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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 11:22

Sauf erreur de ma part, on a découvert en France Maurizio de Giovanni avec le premier roman d’une série se déroulant à Naples à l’époque fasciste. Et j’espère bien avoir un de ces jours des nouvelles du commissaire Ricciardi. En attendant, on peut patienter avec un autre roman, contemporain celui-là, La méthode du crocodile.

 

Giovanni

Naples. Un jeune dealer est abattu d’une balle dans la nuque. Pour la police, pas de doute, le meurtre est lié à la camorra. Seul l’inspecteur Lojacono, sicilien exilé à Naples suite à l’accusation mensongère d’un mafieux, n’est pas convaincu. Pour lui certains détails ne cadrent pas. Quand une jeune fille de bonne famille, sans lien apparent avec la première victime est abattue de la même façon, la presse s’affole, la police se retrouve sous pression, et Lojacomo se voit conforté dans son idée. Comme sur place on a trouvé des mouchoirs imbibés de liquide lacrymal, les journalistes tiennent leur scoop, le tueur devient Le crocodile.


Ce roman n’a pas la complexité, l’originalité et la profondeur de L’hiver du commissaire Ricciardi qui nous avait fait connaître l’auteur. Mais ce n’est pas une raison pour le bouder. Car s’il est moins riche, il reste un excellent divertissement, une intéressante variante du thème rabattu maintes fois du serial killer.


Tout d’abord parce que l’intrigue est tirée au cordeau, avec ce qu’il faut de tension et de relâchement, avec une maîtrise du rythme parfaite, jusqu’à l’emballement final, et surtout avec une façon très intéressante de frôler le cliché pour s’en écarter au dernier moment (lisez, vous comprendrez).


Ensuite parce que les personnages sont intéressants, avec ce qu’il faut de failles et de douleurs anciennes, et ce qu’il faut de force et d’obstination pour aller au bout de leur destin.


Et pour finir, comme dans le roman précédent, pour la vision d’une ville de Naples qu’il offre. Une ville loin des clichés, sans soleil, sans joie de vivre, où il est très facile de passer inaperçu et de ne parler à personne, où la camorra est certes présente partout, mais pas pour autant coupable de tous les crimes de la ville. Une ville grise, qui tourne le dos à la mer et se replie sur elle-même … c’est sûr, c’est pas avec ça qu’il va être embauché par l’office du tourisme …


En résumé, un excellent divertissement haut de gamme.


Maurizio de Giovanni / La méthode du crocodile (il metodo del coccodrillo, 2012), Fleuve noir (2013), traduit de l’italien par Jean-Luc Defromont.

 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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commentaires

Victoria 25/06/2014 23:03


Roman atypique de par ses personnages Pas de super héros


L'ombre est partout présente dans ce livre. Les enquêtes se mènent dans l'ombre, on tue dans l'ombre, les gens vivient dans l'ombre d'eux mêmes


Une amie italienne me l'a recommandé et elle a eu raison


Le polar italien a pris une place non négligeable dans la littérature et c'est mérité


 


 

Jean-Marc Laherrère 26/06/2014 00:33



Et sa série consacrée au commissaire Ricciardi (dont le 3° volet vient de sortir en France) est encore meilleure.



Norbert 01/10/2013 22:08


Je viens de terminer ce roman, lu en deux jours, et c'est très très bon. Très très noir, aussi. Comme tu le dis, la description de Naples qui y est faite est implacable, une ville où chaque
habitant vit replié sur lui-même et n'ose pas croiser le regard des autres de peur que leur éventuel malheur vienne le contaminer, nuire à son propre confort du moment. Une ville froide composée
d'âmes froides. Les personnages sont très touchants mais sans pathos, tous amputés d'une part d'eux-mêmes par la mort d'un être aimé. Et puis c'est aussi un très beau (et douloureux) roman sur
l'amour filial, la maternité, et les séquelles morales que peuvent engendrer l'avortement.


Je suis content de m'être procuré les enquêtes du commissaire Ricciardi, car De Giovanni, même si ce roman n'est pas selon toi du même niveau, a malgré tout écrit ici un excellent roman noir qui
ne peut pas laisser indifférent. Et il y a de très belles pages, emplies de mélancolie, de tristesse, vraiment c'est très très bon.


Merci JM, sans toi je n'aurais pas acheté ce roman ni découvert cet auteur ! Grazia !

Jean-Marc Laherrère 01/10/2013 22:32



Je confirme, celui-ci est très bon, les Ricciardi sont encore au-dessus, du moins à mon humble avis.



