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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 23:26

Je continue avec ma série d’enquêteurs méditerranéens. Après Petra et Fermín à Barcelone, voici le commissaire Charitos de Petros Markaris qui quitte Athènes pour Istanbul dans … L’empoisonneuse d’Istanbul.

 

MarkarisRien ne va plus dans la famille du commissaire Charitos. Sa fille, sa fille bien aimée se marie. Tout devrait donc aller pour le mieux. Mais elle refuse de se marier à l’église ! Elle réussit donc à se fâcher avec son père, sa mère et ses beaux parents. Pour faire passer la pilule, Charitos propose à sa moitié de faire un voyage à Istanbul, voyage dont elle rêve depuis longtemps. Mais là non plus il ne trouvera pas la paix. Il se retrouve obligé d’assister la police turque dans sa recherche d’une vieille femme, grecque originaire d’Istanbul, qui vient d’empoisonner son frère dans le nord de la Grèce et semble être maintenant en train de régler d’anciennes dettes dans sa ville natale à coups de tyropitas à l’insecticide. Les relations entre grecs et turcs étant ce qu’elles sont, voilà une mission qui va mettre à mal la patience, déjà très limitée, de notre commissaire.

 

Un très bon polar procédural. Si la forme et l’intrigue n’ont rien de révolutionnaire, les deux sont également soignées. Et c’est le reste qui fait l’intérêt de ce polar.

 

A commencer par les personnages, et l’humour de Charitos/Markaris. Un personnage d’enquêteur dans la grande tradition méditerranéenne (de la famille des Montalbano ou Carvalho) râleur, têtu et gastronome. Les relations toutes en piquants entre Charitos et se femme sont criantes de vérités. Elles recoupent les multiples discussions de Petra et Fermín sur le mariage, voilà une autre lien. Un sens de l’humour commun, méditerranéen ? Toujours est-il qu’on sourit beaucoup, et qu’on rit même parfois.

 

La description des compagnons du voyage organisé, de leurs réactions et commentaires est impitoyable et très drôle (et prouve que le consommateur de voyages organisés est universel dans sa manie de voir, là où il voyage, tout ce qui est moins bien que chez lui, et dans sa façon fort distinguée de le faire savoir à haute, voire très haute voix).

 

Et pour finir, il y a tout le fond historique, géographique et sociologique : histoire des grecs d’Istanbul, sociologie des minorités en Turquie, mais aussi des turcs quand ils émigrent, rivalité (quand ce n’est pas plus) entre grecs et turcs, description d’une ville complexe, contrastée, aussi injuste que fascinante … Une histoire que l’auteur, dont la famille est originaire d’Istanbul connaît bien.

 

Tout cela sans jamais sacrifier au récit. Autant d’excellentes raisons pour se précipiter sur ce polar.

 

Pétros Markaris / L’empoisonneuse d’Istanbul (Palia, poly Palia, 2008), Seuil/Policiers (2010), traduit du grec par Caroline Nicolas.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars Europe de l'Est
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commentaires

Lola 14/01/2013 20:25


Je suis tombée sur cet auteur à la médiathèque et je me régale avec "liquidations à la grecque" présenté par l'éditeur comme le premier volet d'une "trilogie de la crise". Je vous le recommande!

Jean-Marc Laherrère 15/01/2013 07:27



Je l'ai lu aussi et beaucoup aimé. C'est juste que je suis très en retard sur la mise à jour de mon tableau d'auteurs et d'articles ...


http://actu-du-noir.over-blog.com/article-la-crise-grecque-vue-par-petros-markaris-112422452.html



Sisco 24/11/2010 13:50



J'avais lu le précédent Actionnaire principal et, ma foi, c'était vraiment bien. Ce Charitos aime la bonne chère, sa femme et surtout, il ne s'énerve que rarement. Pour un Méditerranéen,
il casse bien l'image du type survolté. Avec, c'est vrai, toujours, un fond de tableau social et politique. Dès que je peux je passe à ce nouvel opus.



Jean-Marc Laherrère 24/11/2010 14:41



Pas survolté certes, mais pas mal râleur et capable de presque autant de mauvaise foi que sa femme, ce qui est un excellent ressort comique.



One More Blog in the Ghetto 24/11/2010 08:14



Bien que n'ayant pas lu celui-ci, je plussoie pour inciter à la lecture de Markaris. J'avais beaucoup aimé Le Che s'est suicidé (de l'importance de la
prise en compte des embouteillages d'Athènes pour résoudre une enquête...) et dès que ma Pàl se sera réduite d'une dizaine d'unités, je la ré-alimenterai avec celui-ci et le précédent
(Publicité meurtrière).


Et de toute façon, j'adhère totalement à l'idée d'encourager à aller lire "ailleurs" qu'en France, en pays anglo-saxons ou scandinaves. Il y a de très bons auteurs de polars partout sur la
planète!



Jean-Marc Laherrère 24/11/2010 09:40



J'avais beaucoup aimé le premier aussi, et raté le second ...


Et oui, effectivement, il y a de très bonnes choses partout.



Richard 23/11/2010 23:52



Que j'adore ce commissaire ... avec un mauvais caractère ... !



Jean-Marc Laherrère 24/11/2010 00:11



Comment ça un mauvais caractère ? Juste un caractère ... trempé.



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