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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 23:00

Quelque part. Cinq fillettes ont été enlevées, les unes après les autres. La police est sur les dents mais n’a aucune piste. Quand, en forêt on trouve des bras gauches. Ceux des victimes. Sauf qu’il y en a un sixième. Entre l’équipe du criminaliste Goran Gavila spécialiste des tueurs en série, à laquelle s’est jointe Mila Vasquez, grande spécialistes des affaires d’enlèvement et le monstre la course poursuite est lancée. Une course dans laquelle le tueur a plusieurs tours d’avance.

 

CarrisiJe n’aime pas les thrillers. Mais bon, je n’aimais pas non plus les huîtres quand j’étais petit … Donc de temps en temps je vérifie. Maintenant j’adore les huîtres, toujours pas les thrillers. Du moins pas celui-ci. Pourtant on lit du bien de ce Chuchoteur de Donato Carrisi ici et là, et un copain fiable me l’avait passé. Et puis un thriller italien, ça s’essaye …

 

Qu’est-ce que je lui reproche. Essentiellement d’être resté complètement indifférent à ce qui arrive aux différents protagonistes. Et si on se fout complètement de ce qui leur arrive, on n’a pas peur. Et une histoire de serial killer super-méga diabolique qui fait pas peur … Donc je m’en foutais. Du coup, j’ai vu tous les défauts, qui seraient très certainement passés inaperçus (ou indolores) si j’avais été pris.

 

Pour commencer ce n’est qu’une variation de plus (et il y en a eu beaucoup) sur le thème du très méchant qui manipule tout le monde. Histoire déjà lue, qui pourrait passer s’il y avait autre chose. Mais mis à part quelques coups de théâtre, surprenants au début un poil répétitifs vers la fin, il n’y a rien de plus. Aucun encrage dans aucune réalité, aucune réflexion sur rien, des wagons de clichés, un fourretout avec en prime du super affreux une pincée d’ésotérismo/fantastique à poil long (qui en plus vient faire avancer l’action ce qui est un peu trop facile quand même), un pseudo jargon scientifique et psychologique pour faire sérieux … Et un final pas franchement convaincant. Je sais je suis pas gentil, et j’exagère certainement, mais franchement, c’est pas mon truc.

 

Ceci dit, comme il ne faut jamais perdre un occasion de s’instruire je vais en profiter pour corriger une erreur assez répandue véhiculée ici par un auteur qui aurait dû vérifier avant d’écrire. A un moment particulièrement dramatique, les enquêteurs récupèrent un « GPS » et en se guidant sur son signal trouvent un charnier … Ca marche pas comme ça !

 

Contrairement à ce qu’on peut penser, le fameux GPS que vous avez peut-être dans votre voiture n’est pas un appareil qui émet un signal, c’est un appareil qui reçoit un signal. Un signal émis par un certains nombre de satellites en orbite autour de la Terre (et pas par un émetteur qu’on peut cacher quelque part). Ces satellites ne savent absolument pas où vous êtes. Votre GPS lui sait où sont les satellites (leur orbite est connue du système). Sachant où ils sont, et mesurant d’où vient le signal, il peut calculer où il se trouve. Donc la seule et unique information que peut vous fournir le GPS c’est où vous êtes. Et on ne peut pas retrouver la source d’un signal avec un GPS, parce que la seule source que capte le récepteur GPS tourne autour de la Terre. Voilà.

 

Une dernière chose, l’auteur s’est astucieusement laissé grande ouverte la porte pour une suite. Voilà qui ravira ceux qui ont aimé. Ce sera sans moi.

 

Non finalement encore autre chose. Parce que j’ai décidé d’être méchant jusqu’au bout. On lit en 4° de couverture : « Avant de se rendre compte qu'il a affaire à un psychopathe ingénieux qui est au moins aussi cruel que Hannibal Lecter, le lecteur a déjà traversé l'enfer. Carrisi installe une tension, permet tout juste au lecteur de respirer puis le pousse dans un abîme encore plus profond.» La Repubblica.

Ben je suis fort qu’Orphée parce que j’ai traversé l’enfer sans même m’en rendre compte, j’ai pas été essoufflé, et je suis remonté de l’abîme avec mes petites mains, sans piton ni mousqueton et sans bouger les oreilles !

 

Donato Carrisi / Le chuchoteur (Il suggeritore, 2009), Calmann-Levy (2010), traduit de l’italien par Anaïs Bokobza.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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commentaires

krol 17/01/2014 21:17


Contente de lire un avis négatif sur ce livre qui m'est tombé des mains à la cinquantième page tellement je le trouvais mal écrit !

Jean-Marc Laherrère 19/01/2014 10:43



J'avais aussi été content de voir que je n'étais pas le seul à avoir trouvé ça minable, au milieu d'un océan de critiques élogieuses.