Norbert 23/06/2013 02:32


Oui, là aussi je comprends ! ;)


Après tout, si tu les relances pour la rentrée, en leur précisant que tu ne promets rien d'autre que de parler de ceux des titres reçus qui t'auront donné envie de lire, ils seraient bien
stupides de ne pas penser à toi... et je ne les pense pas stupides, Nelly Bernard et Olivia Castrillo bossent dur pour fire connaître leurs titres, appremment. Enfin, je verrai bien à la rentrée
ou plus tard si tu en parles ou pas. Au fait, le prochain marin Ledun est prévu pour 2014 chez eux.


Bon, j'y retourne, je viens de recevoir 6 bouquins (non-polar, différents, éditeurs, du français comme de l'étranger, du pakistanais comme de l'américain, de l'intéressant, et du moins
intéressant...)... enfin c'est une longue histoire, une opportunité inattendue qui pourrait peut-être me transformer en libraire... Ce qui ne serait pas pour me déplaire, tu l'imagine bien !


Allez, je te laisse ! ;)

Jean-Marc Laherrère 24/06/2013 08:18



Bonnes lectures donc, et suerte.



Norbert 23/06/2013 00:49


Oui, je sais, c'est assez désespérant... Heureusement qu'il y a des éditeurs comme François Guérif, Robert Pépin, Aurélien Masson, Marie-Caroline Aubert, le grand Patrick Raynal et j'en oublie
pleins d'autres, qui font leur job et surtout aiment le polar et prennent à coeur de faire tout leur possible lorsqu'il publie un nouvel auteur qu'ils ont sélectionné pour le faire connaître, et
le suivre - si romans suivants il y a.


Sans Patrick Raynal, comment aurait-on pu connaître le bohneur de lire Sam Millar, et encore plus sa bombe littéraire de l'année On the Brinks, par exemple ?! C'est d'ailleurs grâce à cette
ténacité, cette passion pour le livre et le (bon) polar que des collections comme Rivages Noir, la Série Noire (et La Noire à l'époque, qui n'hésitait pas non plus à publier ADG, la qualité du
texte primant sur tout le reste), le Seuil Policiers, Métailié Noir, etc, que ces collections peuvent aussi miser sur une certaine "image de marque" garante de qualité, qui fait que les amateurs
n'hésitent, lorsqu'un nouveau roman publié les tente, à investir dans ce livre. Le reste de la machine presse/SP/salons & festivals/associations/bouche à oreilles, etc, assurant dans beaucoup
de cas la promotion nécessaire à faire connaître ce titre ou à donner envie au lecteur de le lire.


Quand on choisit pour la 4 de couverture une sobriété absolue qui confine au minimalisme, même pour les nouveaux venus (un résumé, deux lignes vagues sur la bio de l'auteur... et c'est tout !),
sans même un bandeau pour tenter de le mettre en avant sur les étals de librairie, qu'on publie 2 autres titres polar comme ce fut le cas pour septembre dernier dans la Sang d'encre), et que
depuis de l'année, seul un nouvel auteur masculin (mais avec une héroïne) est publié là encore dans la plus extrême discrétion, laissant croire au lecteur habitué de la collection depuis les
Connolly,Burdett, Katzenbach, Mo Hayder, Elizabeth Goerges (même si je n'en ai jamais lu, c'est moins ma came) et autres nouveaux talents intéressants et suivis au fil des ans comme Greg Iles,
puis Tom Bale, malheureusement arrêtés depuis le changement de direction, car seul un groupe d'amateurs fidèles mais restreints achetaient leurs romans, lesquels sont tout de même (pour G. Iles)
tous en rupture de stock depuis longtemps (seul son dernier titre Poison conjugal publié début 2010 est encore en vente et se vend facilement dès qu'un libraire le conseille parce qu'il a aimé,
ce qui fait d'ailleurs qu'en termes de ventes, il est bin mieux classé que n'importe quelle nouveauté publiée depuis (!), ... on regrette qu'il n'y ait pas un bon pilote dans l'avion !


PS : Tu ne l'avais pas reçu, le Costantini, par hasard ?


PS2 : Je ne sais pas si tu t'en aies aperçu ou si on te l'a dit, ni même si tu l'as déjà fait, mais à mon avis tu ne serais pas déçu non plus de demander le catalogue des nouvelles
éditions/collection Ombres Noires. Après Marin Ledun (que tu as aimé, j'ai vu) et Rogelio Guédéa,
le Mexicain "chouchou" de Paco Taibo II semble-t-il, parus fin 2012, ils ont enchainé avec l'Allemande Tina Uebel (La vérité sur Frankie), le Russe Andréi Rubanov et son "Ciel orange", le
Sus-africain à ne pas manquer mike Nicol et le 1er opus de sa trilogie, "La dette", puis l'Egyptien Ahmed Khaled Towfik et le fascinant "Utopia", pour ce semestre, il vont commencer dès la rentré
avec un polar équatorien, dont j'ai oublié et le titre, et le nom de l'auteur. M'est avis que ce tour du monde du polar pourraît te plaire ! ;)

Jean-Marc Laherrère 23/06/2013 01:04



Je n'ai pas lu, ni reçu le Costantini, et Ombres Noires m'a oublié depuis le premier (le Marin Ledun). J'hésites à les relancer vu que je n'arrive déjà pas à lire tout ce que je voudrais ...



