Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 22:17

Barcelone est décidément à l’honneur en cette fin d’année. Après Petra et Fermín, c’est au tour de l’immense Méndez de Francisco Gonzalez Ledesma de revenir dans Il ne faut pas mourir deux fois.

 

LedesmaQuelque part, dans la banlieue de Barcelone, une gamine trisomique est prostituée par une vieille maquerelle. Gabri sort de 8 ans de prison, pour le meurtre du violeur de sa femme ; il est approché par Conde, riche industriel, pour abattre un homme. Sandra abat sont futur époux le jour de ses noces. Et Mendez, le vieux flic jamais retraité, enfreignant tous les ordres de sa hiérarchie (comme toujours) va retrouver les liens, protéger les innocents, confondre les pourris … Sans jamais arrêter personne, comme toujours.

Si vous voulez savoir comment fonctionne la police de Barcelone, comment se répartissent les rôles entre police nationale et police catalane, comment on obtient un mandat, le rôle des avocats etc. … Laissez tomber, ce roman n'est pas pour vous.

 

Si vous aimez les vieilles rues de Barcelone, si comme Mendez et Ledesma vous pensez que, lorsque plus personne ne se rappellera de vous vous mourrez un seconde fois, si vous aimez l'humour âpre de ce vieux flic, son humanité ; si un peu de tendresse ne vous fait pas peur … Précipitez-vous sans hésiter.

 

Toute la thématique de Ledesma, tout son travail de mémoire, roman après roman, pour que ne meurent pas la Barcelone populaire qu’il a tant aimé, les anonymes qui se sont battus aux heures les plus noires, les maîtres d’école qui ont continué à enseigner, les femmes qui ont lutté pour nourrir leur famille et conserver leur dignité … Toute ces choses qu’il ne veut pas oublier pour qu’elles ne meurent pas deux fois. Comme le dit un vieux communiste rencontré par Méndez :

 

« Je veux qu’on se souvienne de moi Méndez, après tout ce temps en prison, tout ces drapeaux disparus, que quelqu’un se souvienne que j’ai aussi été un homme, pas seulement un casier judiciaire. »

 

Un grand roman qui prend aux tripes, fait naître en quelques lignes le sourire, le dégoût, la haine et l'envie de pleurer. Un concentré d'humain chaleureux, qui tient chaud, même sous la neige ! Un roman où se côtoient le lyrisme, la poésie et le langage le plus prosaïque :

 

« Méndez affectionnait la salle des pas perdus. Il s’y engagea tel un matou et se dirigea vers la salle des toges, nimbée cet après-midi là d’une lueur douce et ambrée, apte à inspirer une sentence en vers. »

 

Suivi immanquablement quelques lignes plus loin par un « Putain Méndez », puisque c’est ainsi que tous ses collègues s’adressent à lui.

 

Bref, à lire absolument. Pour d’autres extraits représentatifs, vous pouvez aller chez Jeanjean.

 

Francisco Gonzalez Ledesma / Il ne faut pas mourir deux fois (No hay que morir dos veces, 2009), L’Atalante/insomniaques et ferroviaires (2010), traduit de l’espagnol par Christophe Josse.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars espagnols
commenter cet article

commentaires

Alain Terrier 25/04/2011 23:40



Mon premier Ledesma...et la j'adore!! une découverte...quelle littérature !! "il venait d'achever son havane Gran Coronas qu'il fumait en trois étapes, sur trois jours précisement. C'était donc
un havane longue durée, comme il en va des chomeurs."  et y'en a au moins une par page qui croustille comme ça...Merci JM pour ce conseil...après avoir lu Padura que j'adore également je
retrouve un auteur qui fait la part belle aux ambiances urbaines (Barcelone magnifique) et humaines (quelle galerie !!!)...à déguster !!!



Jean-Marc Laherrère 26/04/2011 09:24



De rien.


Si tu découvres ledesma, je te conseille de lire les premiers Mendez (En commançant par la dame du cachemire) mais aussi si romans historiques, style Los Simbolos ou Los Napoleones.



jeanjean 13/12/2010 20:02



salut Jean-Marc,
d'accord une fois de plus. Dis-moi, toi qui connais la langue de Cervantès, tu as déjà lu des romans de sa série Silver Kane ?



Jean-Marc Laherrère 13/12/2010 22:58



Non. Lors du premier festival TPS j'en ai acheté un recueil, mais je n'ai pas encore trouvé le temps de m'y plonger.


Ledesma dit que c'est en les écrivant qu'il a écrit le métier, obligé d'écrire un roman par semaine (puisqu'ils paraissaient en kiosque), et qu'ils devaient se passer hors d'Espagne puisque sous
Franco, il n'y a avait ni voleurs ni assassins espagnols.



alain 13/12/2010 17:45



Très envie de le lire..



Jean-Marc Laherrère 13/12/2010 22:55



Surtout, ne résistes pas !



Pierre FAVEROLLE 13/12/2010 10:49



Après avoir lu le billet de Jeanjean, j'ai hésité. J'ai lu la 4ème chez mon libraire, et finalement, j'ai hésité ... et je ne l'ai pas pris. Voilà que tu me mets le doute ... remords ou partie
remise à plus tard ?



Jean-Marc Laherrère 13/12/2010 12:41



Si tu résiste après le billet de Jeanjean et le mien, c'est à désespérer de tout ! Allez, laisses-toi faire !



Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
  • Contact