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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 23:14

J’entame donc cette cinquième saison avec deux romans qui m’ont laissé plutôt perplexe. Le premier est une sorte de mélange entre polar et anticipation post catastrophe. Cinacittà est signé Tommasio Pincio et je serai curieux d’avoir vos retours si vous l’avez lu …

 

PincioQuelque part dans un futur proche, la catastrophe climatique a eu lieu, il n'y a plus d'hivers. Rome s'est transformée en une ville écrasée de chaleur, totalement désertée par ses habitants qui ont fui vers le grand nord. Elle est maintenant habitée uniquement par des chinois qui ont repris les affaires en main. Un seul Romain n'est pas parti, un homme qui a préféré rester à ne rien faire dans sa chambre d'hôtel. Dormir le jour et passer ses nuits à la Cité Interdite à boire des bières glacées en regardant les filles se tortiller autour de leur barre. Jusqu'au jour où il a rencontré Wang … Et c'est comme ça que maintenant, le dernier Romain se retrouve à méditer en prison pour le meurtre d'une prostituée chinoise …

 

Difficile de dire ce que j'ai ressenti à la lecture de ce bouquin. Le narrateur ne veut rien, n'a envie de rien … Il laisse couler la vie, en faisant le moins d'effort possible, sans rechercher la moindre satisfaction sinon celle d'être laissé tranquille. Il se fiche de ce qui arrive à sa ville, à son pays, et même à sa propre personne. Il ne se défende pas, ne se révolte pas … On devrait s'ennuyer prodigieusement et pourtant on ne s'ennuie pas. Il y a bien le suspense, le squelette d'intrigue, le petit hameçon qui fait que l'on veut savoir comment il s'est fait piéger, et on ne le sait qu'à la fin. C'est mince, et pourtant on tourne les pages.

 

Il y a des références cinématographiques, revendiquées comme celle à La Dolce Vita (même si le narrateur n’est pas un foudre de culture), on pense aussi aux Vetelloni cet autre film du grand Federico qui met en scène quelques grands gaillards qui ne font rien de leurs journées. Cela aussi ajoute au charme du roman.

Alors j’ai lu, avec plaisir, jusqu’à la fin … mais une fois la dernière page tournée, je me demande quand même quelle était l'intention de l'auteur.

 

Etrange, plaisant, attractif et déroutant, voire un peu frustrant. Un de ces mystérieux attracteurs étranges ?

 

Tommasio Pincio / Cinacittà (Cinacittà, 2008), Asphalte (2011), traduit de l’italien par Sarah Guilmault.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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commentaires

Michel Dufranne 22/08/2011 17:26



Je relis mon précédent message… Désolé pour le nombre de coquilles… Mon cerveau était encore un peu en vacances…



Jean-Marc Laherrère 26/08/2011 18:44



Comme ma ligne téléphonique !



Michel Dufranne 20/08/2011 13:44



J'avoue avoir le même sentient pour ce roman que je conseille par ailleurs…


Comme pour les livres Pynchon qui est son modèle (cf. choix de son pseudo), j'apprécie le texte, mais j'avoue que parfois je ne comprends pas "tout".


Par ailleurs, une amie belgo-romaine qui a lu ce CINACITTA, vois dans le livre une réelle critique cynique et acide de la société italienne faite d'un nationalisme aveugle (fier d'être le dernier
Romain), d'un racisme (in)conscient (cf. phrase du genre : pour 100 Romains qui quittaient la ville, 10 Chinois étaient chiés d'on ne sait où… Je ne me souviens plus exactement d ela phrase…),
d'un individualisme extrême (plus d'amis, plus de famille, seul son propre nombril compte poru le héros), d'une absence flagrante de culture*, etc.


Bref, un roman que j'ai trouvé assez "dépressif", attractif et suffisamen étrange pour que je m'en souvienne (en bien).


 


* Sur ce point elle me citait je ne sais plus quel homme politique qui disait que toute mère italienne souhaite pour son fils qu'il soit jueur de foot ou qu'il passe à la télé et pour sa fille
qu'elle passe à la télé et épouse un joueur de foot ;-)



Jean-Marc Laherrère 22/08/2011 16:39



Merci pour ces éclaircissements qui éclairent un peu la lecture. C'est vrai qu'à lire des gens comme Carlotto, Camilleri ou Evangelisti on a peut-être une vision décalée de l'Italie et des
italiens, loin de cette passivité teintée de mépris et d'un certain racisme.



kathel 17/08/2011 18:16



Pas très emballée non plus, nos avis sont un peu semblables... je te laisse le lire 


http://lettres-expres.over-blog.com/article-tommaso-pincio-cinacitta-memoires-de-mon-crime-atroce-78128429.html



Jean-Marc Laherrère 22/08/2011 16:35



J'irai voir dès qu'Orange rétabli ma ligne !



Laurent 17/08/2011 11:03



Juste pour faire mon pénible : le film (son premier) de Fellini s'appelle I Vitelloni (et pas Vetelloni), comme c'est un de mes films préférés je me suis permis...



Jean-Marc Laherrère 22/08/2011 16:33



Vivi, je sais, I Vetelloni, c'était juste une raccourci un peu rapide.



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