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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 16:42

J’ai été un peu absent ces jours-ci, en vadrouille et occupé à mille choses loin des bouquins. Mais me revoilà, avec une tâche difficile. Car il est difficile de parler de ce livre, Un nageur en plein ciel de Lorent Idir. Difficile tant il est différent, inclassable et même parfois d’un abord déroutant. Je vais essayer quand même.

 

IdirIl y a Amar, dix ans. Amar qui travaille parfois sur les chantiers avec son père, harki, qui fait payer aux siens son impossibilité à se sentir intégrer en France. Amar voit sa mère se faire frapper, ses sœurs subir l'innommable. Alors Amar se révolte, avec ses maigres forces. Et il grandit, vaille que vaille, à l'ombre de ce père gigantesque, admiré et haï. Un père qui retourne vers les siens sa haine de lui, la violence et le mépris qu’il subit au dehors. Parce que chez lui, et chez lui uniquement, il est le Maître.

 

Et puis, trente ans plus tard, il y a Lorent le neveu d’Amar. On retrouve au chevet de Noria, sa mère, la sœur ainé d'Amar, mourante. L’occasion de se souvenir, et de voir son oncle. Et de compatir ensemble à la souffrance de Noria. Noria à qui ils doivent tant tous les deux.

 

Autant le dire tout de suite, ce n’est pas un polar, pas même un roman noir. Pas sûr que ce soit seulement un roman … Plutôt une chronique, des moments de vie plus qu’un récit structuré. Il faut faire l'effort de rentrer dans le rythme haché et déstructuré de la narration pour, finalement, se laisser submerger par l'émotion et l'horreur.

 

Et l’auteur ne nous facilite pas la tâche. Au moment où le lecteur s’attache à Amar, commence à la sentir, à comprendre où il va, il change de ton, de style, de narrateur pour passer à Lorent. Et le « travail » est à refaire. Pour une autre émotion cette fois, plus proche de la tristesse, de la nostalgie, loin de la rage et de l’horreur que l’on vit avec Amar.

 

Les deux moments du livre se répondent, sans réelle progression narrative mais avec un véritable écho. Ils demandent un véritable effort de lecture, au début. La récompense est une émotion forte, et le plaisir d’être entré dans cet univers singulier, d’avoir savouré une écriture autre.

 

Lorent Idir / Un nageur en plein ciel, Rivages/Noir (2010).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

lorent idir 14/06/2010 00:51



salut mec !!


merci d'avoir chroniqué mon 1e roman !


j'suis pas d'accord avec tout mais on pourrais en discuter ?


à bientôt !


Lorent Idir



Jean-Marc Laherrère 14/06/2010 11:31



On peut en discuter ici même (ça peut intéresser les lecteurs), sinon je t'envoies de ce pas un mail direct pour le faire en privé.


Dernière option, on attend de se voir en vrai, à l'occasion d'un salon quelque part ...



Pierre FAVEROLLE 24/04/2010 16:24


ça y est, il est fini. Certes déroutant et parfois difficile à suivre, le sujet m'a touché, et la fin terriblement dramatique. Donc j'ai beaucoup aimé. Ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais une
chronique familiale dramatique avec un style très particulier. Peut-être la naissance d'un auteur ?


Jean-Marc Laherrère 24/04/2010 16:58



Totalement en accord avec ce commentaire.



Pierre FAVEROLLE 21/04/2010 17:45


Je suis en plein dedans : je l'ai attaqué hier soir. C'est effectivement déroutant, très surprenant.


Jean-Marc Laherrère 21/04/2010 21:41



Tu me diras ce que tu en penses au final.



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