qu'un chapitre et toute la partie "asiatique" est aussi réussie que
d'habitude.



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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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