Luna 15/10/2011 11:50



Sans toutes les coquilles que j'ai vu (et vérifiées par mes prof), ça aurait été un véritable coup de coeur !
L'avantage du coup, c'est que j'ai bien pu réviser mes cours... mais c'est tellement dommage un livre policier où les détails médicaux n'ont rien à voir avec la réalité !



Jean-Marc Laherrère 15/10/2011 16:00



De mon côté je n'ai pas vu les coquilles et ai été moins indulgent que vous. Mais je suis d'accord avec une partie de votre critique, les personnages ne convainquent pas.



Marie-Christine Rethoret 06/05/2011 23:26



Le polar est pluridisciplinaire.


Donc on peut aimer l'horreur, l'intrigue pure et ce que j'appelle le tricotage de suspense.


Ce n'est pas ce que je recherche dans le polar: découverte d'une culture, d'un inconscient collectif, de l'histoire et de l'âme.


Et comme j'apprécie les auteurs humanistes, je ne peux pas trouver mon compte dans un roman qui parle de tortures sur enfants de moins de 15 ans, presque gratuitement, pour évoquer un serial
killer de serial killers.


Je n'ai pas "grandi" en lisant ce livre. Et maintenant,là,  je m'auto censure. 



Jean-Marc Laherrère 07/05/2011 00:20



Je suis bien entendu d'accorda evc tout cela.


Et j'ajouterais que même en tant que roman d'intrigue pure, de tricotage, je ne le trouve pas réussi. Il y a bien de thrillers bien mieux "fabriqués" que celui-là.



Vence 05/05/2011 04:19



Ce qui serait intéressant c'est que vous gardiez une telle acuité de votre esprit critique  et que vous évitiez de faire un copinage conscient ou inconscient, quand  vous avez rencontré
l'auteur ou quand l'auteur est un pote de vos potes ou quand vous manquez de piquant avec la SN , ou quand l'auteur dit que l'argent est pourri ou quand vous connaissez l'éditeur, etc.. Parfois,
il m'est dur de croire à vos lignes.
Un seul exemple, "L'evangile du billet vert" a des dialogues qui provoquent l'insomnie, une intrigue invraisemblable, des personnages poussés à la caricature;etc...


C'est bien de traiter un roman de merde mais il faut éviter de faire un poids, deux mesures.



Jean-Marc Laherrère 05/05/2011 10:51



Que vous le croyiez ou non je ne travaille pas, mais alors pas du tout ni dans l'édition, ni dans le monde des libraires, ni même en bibliothèque, donc, contrairement avec ce que vous semblez
croire je n'ai pas de pote, ni de pote de mes potes ... Je ne connais personne à la SN (j'ai discuté une fois avec son directeur), ni chez Rivages, ni ailleurs ... Bref, consciemment ou
inconsciemment, je ne pense pas faire de cadeaux.


J'essaie d'avoir la même acuité pour tout le monde. Mais je ne fais qu'emettre un avis totalement subjectif. Je dis donc ce qui m'a agacé, énervé ou anchanté.


Si je dis du bien du Beinhart c'est, tout simplement, que j'ai aimé le bouquin.


Il m'est arrivé d'être assez critique avec des bouquins de la SN, de chez Rivages, de chez Métailié etc ...


Il se trouve que j'ai vraiment trouvé Le chuchoteur très mauvais, comme j'avais trouvé mauvais le tome 2 de Millenium par exemple, ou certains roman de chez Sonatine. Il se trouve aussi que je
suis peut-être exagérément agacé par les 4° de couverture qui survendent leur soupe, surtout si la soupe n'est pas bonne.


Ensuite, oui je préfère les romans qui disent que l'argent pourrit tout, mais cela n'a jamais suffit à me faire aimer un roman, et cela ne devrait pas être une surprise pour un habitué de ce blog
...


Pour finir, si j'ai créé ce blog c'est essentiellement pour faire partager mes coups de coeur, éventuellement mes coups de gueule, jamais au grand jamais pour revendiquer une quelconque
objectivité et je m'octroie même le droit, parce que je suis chez moi, de faire deux poids deux mesures, rien que pour le plaisir !



Pyrausta 01/02/2011 11:03



j'adore ta façon de decortiquer avec un humour feroce ce qui ne t'a pas fait aimer ce "chuchoteur"...je n'ai pas ton talent pour cela mais je partage à 100% ton opinion.et pourtant je suis fan de
thriller.mais franchement je me suis ennuyee....le coup de la medium (dont je n'ai meme pas parlé parce que c'etait un peu trop...et parfaitement anecdotique pour moi dans cette histoire) on s'en
serait passé...Nous ne sommes que quelques personnes a apporter un bemol voire plusieurs et je suis bien contente de ne pas etre seule à avoir ce sentiment...je finissais par me dire que je
n'avais sans doute rien compris vu l'engouement.


Gridou a bien fait de me faire decouvrir ton blog...je vais revenir farfouiller..



Jean-Marc Laherrère 01/02/2011 16:17



Bonne farfouille !



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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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