Norbert 22/06/2013 20:44


Salut camarade révolutionnaire ! (rires !)


Moi qui suis en pleine colombienne (je parle bien sûr de littérature)  en lisant l'étonnant "Trois cercueils blancs" de Antonio Ungar, paru aux éditions Noir sur Blanc dans leur (nouvelle ?)
collection "Notabilia", et qui me retrouve aussi avec sous le coude l'Argentin Leonardo Oyola paru chez Asphalte (le premier roman traduit en France "Golgotha", et non pas "Chamamé", le second
qui vient de paraître en poche chez Points), puis-je me permettre un léger retour en arrière vers la "rentrée littéraire" de septembre dernier ?


Un nouvel Italien, Roberto Costantini, dont je t'ai peut-être déjà parlé, se voyait traduit en France par les Presses de la Cité dans leur collec. Sang d'encre. Son premier roman, "Tu es le mal",
est aussi le premier d'une trilogie, devrait te plaire, notamment parce qu'il plonge dans les bas-fonds du pouvoir en Italie (Rome, Vatican, les Rroms, les politiciens corrompus, etc) via le
monde du... foot! Et qu' à travers une construction en deux parties (la première commençant au début des années 80), il présente un commissaire Balistreri attachant bien qu'au passé surprenant et
atypique, ainsi que son équipe d'enquêteurs... Bref, c'est du très bon, même si je viens d'apprendre que, exactement comme les déjà très bons Gordon Ferris ou Mike Herron (souviens-toi ton
palmarès 2012, "La cabane des pendus" et "La maison des tocards"), parce que ce roman n' a pas "rencontré le succès escompté" à sa sortie, la nouvelle direction des Presses de la Cité et de son
"département étranger" (et donc de sa collection pourtant regorgeant elle aussi de pépites, notamment celles de Burdett, Connolly ou Katzenbach) a décidé de ne pas ré-investir dans la traduction
du reste de la trilogie !... J'ose espérer "pour le moment", puisqu'àprès tout, il n'est pas encore trop tard pour que les amateurs découvrent ce très bon polar (ce qui viendrait conforter le
"lobbying" que j'ai décidé d'entreprendre à ma manière bien maladroite et non-pro, avec peut-être un ami libraire, pour que cette collection donne à nouveau, comme avant sous l'impulsion de son
ancien directeur Renaud
Bombard et de ses 2 successeur(e)s parties ailleurs (dont Béatrice Duval chez Denoël, qui a décidé elle de relancer la coll. Sueurs froides, avec l'appui de l'excellent Frédéric Brument,
permettant le retour de Lansdale par exemple), au moins une seconde chance aux nouveaux auteurs qu'elle publie... sans l'ombre d'une quelconque promotion commercialo-marketing !!!...


Voilà, c'est donc un petit appel que je lance, notamment à toi, si jamais ça t'intéresse, pour par exemple vérifier si tu ne l'aurais pas reçu dans ta bibliothèque, et remis à plus tard à cause
de l'invasion bien connue de bouquinslors de ces "rentrées littéraires"... ;) Je te mets même le lien pour te rappeler du titre : "Tu es le mal" de Roberto Costantini.


Bien sûr, je ne t'en voudrais pas de quoique ce soit si tu n'en as ni le temps ni l'envie, voyons !!   ;) D'ailleurs, après la bombe irlandaise de Sam Millar, dont il faut que j'arrive
à écrire une chronique qui tienne un peu la route cette fois-ci, il faudra que je sauve aussi le soldat Adrian McKinty ! Après "Une terre si froide", le second volet de sa trilogie paraîtra dès
octobre chez Stock : La Cosmopolite noire : voilà une belle collection qui s'est créée et qui se donne les moyens de faire connaître ses publications et ses nouveaux auteur(e)s, comme l'Espagnole
Dolores Redondo et sa trilogie basque du Baztan, commencée au printemps avec Le gardien invisible"!...


Sur ce, j'y retourne mon JM, bon week-end à toi !

Jean-Marc Laherrère 22/06/2013 23:54



Merci.


Le problème c'est qu'on est littéralement noyé sous les romans, et même les bons romans et que personne ne peut tout lire. C'est comme ça que des pépites passent à l'as ...


Bon lobbying.



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