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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 21:36

Si vous êtes un habitué de ce blog, vous le savez, en janvier outre la nouvelle année, il y a le Camilleri nouveau. Et quelle meilleure façon de commencer l’année que d’aller au soleil de Sicile avec le maestro de Vigata ? Le cru 2014 s’appelle La danse de la mouette.

 

Camilleri

Salvo Montalbano a prévu de prendre quelques jours de vacances avec Livia, sa copine génoise qui vient de le rejoindre à Vigata. Promis juré, il file au commissariat signer quelques papiers et à 16h00 dernier délai il est de retour, valises prêtes pour un petit voyage en amoureux. C’est alors que la femme de son adjoint Fazio vient le voir inquiète : son mari n’est pas rentré, depuis la veille au soir. Il était sorti appelé par le Dottore en personne. Panique à bord, Salvo n’a pas appelé son adjoint la veille ! Il invente un mensonge, se met dans un sacré embarras, mais surtout commence à paniquer. Fazio est sérieux et s’il a disparu, c’est qu’il a de graves, très graves ennuis.


Et c’est comme ça que ce bon Montalbano oublia complètement Livia qui l’attendait chez lui …


« Vivement janvier 2014 pour le prochain. » écrivis-je pirsonellement en pirsonne l’an dernier. Ben voilà, on y est et c’est toujours aussi bon.


Une fois de plus ma fille m’a regardé avec de grands yeux, peu habituée qu’elle est à me voir (et m’entendre), m’esclaffer bruyamment à la lecture de mes polars. Et là, j’avais déjà éclaté de rire plusieurs fois avant la fin du premier chapitre. Et noté soigneusement cette proposition montalbanesque pour changer le premier article de la constitution italienne : « L’Italie est une République fondée sur le trafic de drogue, le retard systématique et le bavardage dans le vide », article qui, soit-dit en passant, doit pouvoir être adapté, sans en changer grand-chose, et surtout pas la dernière partie, à notre beau pays …


Ceci mis à part, les dialogues sont surréalistes avec une maîtrise époustouflante du quiproquo, les relations entre Salvo et son entourage (Catarella bien entendu, mais aussi le questeur et son adjoint, ou le médecin légiste) sont autant d’occasion de nous faire éclater de rire et Andrea Camilleri joue merveilleusement avec le lecteur et sa connaissance de la série (en un mot il sous-entend qu’il sait que nous sommes intelligents, ce qui fait toujours plaisir).


En filigrane, le portrait sans pitié d’un pays pourri par l’affairisme et la corruption, mais également les portraits très humains et tendres (même si parfois sa tendresse est un poil rugueuse) de ses habitants. Disons de certains de ses habitants.


Et donc : Vivement janvier 2015 pour le prochain.


Andrea Camilleri / La danse de la mouette (La danza del gabbiano, 2009), Fleuve Noir (2014), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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commentaires

Richard 20/01/2014 09:19


J'ai découvert Camilleri grâce à ce blog donc un grand merci pour çà et plus largement pour le travail que vous faites.


Ma petite pierre dans le champs de la traduction : il suffit de voir combien la série télévisée, qui respecte plutôt bien les histoires, se retrouve bien palotte en français du simple fait des
choix différents de traduction (i.e. en "bon" français). On n'y retrouve tout simplement pas les personnages que l'on aime et peu importe la fidélité ou pas à l'intrigue.


Bonne continuation,


R

Jean-Marc Laherrère 20/01/2014 10:56



Je ne regarde pas la télé, mais j'imagine mal la bande à Montalbano causant plat ...


Bonne continuation à toi.



Claude-Henri Rousseau 19/01/2014 11:44


Quadruppani est devenu incontournable pour Camilleri qu'on imagine mal un autre traducteur. Puis-je dire qu'il en est très bien ainsi?

Jean-Marc Laherrère 19/01/2014 12:02



Les romans hors série Montalbano ont souvent (ou toujours ?) d'autres traducteurs.


Mais c'est vrai que maintenant on a une version de Catarella, Montalbano et les autres dans l'oreille, et que je serais très géné d'en changer.



Gwenaelle 17/01/2014 14:24


je ne résiste ni à Camilleri ni à Montalbano. Oh que non! ;-)

Jean-Marc Laherrère 17/01/2014 18:15



Il ne faut surtout pas résister !



Jean Gibrat 17/01/2014 06:15


Un excellent roman, il faudrait pouvoir le lire en italien et dans la langue bizarre mà base de sicilien que Camilleri a inventée.


Je ne supporte pas la traduction mot à mot (type "Montalbano, je suis")et les néologismes comme "Pirsonne" de Quadrupani...Mais comme je semble être le seul à ne pas les apprécier, on ne peut que
conseiller toute la série...

Jean-Marc Laherrère 17/01/2014 07:52



Et oui, comme j'aimerais pouvoir le lire en VO ...


Quant à la traduction, il y a les pours (très nombreux) et quelques contres. Quadruppani a dû faire des choix forcément criticables, le français n'ayant aucun équivalent. A moi ça me va très
bien, mais je comprends qu'on puisse ne pas adhérer.



serge 31 17/01/2014 01:09


Honte à moi, j'ai commencé la série il y a peu. C'est vrai que c'est un délice! Je vois que celui-ci date de  2009: il y a un tel retard dans les traductions?....

Jean-Marc Laherrère 17/01/2014 07:53



Quelle chance, tu en as plein à découvrir ! Et oui il semblerait qu'on ait ici un peu de retard.



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